Inde – Prologue

 

Vendredi 27 octobre 2017
22h (heure locale)

Nous sommes dans l’avion.
Si j’en crois l’écran fixé sur le siège devant moi, juste devant mes yeux, nous sommes quelque part au dessus de l’Afghanistan ou du Pakistan, je ne sais pas trop.
Très loin de chez nous mais plus très loin de notre destination.
Encore 1h et quelques.

Comment croire que nous ne sommes plus qu’à une poignée de minutes maintenant de fouler le sol indien et par là même, de réaliser un rêve vieux de plusieurs années ?

Tous les éléments semblaient pourtant ligués contre nous et chaque événement du mois d’Octobre qui vient de s’écouler a fait apparait ce voyage comme une chose de plus en plus improbable.
J’en suis même venue à croire qu’on nous avait jeté un mauvais sort ou bien que le destin voulait vraiment nous empêcher d’y aller.

Et pourtant, après toutes ces épreuves, ces rebondissements et ces montagnes russes émotionnelles, nous voici assis côte à côte dans cet avion à destination de New Delhi.
Troublante sensation.

Ce matin, en tirant ma valise à 3h du matin à l’aéroport de Marseille, j’ai été submergée par l’émotion et je n’ai pas pu m’empêcher de verser des larmes sur le parking où nous venions de nous garer.
J’avais envie de danser et de hurler ma joie « CETTE FOIS C’EST VRAI, ON PART EN INDE!!!! »

Il faut dire que la veille au soir, après une journée à finaliser tous les bagages et laisser la maison dans un état correct, le départ est devenu une nouvelle fois plutôt improbable.
Il était 19h, nous envisagions d’aller nous coucher (réveil prévu à 2h30!) quand une forte douleur dans le dos m’a littéralement clouée sur le canapé.

Une douleur indescriptible, aussi violente qu’inexpliquée, et qui allait cresendo.
Je ne pouvais plus bouger. Dès que j’essayais de me lever, la douleur se ravivait et devenait insupportable. J’en ai hurlé de douleur et de colère.
J’ai pleuré à chaudes larmes sur l’ironie du sort, persuadée vu la douleur et la paralysie complète dont j’étais victime que nous ne pourrions jamais partir.
Je ne pouvais même pas me mettre assise, alors surmonter toutes ces heures d’avion était inimaginable.

Chéri m’a donné un anti-inflammatoire, a séché mes larmes, m’a aidé à me poser dans le lit et a dit que « demain, il n’y aurait plus rien ».
Je me suis endormie en pensant qu’il était fou et qu’il n’était pas conscient de la douleur qui me lacérait le dos.
Je me suis endormie comme une masse.

A 2h30, quand le réveil a sonné, plus aucune douleur.
Pas même la moindre trace, c’est comme si elle n’était jamais existé.
Incroyable.
J’ai remercié pour ce miracle et nous sommes partis.
Enfin.

Après une longue escale à Munich, nous voilà maintenant à 1h de l’arrivée et je n’ai plus la moindre envie de pleurer.
L’émotion est là, bien présente, mais c’est surtout de l’excitation, de l’impatience de voir ce que ce pays nous réserve.

L’inde est-elle si difficile qu’on le dit ? Est-ce si galère et compliqué ? (teasing : oui)
Avec toutes les attentes que l’on a, ne va-t-on pas être déçu ? A rêver de ce pays depuis des années, ne l’a-t-on pas idéalisé ?

L’avion entame sa descente, ça fait mal aux oreilles.
Chéri serre ma main, on se sourit.
On y est presque, on aperçoit quelques lumières.

 

23h

L’avion se pose et les galères commencent!
Il y a une file d’attente inimaginable à la douane.
Bien évidemment, on emprunte une mauvaise file et on attend pour rien, jusqu’à ce que le guichet ferme (sans raison apparente) et on nous demande d’aller ailleurs.
J’interpelle un employé de l’aéroport pour nous aiguiller et il nous indique vaguement où il faut aller. Devant mon insistance (je n’ai pas spécialement envie de refaire la queue pour rien), il accepte de nous accompagner jusqu’à la bonne file.
Toujours autant de monde.
Il faudra 2h de queue pour passer la douane.

