Lui & Moi

Je n’apprendrais rien à celles et ceux qui me lisent régulièrement si je disais que le début de l’année a été agité pour Chéri et moi. 

Entre la reprise du boulot à temps plein de mon côté (après 2 ans à la maison), la mort violente et inattendue du petit chien qui nous a bien ébranlés émotionnellement, l’Ado qui continue de nous faire passer par des montagnes russes d’émotions pas toujours agréables, j’en passe et des meilleurs, il a fallu trouver de nouvelles marques.

Une nouvelle façon de vivre, une nouvelle organisation au quotidien, appréhender à nouveau le métro-boulot-dodo, le sentiment du temps qui file trop vite, de courir partout, tout le temps, et les frustrations qui vont avec …

Tout ça, vous le savez, j’en parle assez dans les rétrospectives chaque semaine. 

Ce que vous ne savez pas par contre, parce que je n’ai jamais abordé le sujet jusqu’alors, c’est que tout cela ne s’est pas fait sans heurt et que ce début d’année a aussi été éprouvant pour… mon couple. 

Il faut dire que ce n’est pas vraiment le genre de choses dont on parle sur les blogs.
On dirait même qu’il y a comme une règle latente établie à l’ouverture d’un blog. Tu ne parleras jamais de 3 choses : 1. De son couple. 2. De sexe. et 3. De politique. 

C’est limite tabou. 

A croire que les blogueuses vivent tellement dans un environnement pailletté qu’elles ne sont pas comme tout le monde.
On a toujours tendance à se dire que tout va toujours bien chez les autres, que leur couple est au top, qu’ils s’aiment comme au premier jour, même apres 3 enfants, qu’ils sont super proches, complices et qu’ils font l’amour 4 fois par semaine (4 fois, c’est pour les semaines où ils sont fatigués, sinon c’est plutôt 5 ou 6 fois)

OK.

Et bien chez nous, on vit une vie normale donc on a connu une période difficile. 

Une période où les disputes ont été bien plus fréquentes et plus violentes que d’habitude, où des mots forts et blessants ont fusés, où on se fuyait parce que la simple présence de l’autre était irritante. Il y a eu certains soirs où même une assiette sale dans l’évier virait au règlement de compte et je n’avais qu’une hâte : être au lendemain pour repartir au boulot. 

Des instants où viennent à l’esprit cette question, terrible, mais pourtant humaine : « Est-il bien raisonnable de continuer comme ça ? »

Je me suis posée des questions, beaucoup de questions.

J’en ai voulu à Chéri et ne me suis pas gênée de lui dire que ça n’était pas vraiment la vie qu’il m’avait fait miroiter à notre rencontre. Je l’ai tenu pour responsable de tout ça, n’hésitant pas à lui brandir ses défauts sous le nez pour l’accuser encore plus. 

Il m’a répondu qu’il était hors de question qu’on vive ça, des disputes non stop, on s’était toujours promis qu’on ne se déchirerait pas et que si d’aventure on devait se séparer, ce serait avec dignité. Pour lui comme pour moi.

Il y a eu une soirée, notamment, où la dispute était si violente que j’ai bien cru qu’on était arrivé au bout de notre histoire. 

C’était tentant, parfois, de la franchir cette porte, de tout quitter et de passer à autre chose. 

C’est quelque chose que j’ai déjà fait à 2 reprises par le passé, j’ai tout laissé derrière moi pour aller continuer autre chose. Je suis toujours partie avec une grande détermination, sans le moindre regret et sans jamais regarder en arrière.

Je me souviens d’ailleurs d’un ami, pas forcément très heureux dans son couple, qui m’avait dit un jour : « Tu es impressionnante, tu sais prendre les décisions quand il le faut et tu n’en as pas peur. Je suis incapable d’avoir une telle force »

Mais contrairement à mes précédentes histoires, ici quelque chose que je ne savais pas expliquer me retenait. 

J’ai essayé de m’imaginer ailleurs dans une autre vie, seule ou avec quelqu’un d’autre, ici ou dans une autre ville, un autre pays, un autre boulot, et alors que précédemment tout ça me faisait rêver, ici n’en ressortait qu’une grande angoisse. 

L’autre jour, on sortant de la douche, après 2 ou 3 soirées bien pourries, je me suis pendue au cou de mon homme, et j’ai dit : « Viens on se fait beaux et on va manger quelque part! » 

Il a été surpris, un peu, le resto est à 1h de route, c’était en pleine semaine, on était fatigués tous les deux d’une dure journée, on devait se lever tôt le lendemain, et pourtant il n’a pas hésité bien longtemps avant de me dire « Ok » 

J’ai mis une robe toute neuve qui n’attendait que ça et on est partis de la maison, direction le resto qu’on aime.
Comme un cocoon dans lequel on se sent bien, un repère familier et agréable. 

