Mon poids et moi

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Les amis, l’heure est grave. 

Je termine ce mois de février avec la très désagréable impression de peser 10 tonnes. 

Car oui, il faut bien regarder les choses en face et s’avouer les choses à un moment donné … j’ai grossi

Je passe rapidement sur le fait que je me trouve immonde, corps et visage compris (mes cernes et mes rides se développant de manière inversement proportionnelle à mon amour-propre), que mes vêtements me serrent et qu’il n’y en a pas un seul (malgré mon shopping effréné) dans lequel je me trouve, non pas jolie, n’exagérons pas, mais correcte etc etc … vous avez déjà entendu ça des milliers de fois. 

Mais si j’ai parfois un peu exagéré et fait ma marseillaise à ce sujet, cette fois, on atteint un stade inégalé. 

Objectivement, j’ai grossi donc. 

Et ce depuis que je travaille …

C’est assez bizarre me direz vous, il serait plus normal que ce soit l’inverse, puisque de passer d’inactive à active aurait logiquement du produire l’effet inverse. 

Mais, vous le savez, la logique n’étant pas mon fort, il est évident que les choses ne se sont pas passées comme ça. 

Les raisons sont multiples. 

D’une part cette fucking cantine, véritable caverne d’Ali Baba de la bouffe, qui nous met tous les jours sous les yeux des trucs plus appétissants les uns que les autres. Mettez moi devant un choix multiple et clairement, je ne sais pas le faire.
Je prends de tout.
Et je goûte tout.
En quantité. 

En plus, j’imagine que les plats sont sûrement cuisinés de manière bien plus riche que ce dont j’ai l’habitude … avec de la matière grasse à foison par exemple.
Cellulite assurée sur mes cuissots.

Ensuite, je marche moins.
J’ai réussi à maintenir les 2 footings par semaine que je me suis imposée malgré le travail, mais depuis que mon chien n’est plus là et que je bosse, je suis beaucoup plus sédentaire. Le cul sur une chaise toute la journée contre 1h minimum, souvent 1h30 de marche active tous les jours avant. 

Enfin, le soir, je suis fatiguée, je n’ai pas véritablement le temps de cuisiner et le repas se résume souvent à une soupe … et UNE TONNE de pain et de fromage (suivi de biscuits grignotés machinalement sans faim)

Rajouté à cela un verre de vin de temps en temps et vous avez le combo gagnant pour une prise de poids en bonne et dûe forme. 

Le fait de travailler et la fatigue trouble complètement mes signaux de faim. 

Le midi, on mange tard et on mange trop (je dis « on » pour essayer de trouver des soutiens auprès de mes collègues mais en fait, le « on » c’est moi et moi-même)

Du coup le soir, je n’ai jamais faim. 

Mais je mange quand même, parce que c’est convivial et c’est le moment où on se détend un peu. 

En ce moment, il est assez fréquent que je dise « J’ai faim » alors qu’en réalité je n’ai PAS faim … j’ai juste envie de manger. 

Quand j’ai dit ça à ma collègue de boulot l’autre fois, elle m’a répondu, étonnée, « Tu es bizarre » 
(Bénis soient les gens qui ont un rapport normal avec la nourriture, genre manger uniquement quand ils ont faim: je rêve d’être comme eux) 

J’ai envie de manger parce que je suis fatiguée, parce que je suis triste, parce que je suis contente, parce que j’ai eu une dure journée et que je me dis que j’ai bien mérité une (ok, plusieurs) tartine de fromage, parce que la journée a été bonne et que je me dis que ça mérite bien de « fêter » ça, parce que c’est lundi et qu’il faut se donner du courage, parce que c’est vendredi et que c’est la fête, parce que le sexe c’est surfait à côté d’un bon verre et d’un morceau de comté, parce la vie n’est pas toujours très sympa alors bon, autant prendre le plaisir là où il est au moment où il se présente. 

Tout est prétexte à me gaver.
Bullshit de merde. 

Le matin quand je me pèse (coucou le masochisme : je me pèse matin ET soir), j’ai envie de mourir et je me déteste de tous les excès de la veille. 

Voir ce chiffre me dégoûte.
Ce n’est pas mon chiffre.
Ce n’est pas moi.  

Du coup, j’enfile mon jean qui me serre à la taille, parfois une robe parce que le jean est vraiment bien trop serré, je suis mal, je me dis qu’aujourd’hui c’est le jour de LA prise de conscience, que ça suffit, que je vais tenir bon et …. OH UNE BOULANGERIE !

Et là, je me dis que bon… foutue pour foutue, autant y aller gaiement.
Vas-y, fais péter le chocolat, les cookies et les figues séchées (c’est mon péché mignon, je peux en manger des MILLIERS)  

Tout ce qu’il ne faut pas faire, je le sais parfaitement. 

Je déteste ce chiffre qui me cesse d’augmenter, et plus il sera haut, plus je serai dégoûtée … Et plus je serai dégoutée, plus je vais manger : cercle infernal de merde. 

L’avantage de l’âge et de l’experience, c’est que je sais ce qui me réussit et ce qui ne marche pas chez moi. 
Par exemple, je sais que je suis incapable de suivre un régime, impossible pour moi.. en revanche m’écouter, manger ce dont j’ai envie quand j’en ai envie est parfait : et ça marche ! 

Je le SAIS… mais je suis incapable de l’appliquer actuellement. 

Je pensais ces principes ancrés en moi, intégrés à mon quotidien et à ma routine depuis des années. Force est de constater que je reste fragile, que les vieux démons sont toujours là et qu’ils seront peut être toujours là, prêts à se réveiller à la moindre occasion.
Un peu comme un alcoolique qui reste fragile toute sa vie et qui peut rechuter à tout moment, c’est une vigilance de tous les instants.

Je ne sais pas bien comment terminer cet article, je crois qu’il n’y a pas de bonne façon, une note positive serait la bienvenue mais là, tout de suite, je n’en ai pas.

Je crois que j’avais juste envie de poser ça là, très égoïstement, en espérant que déposer les mots va m’aider à prendre conscience du ridicule de la situation, que tout cela va m’aider à agir autrement, à apaiser ce rapport conflictuel que j’ai avec la bouffe, que je vais enfin comprendre que ce que je fais actuellement (me gratifier d’une friandise) est purement débile et que je me fais plus de mal que de bien… 

Affaire à suivre donc. 

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