Inde – Epilogue

 

 

J’ai mis longtemps à l’écrire cet épilogue, à la fois parce qu’il m’est difficile de faire un bilan qu’idéalement je voudrais exhaustif (il ne le sera pas), mais aussi peut être parce que cela signifie refermer complément ce chapitre de l’Inde, un des moments les plus incroyables de cette année 2017…

Et pourtant, il le faut, et le voici aujourd’hui, il est grand temps …

En guise de bilan, j’ai voulu passer en revue tout ce que ce voyage, ou plutôt ce pays, m’avait appris … Car si je n’ai ramené que très peu de biens matériels de mon voyage –  à peine quelques petits souvenirs idiots mais rien de plus – je suis revenue enrichie comme jamais et différente, dans ma manière d’appréhender les choses.

 

En Inde, j’ai donc appris :

 

A être patiente
Ici, dans la vie quotidienne, on ne peut pas dire que je sois la zénitude et la patience incarnée. Je peste quand le bus à 5 minutes de retard, quand le métro est en panne et annonce 3 minutes de plus qu’à l’accoutumé, quand les choses ne se passent pas comme ce qui était prévu ou comme j’aurais aimé qu’elles se passent.
L’imprévu me stresse, m’angoisse, me casse les pieds.
Pourtant en Inde, il n’y avait QUE de l’imprévu.
Des retards qui se comptent en heures en veux-tu en voilà, des embouteillages, des routes bloquées, des changements de programme, des rencontres improbables … Et c’est précisément ce que j’ai adoré.
Je savais que cela allait être comme ça, que mes repères allaient être bousculés, que ces 15 jours ne seraient qu’une succession de galères, en alternance avec les beaux moments et c’est exactement ce qu’il s’est passé.

 

La philosophie
Une des phrases clés, pourtant toute simple, que je retiens de ce séjour, c’est lorsque notre guide nous a raconté qu’en Inde, on ne demandait jamais « Pourquoi? » (dans le sens : pourquoi il se passe ci ou ça, pourquoi cette personne n’est pas venue, pourquoi elle fait ça, pourquoi le train a du retard, pourquoi j’échoue et je n’arrive pas à faire ci ou ça …)

« On dit toujours : « C’est comme ça » », nous a-t-il expliqué.
Derrière cette phrase très simple, il y a tout une manière de vivre et d’appréhender les choses.
Si les choses ne se passent pas comme on voudrait, c’est qu’il y a une raison. C’est le karma ou le destin appelez le comme vous voudrez.
En tout cas, c’est la volonté d’une puissance qui nous dépasse et rien ne sert de lutter, ça ne servirait qu’à s’épuiser sans obtenir de résultat ou à essayer de comprendre coute que coute, il faut simplement accepter les choses telles quelles sont.
Si quelque chose n’a pas lieu alors que vous auriez voulu, c’est que ça ne devait pas se passer ainsi.
C’est comme ça.

 

A me passer des technologies
Avant de partir, j’ai éteint mon téléphone et je l’ai caché dans une chaussette, au fond d’un tiroir.
Pour moi qui ne m’en sépare jamais, ça m’a fait bizarre le matin du départ, de ne pas pouvoir patienter à l’aéroport en pianotant, la tête baissée vers la lumière bleue, de ne pas checker mes mails, Facebook et Instagram.
Et puis très vite, une fois sur place, je n’y ai même plus pensé.
Rien d’autre n’existait que le ici et maintenant.
Je n’avais plus besoin d’aller voir ailleurs, de trouver une échappatoire contre l’ennui ou la morosité, tout était là, sous mes yeux.
Une ou deux fois le soir, nous avons essayé de nous connecter au réseau WIFI de l’hôtel (uniquement dans le hall d’entrée et avec une connexion aléatoire) mais ça ne marchait jamais très bien. Nous avons vite abandonné.
A tel point qu’au retour, je n’ai même pas retrouvé mon téléphone tout de suite, incapable de me souvenir où il était rangé. Une fois retrouvé, j’ai tout regardé : mes mails, les réseaux sociaux, les nouvelles de France et du reste du Monde (car nous étions aussi complètement « out » en ce qui concerne l’actualité), et puis 10 minutes après, je me suis dit : « Bon, ok, rien de plus ou de moins, je n’ai rien raté d’essentiel. On repart quand ? »

