Au jour le jour #3

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3ème volet des rétrospectives 2017 en version méga poissouille (« de la muerte », oserai-je même dire si je n’avais pas peur de faire de l’humour noir).

Je me rends compte que depuis le 3 janvier, l’humeur est suspendue à ce petit être de 11kg et de sa potentielle crise d’épilepsie …

Si elle n’a pas lieu, c’est une bonne journée.
Si elle a lieu, je suis tendue, anxieuse et le cœur dans la gorge.
Et gare à ceux qui sont sur mon chemin à ce moment là : le volcan menace d’exploser à tout moment.

 

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Je me rends compte également que plus le temps passe, plus je prends la chose avec philosophie…

Une fois le choc de la nouvelle passée et les torrents de larmes qui l’ont accompagnée, j’ai compris que mon chien, mon petit chien adoré d’amour que j’aime à la folie, allait mourir.

Parfois quand je le regarde dormir profondément et que tout à l’air si normal, je me dis que tout cela n’est peut être qu’un mauvais rêve.

Que je vais me réveiller et que je raconterai à Chéri que j’ai fait un cauchemar horrible.

Après tout, et s’ils s’étaient trompés ? S’ils avaient échangé des scanners et que finalement il n’y avait rien du tout?? Et si par hasard et avec tout l’amour qu’on lui donne au quotidien et toutes les prières qu’on envoie, et s’il était en train de guérir ??

Mais aussitôt je repense à cette tâche énorme que j’ai vu sur le scanner et aux paroles des plusieurs vétérinaires vus depuis : il n’y a rien à faire. Ça va aller crescendo. Pas de guérison possible. C’est une question de temps.

Si aucun d’entre eux n’est capable de dire si on parle en jours, en semaines ou en mois, tous sont d’accord sur le « bientôt » et le « il faut s’y préparer ».

D’ailleurs, on nous souhaite toujours « Bon courage » quand on s’en va de la clinique ou quand on raccroche le téléphone.

Et malheureusement je reviens dans la réalité… ça n’est pas un mauvais rêve : il va mourir.

Bientôt.

On ne sait pas quand mais bientôt.

Il y a quelques jours encore, mon impuissance me donnait envie de hurler et je ne pouvais pas y penser sans m’effondrer en larmes.

Aujourd’hui, j’accepte l’épreuve.
De toute façon, je n’ai pas d’autre choix.
De toute façon, tout est justifié.

Quand donc….

Et bien … Soit quand la nature l’aura repris d’elle même, soit parce que nous aurons décidé qu’il ne peut plus continuer comme ça.

Je ne crois pas avoir déjà pris une décision aussi difficile de toute ma vie (et sachant que je mets 3h pour choisir quel yaourt je vais manger en dessert, je vous laisse évaluer le degré de complexité de la tâche qui m’attend)

Quand sera le bon moment ? Comment décider pour lui, à la place de la nature? Est ce que ce sera pour vraiment le soulager lui ou pour nous soulager nous ? Comment décider d’ôter la vie ?

Il y a 3 semaines encore, je n’y avais pas pensé.

Ou plutôt j’y avais pensé en frissonnant, en croyant que c’était loin et qu’on verrait plus tard.
Aujourd’hui, la question m’accompagne partout. Et la responsabilité et le chagrin qui va avec pèse 10 tonnes.

Quand ?
5 lettres suspendues, accrochées sur mes épaules, un lourd fardeau que je ne souhaite à personne.

Allez je vous raconte cette semaine qui s’est ma foi plutôt bien passée jusqu’à samedi … et encore une fois encore à tendance très « canine » mais pas que …

 

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Dimanche.

Vu le degré de stress et de fatigue de tous, et après un petit jogging d’une demi heure malgré le froid, ce sera dimanche farniente. Mini-sieste, trainage sur le canapé, câlins… c’est à peu près tout comme programme mais en même temps, c’est l’essentiel et tout ce dont j’ai besoin pour recharger les batteries et attaquer ma première vraie semaine de boulot.

