Inde – Jour 2 – Shekhawati et Bikaner

Dimanche 29 octobre 2017

6h30
Lever plus que matinal en ce dimanche.
Je le répète mais entre le décalage horaire (il est 2h du matin en France !), le programme chargé et ce pays qui est éprouvant, la fatigue est déjà là. C’est dur.
Moi qui ne suis pourtant pas une grosse dormeuse, j’ai l’impression que je pourrai dormir 12 heures d’affilée sans aucun problème.
Mais pas le temps de réfléchir bien longtemps, une intense et très belle journée nous attend !

 

 

 

7h30
Le soleil est déjà levé et nous partons visiter le petit village d’Alsisar où nous sommes arrivés de nuit la veille.

Comme je vous le disais dans l’article précédent, la région du Shekhawati dans laquelle nous sommes est célèbre pour ses havelis, d’anciennes demeures de riches marchands, à l’architecture particulière et magnifiquement décorées de fresques.

 

Le village, minuscule, contraste grandement avec New Delhi que nous avons quitté la vieille.
Il y a très peu d’habitants et on sent qu’on est dans la campagne profonde.
Il en émane un étrange sentiment de quiétude, loin de bruit et de l’agitation citadine. C’est chouette et particulièrement agréable. Reposant même.

 

 

 

Le village se réveille doucement pendant que nous nous promenons et que nous visitons les havelis. On croise là aussi des vaches, des chiens … Certains hommes sont déjà à l’œuvre, certains repassent, d’autres préparent déjà les chapatis (galettes de pain consommées à chaque repas), d’autres sont déjà chez le barbier…
J’ai l’impression d’être dans un autre temps.

(pour info, la « croix gammée » que l’on voit  à peu près partout en Inde – et parfois en Asie –  est un symbole qui s’appelle le Svastika. Dans l’hindouisme, il possède de nombreuses significations sacrées, notamment il représente le Dieu Ganesh, très populaire chez des Hindous)

 

9h
Après la visite du village, nous reprenons la route.
190km nous attendent, un peu moins que la veille mais évidemment, les routes sont toujours aussi chaotiques. Je vous invite à aller lire l’article précédent pour comprendre l’état des routes et les difficultés de circulation, sinon je vais me répéter chaque jour !
En tout cas, c’est toujours aussi surprenant que la vieille. Chaque vision est dingue, loin de tout ce qu’on connait et qu’on a l’habitude de voir.

 

 

14h
Nous arrivons pour déjeuner à Bikaner, la plus grande ville du Shekhawati.
L’après-midi, nous y visiterons le fort Junagarh, un ancien palais de maharaja construit à la fin du XVIème siècle en grès rouge et marbre blanc.

Comme tous les nombreux forts du Rajasthan, il est composé de différentes parties et d’une multitude de cours où avaient lieu de grandes fêtes. Les moucharabiers permettaient aux femmes assister aux cérémonies sans être vues des hommes.

 

 

 

Dans ces monuments historiques, on y croise quelques touristes, forcément, mais aussi beaucoup d’Indiens.
Alors que cela ne m’avait pas forcément frappée jusque-là, je remarque que tous les indiens nous dévisagent. Les hommes comme les femmes.

Je l’avais déjà remarqué lors de la visite du temple Sikh la veille mais là, c’est particulièrement choquant. Pour tout dire, un jeune homme est carrément tombé par terre, pris les pieds dans un trou car il ne regardait pas où il allait tellement il était scotché sur moi.

Plus étonnant encore, on a commencé à me demander des selfies.

Au début, vu que je suis la meuf la plus confiante en elle de l’univers, j’ai cru que c’était parce que j’avais un truc qui cloche ou quelque chose qui amusait les indiens et qu’ils se moquaient de moi.