Très vite, on s’est trouvés coincés dans les bouchons. J’ai demandé pourquoi il avait pris ce trajet beaucoup plus long, mais très beau car il longe toute la superbe rade de Marseille, et pourquoi il n’était pas passé par l’autre côté : « Ca aurait été bien plus rapide »

Il m’a dit « Parce que je sais que tu adores ce chemin » 

Mon ventre s’est serré un peu, quelque chose qui ressemblait vaguement à du bonheur et j’ai esquissé un sourire qu’il n’a pas vu. 

On s’est retrouvés face à face au restaurant, tout de suite il m’a fait rire, je ne sais plus pourquoi, et il m’a dit : « Tu es belle quand tu ris »

J’ai dit que c’était lui, qui me rendait belle.

Il s’est étonné de mon absence de maquillage, j’ai hésité à lui expliquer le procédé d’un maquillage « nude », j’étais tentée de lui avouer que là, telle qu’il me voyait j’avais 18 couches d’anti-cernes et presque autant de fond de teint pour masquer les trop courtes nuits que nous avons, mais j’ai préféré laissé planer le doute : « Oh c’est vrai, j’ai juste mis un peu de mascara ».
LOL.

Puis on a laissé de côté les sujets futiles pour parler plus en profondeur, on a évoqué ses soucis, ses peurs, ce qui l’inquiétait ces derniers temps, puis ce fut mon tour de me livrer, on s’est parlé à coeur ouvert, les yeux dans les yeux et sans retenue.

Plus tard, il m’a demandé pourquoi ce resto improvisé, un mercredi, loin de chez nous et avec du vin (l’assurance d’une grande fatigue demain) 

Il voulait savoir si j’avais quelque chose à lui dire. 

J’ai répondu que je voulais savoir si on était toujours capable de faire des choses comme ça.

Il a eu l’air étonné et, en fourrant un morceau de pizza dans sa bouche, il a répondu qu’on ne pouvait s’en prendre qu’à nous même si on ne le faisait pas plus souvent et qu’on était les seuls responsables de ce qu’on était.

J’ai trouvé ça chou (j’avais bu un verre de vin), et vrai surtout.

Sans nous en rendre compte, nos assiettes étaient vides et nos estomacs pleins, il a fallu partir.

Alors que nous n’avions pas eu un instant de silence au restaurant, dans la voiture, nous ne parlions pas. 

Sa main s’est posée sur mon genou et l’a serré. J’ai posé ma main par dessus et je l’ai serré aussi. 

Nos yeux se sont croisés et il a dit : 

« Imagine, moi sans toi et toi sans moi… on serait quoi ? »

Quelques secondes de silence ont envahi l’habitacle, quelques secondes pendant lesquelles je regardais son profil concentré sur la route et tous les deux en même temps, on a dit :

« Un carnage » 

Et on a ri.

J’ai compris alors ce qui, malgré tous les coups durs de ces derniers temps, me retenait dans cette histoire, contrairement aux précédentes.
Et ça se résume en un seul mot : l’Amour.

C’est compliqué parfois, le couple.
La vie commune, c’est pas facile.

Cet homme me rend chèvre, souvent, il m’agace et me sort par les trous de nez.
Mais à côté de ça, il est lui. Vrai et authentique, il ne triche pas.

Et surtout, même après ces 5 années passées à ses côtés, je suis encore pleinement convaincue qu’il est l’homme qu’il me faut.

Cet homme qui, pas toujours mais bien souvent, arrive à désamorcer mon côté psychorigide en un éclat de rire. Qui m’aime telle que je suis, avec mes qualités mais aussi mes défauts, et qui n’hésite pas à le dire, tout le temps, à tout le monde. Qui arrive à passer l’éponge sur mes sautes d’humeur en un instant. 

Cet homme qui se jette dans mes bras alors que je rentre toute transpirante du sport et qui, quand je lui dit que je suis sale et dégoutante me répond combien il s’en fout et me dévore de baisers.

Cet homme qui est capable de m’attraper par la main pour me faire danser dans le salon alors que je suis en train de me faire un masque et qui finit avec plein d’argile verte partout sur lui en riant.

Cet homme qui, aussi incroyable que cela puisse paraitre, m’aime presque autant que je l’aime (Sur ça, on a pas encore réussi à trancher et à se mettre d’accord)

Alors bien sur… il y aura encore des disputes et des soirées à se coucher chacun de son côté du lit sans parler plutôt que de s’endormir l’un contre l’autre, des mots pas jolis et des accrochages pour un rien.
On est humains et vivre ensemble implique aussi les mauvais côtés.

Mais heureusement, l’Amour triomphe de tout. 

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