Mais en fait, tu fais quoi comme travail ?

Si j’en crois le nombre de fois où vous m’interpellez sur la chose dans les commentaires, sur les réseaux sociaux ou en privé, c’est une question qui vous turlupine et qui demanderait quelques éclaircissements … 

Du chocolat ? Des sorties avec des enfants ? Des livres ? Des déplacements ?

Bordel, mais tu fais quoi en fait ??!

J’avoue, j’ai entretenu le flou artistique autour de tout ça mais je crois que je peux quand même vous en parler un petit peu, sans rentrer dans les moindres détails mais au moins désépaissir le mystère.

Depuis le mois de janvier, je travaille donc pour le comité d’entreprise d’une grande entreprise.
Très très grande l’entreprise.
Avec plein de branches, de sous-branches et de sous-sous-branches et en tout et pour tout, près de 150 000 personnes qui travaillent pour la même maison (mais beaucoup beaucoup moins qui dépendent de notre CE : thanks god)

C’est un travail que j’avais déjà occupé pendant 9 mois entre 2014 et 2015 pour un remplacement de congé maternité mais en toute logique, et même si j’avais envie à l’époque de rester encore un peu,  le contrat avait pris fin au retour de cette personne.

Et puis, 2 ans après, cette personne est partie du service volontairement, et comme elle m’a gentiment prévenue de son départ (le truc complètement tombé du ciel – je ne la remercierai jamais assez !), je me suis engouffrée dans la brèche faisant savoir que j’étais toujours là.

« Coucou, vous vous souvenez de moi ? Vous cherchez quelqu’un pour le poste ? Oui ? Et bien ne cherchez plus : je suis là ! »

En gros, c’était ça puisqu’un entretien téléphonique plus tard, j’étais (re)embauchée.

Danse de la joie dans ma vie.

Après 2 ans sans bosser, j’étais à la fois excitée et angoissée mais le fait de reprendre une activité professionnelle dans un contexte connu était plutôt rassurant et j’ai vite repris le pli.

 

Mais concrètement, j’y fais quoi dans ce CE ?

Officiellement, je suis chargée des activités sociales et culturelles.
Ça veut dire qu’avec un budget donné, je dois proposer, chercher, organiser, promotionner, vendre et suivre des activités : sportives (genre journée au ski, initiation yoga, salsa ou autre ..), culturelles (spectacles, expositions, visites guidées..), de loisirs (billetterie pour des parcs de loisirs ou sortie à la journée… ), des activités jeunesse (à la journée, à la demi-journée ou à la semaine pendant les vacances scolaires pour les enfants des salariés) ou encore des ateliers créatifs pendant la pause déjeuner, des ateliers dégustations etc etc

Ceci expliquant la grande variété de mes activités que vous voyez passer ça et là.

Si je ne suis pas obligée d’assister à tout ce qui est proposé (fort heureusement d’ailleurs sinon il me faudrait 1000 vies et tirer un trait définitif sur mes week-ends et ma vie personnelle) et que l’on fait toujours appel à des professionnels pour animer et encadrer les activités, j’estime que parfois, c’est préférable, notamment avec les enfants dont les parents nous laissent la responsabilité. Et puis ne serait-ce pour voir comment ça se passe et si on va retravailler avec le prestataire, c’est mieux.

En plus de ça, nous avons un accueil public tous jours entre midi et deux où les gens peuvent venir nous faire chier nous poser des questions, s’inscrire aux activités ou emprunter des livres …

Car oui, nous avons aussi en charge une médiathèque (oh joie !) particulièrement bien fournie en livres, DVD, revues mensuelles et hebdomadaires, jeux de sociétés … et même si je ne suis pas la bibliothécaire attitrée, les absences des unes et des autres font qu’on est souvent obligées d’être multifonctions, ce qui n’est pas pour me déplaire (se tenir au courant des nouveautés, conseiller et échanger nos impressions sur les bouquins avec les gens : JUST LOVE)

Vous allez me dire : « Ok, je comprends mieux … mais pourquoi tu vas tout le temps sur Paris ? »

Et bien tout simplement car si nous sommes 3 sur Marseille, il y a plusieurs antennes du comité d’entreprise un peu partout en France et toute l’équipe se retrouve régulièrement pour des réunions, formations, salons divers et variés, journée des salariés etc etc.