Après, j’ai imaginé que c’était une technique pour prendre une photo puis demander de l’argent… (ce qui peut arriver parfois mais assez rarement) voire même nous piquer des trucs en douce (j’ai honte de l’avouer mais c’est une pensée qui m’a traversé l’esprit et qui s’est avérée totalement infondée)

Finalement, le guide m’a expliqué que les Indiens raffolent des peaux blanches. Pour eux, c’est le critère de beauté numéro 1.
Plus la peau est blanche, mieux c’est… Les stars de Bollywood les plus adulées et en photo dans les publicités et magazines ont d’ailleurs pratiquement tous une peau claire.

De coup, vu ma peau hyper blanche (déjà blanche en temps normal mais avec l’hiver et la fatigue, je vous laisse imaginer le truc !), forcément j’attire l’œil.

Au début donc, ça m’a gênée puis rapidement, je me suis rappelée qu’il fallait laisser de côté mes habitudes et mes repères occidentaux et j’ai laissé faire, me prêtant au jeu autant de fois que demandé.

C’est arrivé quasiment tous les jours et j’ai pris environ 10 000 selfies, parfois avec une personne, parfois avec toute la famille les uns après les autres.
Un jour, un groupe de 3 ou 4 jeunes filles nous a carrément suivi pendant toute la visite pour nous demander d’où nous étions, me répétant combien j’étais belle.

Putain les gars, arrêtez tout, j’ai trouvé le seul pays où je suis canon !

C’était assez comique et finalement, ça a permis de jolis moments et des échanges improbables.

 

 

 

16h

En sortant de la visite, comme nous avons un peu de temps, nous décidons de prendre un tuk tuk pour s’immerger dans le centre de la ville.

Un tuk tuk est un genre de tricycle motorisé qui sert généralement de taxi. Il y en a énormément en Thailande mais aussi en Inde et plus généralement en Asie ou certains pays d’Afrique.

Les courses sont peu chères (évidemment elles sont beaucoup plus chères si vous êtes occidentaux ^^) et super pratiques car on peut aller d’un point A à un point B en un rien de temps. Il faut avoir le cœur bien accroché car ils conduisent comme des malades et contrairement à la voiture, rien ne protège de l’extérieur. Mais c’est une expérience inoubliable.

 

 

 

 

 

D’ailleurs, cette petite promenade restera un des plus beaux moments du séjour.  Ce trajet permettra de voir de belles scènes de rues, des couleurs, des gens, des cris, des klaxons … Des moments du quotidien tellement loin de ce qu’on connait, un dépaysement total … Tout ce que j’aime en Inde.
J’ai véritablement adoré ce moment et j’ai fait des photos que j’adore tout autant.

 

 

On profite d’une halte pour entrer dans une petite boutique genre épicerie qui vend des nam-keens, des en-cas épicés super bons et on repart avec 2 paquets de lentilles soufflées qui arrachent.

 

 

17h
Au retour, au-delà de la carte postale où les vaches côtoient les cheveux dans la rue et tout le monde trouve ça normal, au-delà du côté bordélique et amusant de l’Inde, on assistera à notre première dure vision.

Des enfants, peut être orphelins ou abandonnés, qui viennent dans la rue, qui mendient quelques pièces pour manger et qui nous suivent sur quelques centaines de mètres.
Très dur de se sentir aussi impuissants face à ça et en colère face à l’injustice et à l’inégalité du monde.

Mais l’Inde, c’est aussi tout ça.
Ce n’est pas qu’une carte postale. C’est un pays rude, âpre et dans pitié, où tout le monde survit comme il peut.
Un pays qui peut vous faire passer de la beauté à l’horreur en un rien de temps. 

 

 

 

21h
Le soir, nous dinerons dans une sorte de campement dans le désert en assistant à un spectacle de danses traditionnelles.
C’est un peu le truc à touriste par excellence, mais bon, quelque part c’est tout à fait ce que l’on est et ça n’est pas si désagréable que ça à regarder… Et surtout, se laisser enivrer par le son des tablas est une excellente façon de finir cette journée bien remplie !

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