Partir et revenir

Rentrée depuis 48h, je vous avoue que j’ai un petit coup de mou et que j’ai un mal fou à reprendre la plume.
En fait, ça va même beaucoup plus loin que ça : j’ai un mal fou à reprendre le cours de ma vie « normale ».

Je me traine, je me plonge dans les milliers (oui oui) de photos prises pour les trier, en garder certaines et en jeter d’autres, je regarde des vidéos et des articles sur ce qu’on a visité histoire de prolonger encore un peu cette parenthèse.
Parfois, je ferme simplement les yeux et je laisse venir les images et les souvenirs qui veulent bien remonter à la surface …. L’Inde est encore tellement omniprésente en moi.

A vrai dire, tout ici me semble inutile et insipide.
Sans goût, sans couleur, sans saveur. 
Si je m’écoutais, je remonterais dans un avion direction Bénarès illico presto (j’avoue avoir déjà regardé les billets d’avion comme si j’allais VRAIMENT le faire)

Depuis que je suis rentrée, on me demande souvent si « c’était bien » et j’ai beaucoup de mal à répondre à cette question.

L’Inde n’est pas une destination anodine, on ne s’y rend pas pour s’amuser ou passer des vacances les doigts de pied en éventail au bord de la piscine (tout du moins, c’est ma conception qui n’est pas celle de tous les touristes vu les spécimens croisés parfois dans les hôtels au cours de notre périple).

L’Inde, ce n’est ni « bien » ni « pas bien », c’est un autre monde.
Un monde déroutant et déstabilisant,
qui peut rendre fou si on n’y est pas préparé ou si on n’est pas prêt à mettre de côté nos repères et habitudes occidentales.

Le beau côtoie l’horreur, en une seconde on peut passer d’une image de carte postale à une image sordide, plus que bouleversante.

L’Inde ne se raconte pas, elle se vit pour se comprendre.
L’électrochoc est immédiat, je crois qu’on l’aime ou qu’on la déteste, la demi-mesure n’est pas possible.
De mon côté, j’ai vibré comme jamais et ce dès la première seconde où j’ai mis les pieds sur le sol indien.

J’ai marché pieds-nus sur des pierres millénaires, j’ai trempé les mains dans le Grange, j’ai porté le troisième oeil, je me suis régalée d’épices et de saveurs, j’ai cru mourir 1000 fois sur les routes, j’ai appris la patience et à accepter que rien ne se passe comme prévuj’ai pleuré, parfois d’émotion devant la beauté de l’instant, parfois d’horreur et d’impuissance …

J’ai eu souvent le coeur au bord des lèvres, j’ai partagé des moments profonds et d’autres plus légers, j’ai croisé dans les rues des vaches, des chèvres, des chiens, des écureuils, des cochons et des éléphants, j’ai fait des dizaines de selfies avec les indiens qui nous arrêtaient 50 fois par jour pour prendre des photos avec nous (ils ADORENT), j’ai répété un nombre incalculable de fois « ce pays est DINGUE »…

J’ai fait des promesses, je me suis engagée avec l’homme que j’aime dans l’une des villes les plus sacrées du pays, j’ai prié Ganesh et récité des mantras avec un prête, j’ai médité sur les dunes au coucher du soleil, j’ai vu le lever de soleil et la salutation qui l’accompagne sur une barque pourrie sur le Gange, j’ai assisté à des crémations et vu des temples d’une beauté indescriptible
J’ai rencontré des gens incroyablesdans le dénuement le plus total mais qui ne quittent jamais leur bien le plus précieux : leur sourire.
Ces gens, pour qui chaque jour est un combat pour la survie, sont d’une beauté, d’une gentillesse et d’une grandeur d’âme que j’aurai du mal à vous décrire.

Quelle leçon de vie.
Quelle incroyable leçon de vie.

Comme je le disais sur Instagram, je vais avoir besoin de temps pour digérer ce voyage, qui, vous l’avez compris, fut le plus beau, le plus fort et le plus marquant qu’il m’ait été donné de faire jusqu’à présent.

Bien sur, le quotidien va reprendre son cours et avec lui les traditionnelles rétrospectives du dimanche, que j’intercalerai sans doute en faisant un récit jour par jour de ce voyage vraiment pas comme les autres.

Je vous laisse avec ces quelques clichés, à mon sens plutôt représentatifs de ces 15 derniers jours sur une autre planète. 

Je vous souhaite un bon dimanche, une bonne semaine et surtout prenez soin de vous !

 

 

 

 

 

 

 

 

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Publicités