Autant de prétextes pour nous faire lever à 4h30 du matin pour chopper le train de 5h.
MAIS BON.
Skype n’est pas encore rentré dans les mœurs, de toute évidence.

 

Que vous dire d’autre ?

Ah oui, j’adore mon boulot.

Il y a plein de soucis, parfois c’est difficile, parfois je suis obligée de faire des trucs que je n’ai pas envie de faire, parfois les gens me gavent, parfois je maudis la vie qui nous oblige à aller bosser comme des rats, mais l’ambiance qui y règne est tellement agréable qu’en fait, tous les matins, je suis contente d’y aller.

Parce que je vais retrouver les filles, parce qu’on va quand même passer une bonne journée, parce qu’on va se remotiver entre nous si l’une ou l’autre à un petit coup de mou, parce qu’on va jacasser comme des pies et rigoler comme des baleines en faisant les idiotes… tout en ayant quand même une productivité qui parfois nous épate nous même. 

Comme ça n’a pas toujours été le cas lors de mes diverses expériences professionnelles (j’ai connu autrefois les journées interminables seule dans mon bureau, sans personne qui te parle de la journée), je peux l’affirmer haut et fort : la bonne entente et la cohésion de l’équipe joue énormément sur notre bien-être au travail.

Prenez le même travail avec une équipe de merde et une ambiance pourrie : je ne sais pas si je tiendrais longtemps.

 

Voilà pour le petit éclaircissement, j’espère que ça vous aura permis de comprendre un petit peu mieux le pourquoi du comment du grand n’importe quoi de ma vie.

Je n’aurais pas cru, il y a encore un an en arrière, pouvoir être bien, heureuse et épanouie quelque part … y aller volontiers, faire les choses avec envie, travailler sans me plaindre (ok, je me plains souvent au travail en fait, mais c’est surtout pour la forme).

Je ne voyais pas le travail comme autre chose que quelque chose de pénible et d’aliénant, une contrainte horrible et difficilement surmontable et aujourd’hui je me rends compte que je me trompais.

Je me rends compte aussi que ce travail me permet deux choses essentielles :
La première, c’est celle de m’ouvrir aux autres, de composer avec eux, les accepter tels qu’ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts. Car forcément à la maison, la vie sociale est un peu plus restreinte.
Ce n’était pas pour me déplaire, je n’ai jamais eu de problème avec la solitude et j’ai vraiment apprécié cette période, mais aujourd’hui, je me rends compte que côtoyer des gens qui évoluent dans un autre univers, qui n’ont pas forcément les mêmes gouts ou la même façon de vivre, les mêmes références, les mêmes loisirs, les mêmes joies et les mêmes peines … et bien ça n’est pas forcément pénible, ça peut aussi être super enrichissant, aider à se remettre en question et apprendre des choses sur soi. 

La deuxième, et non des moindres, c’est de me redonner un peu confiance en moi.
Avoir un truc à moi, une mission, réfléchir pour la mener à bien, galèrer ou faire des conneries parfois mais voir qu’on finit par réussir, recevoir des compliments pour ça, et se dire que sur le coup, on a quand même grave assuré, c’est assez gratifiant pour l’égo.
Ce qui après 2 ans à la maison commençait à n’être qu’un très lointain souvenir (je ne vous cache rien si vous suivez régulièrement le blog) et clairement, ça fait du bien de ne pas s’auto-flageller en permanence. 

Voilà … Je n’aurais peut être pas le même discours dans 6 mois, dans un an ou dans 5 ans, mais aujourd’hui force est de constater que la vie réserve parfois de jolies surprises ! 

 

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