Inde – Jour 13 – Bénarès et Sarnath

Jeudi 9 novembre 2017

 

 

4h30
Le réveil qui sonne me fait l’effet d’un sceau d’eau en pleine figure.
Je ne peux même pas vous expliquer l’état de fatigue dans lequel je suis. La nuit a été courte, beaucoup trop courte… L’espace d’une seconde, j’envisage de l’ignorer et de me rendormir. Et puis d’un coup d’un seul, je bondis sur mes pieds.
Ce matin, on va voir le lever du soleil sur les rives du Gange.
Entre ça et dormir, le choix est vite fait.

 

 

 

5h
Nous sommes dehors et comme la veille, un cyclo-pousse nous conduit au ghat principal, le ghat Dashashwamedh.
Le soleil n’est pas encore levé quand nous embarquons dans le même rafiot en bois que la veille, mais cette fois un peu plus grand, un peu plus stable, et à moteur … Je suis plus rassurée !

 

 

 

 

Nous longeons les ghats de part et d’autre du ghat principal (il y en a en tout plus d’une cinquantaine à Bénarès). Déjà, de nombreuses personnes sont là …
Tous les jours, au lever du soleil, les gens se baignent dans le Gange pour se purifier.

 

 

 

6h
Le soleil se lève, nous n’aurons pas la chance de voir un vrai beau lever de soleil car le temps est grisonnant (un mélange de brume et de pollution) mais qu’importe …

Au coeur de ce théâtre fascinant, de ce décor surréaliste, il est l’heure pour nous de nous échanger nos bagues.

C’est un moment plein d’émotion, de mots d’amour et de promesses pour l’avenir. C’est un engagement spirituel et profond qui nous ressemble, à la fois en toute simplicité et hors du commun.
Une fois que c’est fait, nous joignons nos mains baguées avant de les tremper dans le Gange, comme pour sceller notre union, et nous nous étreignons très fort, à la hauteur de ce moment exceptionnel.

Pour finir, nous faisons des voeux en allumant nos offrandes pour remercier la Gange (en Inde, on ne dit pas « le » mais « la » gange, la Mère Gange) et nous les regardons s’éloigner, voguant au gré des flots.

 

 

 

 

Nous voilà liés et unis, à Bénarès, ville mythique, le 9 novembre 2017. 

 

 

 

6h30
L’heure est venue de continuer la promenade et de voir encore et toujours des gens qui font des ablutions …
Il y a de plus en plus de monde sur les rives, la ville se réveille en même temps que le jour se lève, les mantras et la musique commence à se faire entendre.
Bénarès commence à prendre son vrai visage, celui d’une cité de joyeux brodel et de cacophonie. 

 

 

 

Selon les endroits, on peut voir de jeunes personnes qui prennent un cours de yoga matinal …

 

 

 

Ou encore des blanchisseurs qui lavent le linge à la main dans l’eau du Gange, avant de l’étendre et de le laisser sécher sur les marches …

(Vu l’état de l’eau, le fait d’y laver du linge mérite débat. Le linge est-il plus ou moins sale avant ou après ?)

 

 

 

 

On continue de voguer …

 

 

 

 

 

 

Nous retournons vers le ghat de crémation, le Manikarnika.  
Je vous ai expliqué tous les détails la veille dans l’article précédent, aussi je ne vais pas me répéter mais de jour comme de nuit, c’est tout aussi impressionnant. 
Cette fois, on voit mieux les tas de différentes qualités de bois disposés ça et là sur les marches.
Et à toute heure, des corps brulent. On voit bien sur la photo ci dessus, 2 buchers prêts à être enflammés. Chaque jour, entre 200 et 300 crémations ont lieu. 

 

 

 

 

Nous voilà revenus au point de départ, le ghat Dashashwamedh. 

 

 

Et puis nous reprenons le chemin du retour …
C’est vrai dans toute l’Inde, mais à Bénarès encore plus, il y a beaucoup, beaucoup de sadhus, de sans-abris qui mendient, mais aussi de rabatteurs qui essayent de vous attirer en vous promettant 1001 choses
: un meilleure vue, des colliers sacrés, des boutiques hors du commun …
L’un d’entre eux, admirable de ténacité, nous a même suivi sur tout le chemin du retour. Ils espèrent clairement nous avoir à l’usure.
Ca peut paraitre pénible de ne pas être entendu quand on dit « non merci » des dizaines de fois mais il suffit de prendre les choses avec le sourire, de ne surtout pas perdre patience, de leur porter de l’intérêt (pas pour les objets sinon vous etes cuits! Mais pour eux en tant que personne), de plaisanter et de discuter … de se dire que cette personne est en train d’essayer de gagner de quoi nourrir sa famille … 

 

 

On dit qu’il est impossible de mourir de faim à Bénarès. 
Et pour cause, aux abords des temples, par charité, de la nourriture gratuite est proposée tous les jours aux mendiants et aux sans-abris.

