Inde – Jour 5 – Jodhpur

Mercredi 1er novembre 2017

7h
Départ de l’hôtel de bonne heure car une matinée de route nous attend (ça change!!).
On essaie de finir la nuit horrible que nous avons passée mais rien à faire, il faut vraiment être indien pour arriver à s’endormir sur les routes.
Autrement, c’est mission impossible !

Le guide nous parle beaucoup, de tout un tas de choses, on passe l’économie du pays et de l’agriculture qui tient une place prépondérante à quelques anecdotes quotidiennes sur la santé, les hôpitaux, les prix pratiqués par les médecins …
En Inde, il y a bien des hôpitaux publics mais il faut attendre des mois et des mois avant d’être pris en charge. Les médecins y sont bons, mais vu l’attente effarante, ceux qui le peuvent préfèrent les cliniques privées.
Evidemment, c’est un luxe qui n’est pas à la portée de tous et sur l’accès à la santé, comme pour beaucoup d’autres choses d’ailleurs, la disparité est grande … 

 

 

 

12h
On arrive à Jodhpur pour le déjeuner et on s’arrête manger dans un restaurant typiquement Jaïn.
J’ai déjà évoqué le Jaïnisme dans l’article précédent, c’est une religion de l’Inde qui prône la non-violence envers tous les êtres, notamment les animaux. Evidemment, ils sont strictement végétariens.

Selon Mathieu Ricard, le jaïnisme est d’ailleurs la seule religion à avoir prescrit le strict végétarisme et la non-violence absolue envers tous les animaux.
Cela va même extrêmement loin puisque les jaïns excluent aussi de leur alimentation des légumes et végétaux ayant leurs racines dans le sol afin d’éviter de tuer les vers de terres et autres fourmis en les arrachant (il ne reste pas beaucoup de choses à manger, je vous le concède)

Le déjeuner sera délicieux (et le restaurant affreusement kitsch mais on commence à être habitués!) mais finalement pas si différent de tous les repas déjà pris puisque pour nous, le végétarisme, c’est à tous les repas !

 

 

13h
Après déjeuner, nous entrons dans Jodhpur pour visiter le fort Mehrangarh.
Monument incontournable, il surplombe la ville et offre une vue magnifique sur celle que l’on surnomme la ville bleue.
C’est superbe et à couper le souffle !

 

La construction du fort a débuté au XVème siècle et abrite plusieurs palais : le Moti Mahal (palais des perles), le Phool Mahal (palais des fleurs), le Sheesh Mahal (palais des miroirs), le Sileh Khana et le Daulat Khana.
Autant vous dire que la visite est dense, riche … et très intéressante.

 

 

A l’entrée de superbes fresques commémorant des victoires du Maharaja Man Singh accueillent les visiteurs.

 

 

Sans oublier de petits temples, ici un temple dédié à Ganesh, que l’on trouve toujours un peu partout en Inde.
Il est un de 330 millions de divinités (oui oui) et le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. Reconnaissable à sa tête d’éléphant, il est sans doute le dieu le plus vénéré en Inde (avec Shiva, Krishna et Hannuman, le dieu singe)

 

 

On passe de pièces en pièces, toutes plus belles et richement décorées les unes que les autres et de surprises en surprises … 

 

 

 

 

Et bien sur, comme chaque jour depuis notre arrivée, on croise souvent de beaux visages qui captent le regard et l’attention … 

 

 

 

 

 

15h
Après la visite du fort, nous nous rendons au mémorial Jaswant Thada, un cénotaphe de marbre blanc qui honore la mémoire du maharaja Jaswant Singh II, incinéré ici à la fin du XIXe siècle. Trois autres cénotaphes plus petits l’entourent, dont l’un dédié à un paon (animal sacré!) qui se serait jeté dans le bûcher de crémation.

 

 

 

 

16h30
L’après midi est déjà bien chargée mais avant de rentrer à l’hôtel, nous nous arrêtons dans une boutique d’antiquités absolument superbe (j’ai du retenir mon homme – fan absolu d’objets anciens et d’antiquités – pour ne pas craquer sur une pièce magnifique qui coutait quand même la modique somme de 3000 euros!)(sans compter le transport, qui, j’imagine, n’était pas vraiment donné)(mais j’avoue, on arrête pas d’y repenser depuis …)

Plus raisonnable, le sous-sol de la boutique est dédiée aux tissus et on craquera sur un patchwork, typiquement indien et des pashminas en soie et cachemire a des prix défiants toute concurrence !
Vous apercevrez d’ailleurs un des pashminas plus tard dans le séjour, il me sera bien utile à Bénarès !

 

 

 

 

18h
Nous rentrons à l’hôtel, fatigués et fourbus, la tête pleine de belles choses mais pour ma part, j’aurai la première vraie frustration du séjour.

Demain, nous repartons déjà de Jodhpur et j’aurais aimé passer plus de temps dans la ville bleue. Ne pas me contenter de visiter les monuments (certes, très intéressants) mais aussi me perdre dans les ruelles, aller voir les marchés et les gens, aller voir de plus près ces maisons bleues, qui indiquaient autrefois que les maisons appartenaient à des Brahmanes.
Croiser encore plus de visages, de situations loufoques, de gens, parler ou essayer de parler avec eux, voir comment ils vivent …

J’ai l’impression de tout voir au pas de course, ce qui est à la fois un avantage car on voit beaucoup de choses, mais un inconvénient car j’ai l’impression de survoler et de ne pas pouvoir m’empreigner comme je le voudrais dans ambiances et des vibrations des lieux.

C’est ainsi, c’est le mauvais côté du circuit organisé, et ce soir plus qu’un autre, je ressens la frustration de ne pas être totalement libre de découvrir le pays comme je l’aurais souhaité.

J’arrive toutefois à ne pas me laisser abattre par le côté négatif et penser qu’on a tout de même une chance inouïe d’être là, à voir toutes ces choses, qu’on évite quand même bon nombre de galères grâce au guide, absolument génial et passionnant, et que cela ne m’empêchera pas, un jour, une autre fois, de découvrir ces lieux autrement.
Peut être.
Si la vie nous offre encore la possibilité de retourner dans ce pays hors du commun.

Une fois encore, la nuit sera agitée.
Notre chambre donne d’un côté sur le patio que vous pouvez voir plus haut et dans lequel des musiciens joueront une bonne partie de la nuit; et de l’autre côté, la chambre donne sur le jardin où une bonne trentaine de personnes montent des échafaudages et installent tout un tas de matériel pour un prochain mariage.

Autant vous dire qu’en Inde, la notion de déranger l’autre par le bruit et de respecter le sommeil n’est pas dans les moeurs. 
Ce n’est pas de la méchanceté, loin de là, ils n’ont tout simplement pas conscience que cela peut déranger, eux qui sont habitués au bruit permanent. 

Même avec des boules quiès et une grosse fatigue, la nuit sera courte, encore une fois !

On voulait être dépaysés et laisser de côté toutes nos habitudes : et bien on est servis !!

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Publicités