 

 

A me passer de mes produits habituels
Je ne suis pas peu fière, j’ai voyagé léger.
10kg de bagages alors que la compagnie en autorisait 23, c‘est plutôt un bel exploit. Et d’ailleurs, heureusement car nous avons pris un vol interne et là, la franchise était de 15kg (on aurait été malins avec 23kg)
Dès le premier jour, je me suis rendu compte que j’avais oublié quelques produits de beauté que j’applique habituellement tous les jours sans faute matin et soir. J’aurais dû les rajouter le matin du départ dans ma trousse de toilette mais ils sont restés sagement à la maison.
Oups.
Au début, ça m’a chagriné, et je me suis dit, un peu paniquée « Comment je vais faire pour tenir 15 jours sans tout ça ??? »
Et bien, j’ai tenu, et à vrai dire, ça ne m’a pas vraiment manqué.

 

A sourire
C’est un peu cliché mais pourtant, c’est vrai n’importe où l’on voyage.
Croiser des gens dans le dénuement le plus complet, des gens qui n’ont rien et qui vous offrent des choses, des gens qui rient malgré leurs conditions est une vraie expérience de vie et aide à prendre conscience de beaucoup de choses … Et surtout à comprendre qu’avec le sourire, la vie est plus belle.

 

A relativiser
Mis à part la maladie, qui est pour moi la véritable épreuve, aucun de nos problèmes n’est jamais très grave. On a tous un toit au-dessus de la tête, on a à manger dans notre frigo, on a même l’eau courante et du chauffage … On vit dans le grand luxe.
Oui oui, dans le luxe : on a même la télé, des ordinateurs et des smartphones, des vêtements plein l’armoire….
Même si l’évier fuit un peu, qu’on a une fissure au mur, que les fenêtres n’isolent pas super bien : on a une putain de chance.
Bien sûr, on a tous des problèmes, des petits, des moyens, des gros, des plus ou moins inquiétants, mais finalement quand on met tout ça en perspective avec ce qu’il peut se passer ailleurs dans le monde, rien n’est vraiment catastrophique.

 

 

A m’ouvrir aux autres
En voyage, souvent, on rencontre des gens.
Des gens qui sont exactement comme nous en tous points, sauf qu’ils ne sont pas nés au même endroit, qu’ils n’ont pas la même religion, les mêmes croyances et la même manière de vivre. Découvrir tout cela, sans aucun jugement (même si certaines croyances ou manière de vivre peuvent au premier abord paraître amusantes ou saugrenues, qui est-on pour juger ? Est-ce que nos manières de faire n’apparaissent pas comme ridicules aux yeux des autres ?), apporte une richesse incroyable.

 

 

A lâcher prise
Il m’est arrivé au cours de ces 15 jours d’être réticente, méfiante, d’avoir peur aussi… J’étais tellement bousculée dans mes repères et dans mes habitudes, tellement loin de tout ce que je connaissais qu’il y a eu des moments où je n’étais pas à l’aise.
Pourtant, la plupart du temps, je finissais toujours par me dire que d’une part la peur n’évite pas le danger, et que d’autre part, ce qui doit arriver arrivera de toute façon.
C’est comme ça.
Alors j’ai fait tomber les barrières, j’ai remisé mes craintes comme j’ai pu, et j’ai accueilli ce pays comme il le mérite, à bras ouverts …

 

Beaucoup d’autres choses encore ….
Elles sont innombrables, elles ne sont pas descriptibles, elles font partie de moi. C’est le souvenir d’un regard, d’un échange, d’une odeur ou d’une sensation.
C’est quelque chose qui reste pour toujours en soi et que l’on garde comme un trésor.
Il y a un proverbe hindi qui dit « Le voyage est le printemps du cœur »

En tout cas une chose est sure, ce voyage fut bel et bien le printemps de mon coeur.

 

 

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