 

lundi

Lundi.
Journée au boulot, je commence doucement à prendre le rythme même si ce n’est pas évident (mon corps me réclame la sieste post-déjeuner à laquelle il était tant habitué avec une force inouïe)
Le soir, dès que j’arrive, je prends le boubou sous le coude pour aller deviner où ? … chez le véto ! (ça change)

Juste une prise de sang pour vérifier le dosage du traitement, une longue discussion avec la véto… et le temps de croiser un couple de personnes âgées en larmes pour avoir perdu leur chien quelques instants avant mon arrivée  (ce qui est bien c’est que je ne me projete pas DU TOUT et que je ne finis pas en larmes aussi, tout le monde pleure dans la salle d’attente, vous voulez un mouchoir ? Allez y c’est ma tournée, youpi, la vie est belle)

 

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Mardi.
Si mon dos m’a laissée tranquille depuis la semaine dernière, cette fois c’est un gros rhume qui me met par terre (Quid de la semaine prochaine ? Les paris sont ouverts).
Dites, il s’arrête quand ce cercle infernal tout pourri ?

 

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Mercredi.
Au boulot, on a une super cantine.
Tellement super que, déambulant là dedans en quête de nourriture, je ressemble à peu près à ça :

 

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Résultat je mange comme un petit cochon, je sors TOUJOURS de table en ayant mal au ventre et après 7 jours ouvrés, je pèse 2 tonnes et demi, c’est juste l’horreur (puisqu’on est dans les paris, celui sur le nombre de kilos que je vais prendre en 6 mois est également ouvert)

 

jeudi

Jeudi.

C’est la journée la plus angoissante pour moi car c’est celle où le Bouledogue reste seul à la maison. Je pars encore le cœur serré et le souffle court, j’angoisse toute la journée et je cours pour rentrer à la maison. Apparement, la journée s’est bien passée et pour la peine, c’est câlins à volonté le soir !

 

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Vendredi.
Avant, vendredi c’était juste un mot. Juste un jour normal comme les autres.
Aujourd’hui, c’est VEN.DRE.DI !
Et la joie et l’allégresse qui l’accompagne n’a pas d’égal.

Peut être que finalement, ce qu’il y a de mieux dans le boulot, c’est le week end.

Surtout quand le vendredi en question se conclue par … une soirée en amoureux !

 

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Samedi.

C’est la journée corvées (bonjour, vie normale) mais en plus de ça la journée a été dure. Chéri est épuisé nerveusement et a la tête pleine de soucis, je suis épuisée tout court, et en fin d’après midi, le Bouledogue fait une mini crise d’épilepsie, puis je me bloque à nouveau le dos mais aussi plus particulièrement le dos et les épaules, comme un torticolis puissance 1000 venu de nulle part.
(Et c’est là que la phrase écrite en préambule prend tout son sens (« Un lourd fardeau qui pèse sur mes épaules » —> OH WAIT))

 
 
samedi

Bref, le samedi qui te vend du rêve et qui finit en dépression générale.
Du coup le soir, on a besoin de gras.
Et de vin.
Ouais c’est moche mais que voulez vous, je ne suis pas parfaite.
Et je suis à bout.

 

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Comme en ce moment je ne suis pas au meilleur de ma forme et au meilleur de mon équilibre mental (j’imagine que vous l’avez compris), j’ai la fâcheuse tendance à faire 2 choses aussi inutiles que débiles :
1. Dépenser un max de pognon dans les magasins alors que je n’ai évidemment toujours pas eu mon salaire.
(en effet, je suis cette meuf qui vous a prôné la sobriété heureuse machin chouette pendant des mois et qui vous ait rabattu les oreilles comme quoi consommer c’était mal et qu’on avait pas besoin de ça pour être heureux)

 

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2. Manger.
Beaucoup manger.
De préférence des trucs gras et sucrés, évidemment.
J’en veux pour preuve que l’autre fois, j’ai même acheté un twix à boulotter au bureau, le truc que je n’avais pas mangé depuis 1998. Résultat et non contente de n’être jamais rassasiée, je me paie une putain de bouée immonde à la place du ventre, ce qui vous vous en doutez, arrange bien mon amour propre et mon bien-être actuel.

 

Désolée encore une fois pour cette retrospective qui pue (et encore, j’ai omis de vous parler de ma machine à laver en panne o_O ), je me dis toujours que ce sera mieux la semaine prochaine et puis … la vie quoi ! 

Prenez soin de vous et à dimanche prochain ! 

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