1h30
Il est 1h30 du matin, l’aéroport grouille et il faut récupérer nos bagages.
Nous avons atterri il y a plus de 2h et les valises ne sont plus sur aucun tapis. Chéri s’évanouit dans la foule sans me prévenir pour essayer de les trouver.
J’ai beau scruter tout autour de moi, je ne le vois plus, j’ai la trouille, seule et perdue au milieu de l’aéroport.
Ca commence bien.
Il finit par réapparaitre bredouille au bout de ce qui m’a semblé être 1h (en réalité : 10 minutes). On s’engueule au beau milieu du hall. Il n’a pas l’air conscient de la peur que j’ai eue.
Nous sommes toujours à la recherche de nos bagages. Là encore, je vais pleurer auprès des employés qui nous montrent qu’elles sont remisées là bas, dans un coin.
Ok.
On a nos valises !

On peut enfin sortir, retrouver notre guide et notre chauffeur.

Je fais là juste une parenthèse pour expliquer le contexte.
Après moultes tergiversations, nous avions choisi un circuit avec guide francophone et chauffeur – avec 4 autres personnes.

Plus jeune, quand je m’imaginais partir en Inde, c’était toujours en mode « sac à dos » et « baroudeuse ». Mais entre temps, j’ai vieilli, je me suis assagie et il faut bien le dire, à 35 ans je suis moins intrépide et plus fatigable qu’à 20 ans. Chéri, lui était plus réticent à ce type de voyage, et vu la destination pas facile, il avait peur que le rêve ne tourne rapidement à la galère si on avait pas de cadre.
On a étudié des dizaines et des dizaines de propositions et de formules et au final, je me suis laissé convaincre.
Ce n’était donc à la base pas vraiment le rêve que j’avais pour découvrir ce pays – il a eu des bons et des mauvais côtés – mais je me suis félicitée chaque jour de ce choix pour un premier contact avec l’Inde, pays de la galère et de l’imprévu.

Le fait d’être « porté » à vraiment été très agréable (voire même indispensable car vu l’état de fébrilité psychologique dans lequel nous sommes partis, je ne pense pas que nous aurions été apte à gérer toutes les galères et arnaques en tout genre sans devenir fous)
Du coup, même si on y a assisté de loin, cela nous a permis d’être détachés des problèmes matériels – nombreux mais gérés par le guide – et des histoires de pourboires (j’y reviendrai par la suite) et de mieux apprécier le voyage.
Sans lui également, nous n’aurions pas pu visiter le Taj Mahal (j’y reviendrai en détail en temps voulu) car il a été fermé de manière impromptue juste à l’heure de notre venue et le guide a su s’adapter pour que nous puissions y aller quand même. Seuls, la visite nous serait passée sous le nez.

Il était hors de question pour moi à la base de partir en groupe, l’effet troupeau était tout simplement inenvisageable, mais la formule avec 4 autres personnes seulement était vraiment idéale. Ca évite l’effet masse, on avait un tout petit véhicule, ça permet de partager ses impressions, et le fait d’avoir un guide francophone était juste magnifique car il nous a raconté de milliers de choses sur ce pays, ses religions, l’histoire, les modes de vie, les castes, les coutumes etc etc … Sans lui, nous serions passés à côté de beaucoup de choses.

La prochaine fois que nous irons (oui, c’est déjà prévu) et maintenant que nous sommes « aguerris », nous irons par nos propres moyens mais pour une première fois, c’était top.

Voilà pour le contexte et fin de la parenthèse !

 

On sort enfin de l’aéroport, on est saisi par plein de choses à la fois : le bruit, le monde, la chaleur, l’odeur, la pollution… Ca pourrait être suffocant – et ça l’est quelque part un peu – et pourtant, je suis déjà conquise.
Je sais que je vais adorer ce pays.

 

2h15
Il est plus de 2h du matin quand on arrive à l’hôtel.
Chéri me serre fort dans ses bras.
On y est.
Ce soir, c’est notre première nuit en Inde.

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