 

 

 

10h

On retourne rapidement à l’hôtel histoire de prendre un petit déjeuner et on enchaine tout de suite avec la visite de Sarnath, située à une dizaine de kilomètres de là.

Sarnath est une toute petite ville bouddhiste et elle est connue pour être le lieu du premier sermon du Buddha. 
De fait, c’est un des 4 lieux saints du Bouddhisme avec Lumbini (Népal) qui est le lieu de naissance du Buddha, Bodh Gaya (Inde) où le Buddha a reçu l’illumination et Kushninagar (Inde) où Buddha mourut.
Après l’effervescence Hindoue de ce matin, le lieu est plutôt reposant et propice à la méditation ! 

 

 

 

Même s’il est très fréquenté, il règne dans ces lieux une atmosphère de quiétude et de dévotion impressionnante … 
Comme le font toujours les sadhus (hommes saints) de nos jours, le Bouddha ne se déplaçait pas durant la saison de la mousson. Il resta donc à Sarnath durant celle-ci, s’abritant dans une hutte où il prendra l’habitude de résider lors de ses séjours à Sarnath. La communauté des fidèles ayant atteint une soixantaine de personnes, il fit son sermon puis la dispersa pour que les fidèles répandent le Dharma.

 

 

12h
C’est notre dernier jour en Inde, ce sont nos derniers instants à Bénarès et à Sarnath, ce sera notre dernière visite … La nostalgie me gagne.

J’essaie de me concentrer sur la chance immense que nous avons d’avoir vécu un séjour aussi parfait mais j’ai du mal à ne pas me laisser envahir par la tristesse.

Le coeur gros, nos retournons à l’hôtel pour récupérer nos valises puis prendre la direction de l’aéroport … Dans l’après midi, un vol nous attend pour New Delhi. Il sera bien évidemment en retard, encore des heures à attendre dans le froid mais cette fois on s’y attend, on a pris les devant, et on s’est couverts !

De la fenêtre de l’avion, nous apercevrons une chaine de montagne absolument hallucinante de beauté et de grandeur. Trop fatigués et anesthésiés pour faire le lien tous seuls, c’est notre guide qui nous expliquera que cette chaine de montagne n’est autre que l’Hymalaya. 
Le toit du monde. 
Rien que ça. 
Dernier spectacle grandiose avant que le soleil ne se couche. 

 

 

18h
Nous arriverons à Delhi vers 18h.
La pollution est inimaginable. N’ayant pas de masque, nous sommes obligés de nous couvrir le visage pour respirer correctement. Ma gorge commence déjà à me piquer, mon nez à couler et la fièvre à monter. 
C’est le comble. 
Alors que je n’ai absolument pas été malade de tout le séjour (la turista – ma grande angoisse – ne sera pas passée par nous!), je commence à flancher maintenant, au moment de partir. 

Nous arrivons à l’hôtel à 19h, juste le temps de prendre une douche, se changer (ça fait bizarre de porter un jean et des baskets, tout à coup!!), manger un morceau (je me fais un dernier festin de plats indiens à m’en péter le bide et à m’arracher la bouche), se reposer un peu et à 23h, retourner à l’aéroport de Delhi.

Nous sommes les seuls à partir ce soir, les autres ayant choisi une extension au Népal et à Calcutta.
Juste pour pouvoir rester encore un peu, on regrette aujourd’hui de ne pas l’avoir fait même si soyons honnête, c’était un cout supplémentaire non négligeable.

Il est évident que je n’ai pas envie de rentrer, que j’aurais eu envie de prolonger encore et encore…

Aussi, tout devient pénible tout à coup. L’attente interminable à l’aéroport (alors que j’ai acquis une patience d’ange pendant tout le séjour…). J’ai froid, je suis fatiguée, je suis  de plus en plus malade, je sens la fièvre monter, j’en ai marre et je ronchonne. 

Notre vol est prévu à 3h30 du matin (coucou l’horaire indien improbable) et il n’y a rien d’autre à faire qu’à trainer à l’aéroport, attendre, essayer de se reposer en vain.
On s’est tout de même levés à 4h30 ce matin, ajouté à la fatigue du voyage, ça fait une longue, très longue journée … 

Je dors littéralement debout… et l’heure semble ne pas tourner.
Dès que nous embarquons, je mets un loup sur mon visage, des boules quiès et je sombre dans le sommeil. 
C’est un sommeil de surface, pas du tout profond et réparateur mais qui fait que je ne verrai rien du décollage (sérieusement, qui dort pendant le décollage d’un avion??)

Je ne dirai pas au revoir à cette Inde chérie et adorée, qui m’a tant appris et tant fait vibrée.

C’est la fin de nos aventures, je vous retrouve très bientôt pour un ultime article, celui de l’épilogue où j’essaierai de faire le bilan de ces 15 derniers jours un peu fous et surtout faire le point sur tout ce que l’Inde m’a appris. 

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