Au jour le jour #1

J’avais commencé à écrire une retrospective plutôt marrante histoire de désamorcer un peu la semaine catastrophique que nous venons de passer et puis finalement, vu le couperet qui est tombé hier soir, je vous avoue que je suis encore un peu sous le choc et que, présentement, je n’ai pas la moindre envie de rire. 

Ce que je peux vous dire pour tenter quand même de vous mettre le sourire, c’est que 2017 commence très fort.

J’en veux pour preuve que, dès le 1er janvier, lors de ma traditionnelle promenade matinale avec le Bouledogue, un oiseau m’a – attention c’est assez violent de bon matin –  littéralement chié dessus.

Le matin du 1er janvier.

De là à croire que tout ceci annonce une année de merde, il n’y a qu’un pas.

Mais comme, à l’époque, j’étais encore l’optimisme incarné (et légèrement influencée par deux individus aussi perché l’un que l’autre, j’ai nommé Chéri et Laurie), j’avais décidé de voir ça comme une bénédiction divine.

Ou un truc qui porte chance, un peu comme marcher du pied gauche dans du caca de chien.
C’est dégueu mais ça fait plaisir (ou pas).

Mais, au final, c’est bel et bien une semaine de merde qui a suivi.
Comme quoi l’optimisme, c’est quand même vachement surfait.

 

 

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Bref !
Après l’épisode de l’oiseau, j’ai tout de même commencé l’année plutôt bien et dans de bonnes dispositions. En mode « Eye of the Tiger », genre 2017, c’est trop MON année.

J’étais persuadée que la nouvelle année était gage de renouveau et d’un nouveau cycle prometteur, que j’allais enfin prendre ma vie en main et essayer enfin d’en faire quelque chose de bien. 

Aussi, j’ai passé les 3 premiers jours de 2017 à écrire, écrire et écrire encore.
J’étais contente, les choses avançaient, ça prenait forme petit à petit.

 

 

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Et puis est arrivé Mardi soir. 

Pire soirée EVER.
Il était peut être 18h, je rentre de je ne sais plus où, je m’assois devant mon ordinateur pour écrire 2 phrases quand j’entends un bruit énorme, un bruit sourd venant du salon.
Je me dis que ça doit être encore un oiseau qui s’est mangé la vitre (on a une grande baie vitrée et ça arrive à peu près tout le temps), mais mon 6eme sens me pousse quand même à aller voir.
Et là, je trouve Le Bouledogue qui s’est effondré, en train de faire ce qui ressemble à une crise d’épilepsie, corps tout raide et pris de convulsions, yeux révulsés et langue pendante.

J’ai poussé le plus horrible des cris, un cri animal qui a alerté toute la maison, et j’ai secoué le chien comme un prunier pour qu’il revienne à lui (chose qu’il ne faut absolument pas faire, me dira plus tard le véto (je m’aime))
Allez savoir pourquoi, j’étais persuadée qu’il avait avalé quelque chose et qu’il s’étouffait donc j’essayais de faire sortir un truc qui en fait n’existe pas.

Bref…
Ses convulsions ont duré quelques minutes mais m’ont semblé des siècles. Je ne savais pas bien si c’était son cœur ou le mien qui allait s’arrêter de battre, j’étais absolument sûre qu’il allait mourir et que j’allais me péter les cordes vocales à force de lui hurler dessus.
Recouverte des pieds à la tête de bave et autres liquides innommables (bon appétit), on est partis chez le véto en urgence, et il a appris que selon lui que cette crise ressemble fort à un AVC et à une tumeur au cerveau.

Adios, on m’a perdue.
Me voilà en larmes dans le cabinet.
Mais je n’y crois pas vraiment, je suis persuadée que c’est autre chose, qu’ils se trompent, qu’ils en rajoutent pour nous affoler, je suis persuadée que ça va aller, que cette crise va rester la seule et l’unique, que c’est juste une avertissement mais rien d’autre … Comment pourrait-il en être autrement ? c’est Le Bouledogue quand même !
Il a passé la nuit sous assistance respiratoire à la clinique, en observation et moi à me ronger les sangs…

 

 

 

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Mercredi matin.
Apparement, la nuit s’est bien passée, on doit récupérer le Bouledogue et toute la maison est suspendue au téléphone.
Même La Chatte a un comportement bizarre et comprend qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond : et pour cause, c’est la première fois que son fidèle compagnon de jeu n’est pas là.
Comme les nouvelles ne viennent pas, je passe ma matinée à faire des allers-retours entre la maison et la clinique, à faire des sittings dans la salle d’attente … J’étais à ça de déclencher une grève de la faim (croyez moi, j’ai de quoi tenir) quand le véto m’a enfin reçu.
Il est semble-t-il pour l’instant tiré d’affaire mais il peut refaire une crise à tout moment … Si c’est le cas, ça appuierait l’hypothèse de la tumeur et il faudrait pousser plus avant les examens. S’il ne refait pas de crise, alors c’est que c’était autre chose et ça restera sans doute mystérieux.

Je ramène le Bouledogue à la maison, il est tout bonnement épuisé, dort sans cesse, et on le surveille sans relâche en croisant les doigts que tout ceci ne se reproduise plus.

 

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Jeudi.
Je vous parle de mon chien et je me sens un peu ridicule puisque, bien plus grave, j’apprends de bon matin un décès qui me touche beaucoup.  La journée commence donc dans les larmes, j’allume aussitôt une bougie pour accompagner son âme vers sa nouvelle demeure, j’envoie toutes les bonnes ondes que je peux à ses proches.

Je passe la journée à la maison.
Chéri travaille et je suis légèrement paranoïaque à l’idée de laisser Le Bouledogue seul sans surveillance (dès que je m’en vais, je suis à peu près persuadée que je vais le trouver raide en rentrant et cette idée m’est plutôt insupportable).
Ce n’est pas plus mal, j’ai plein de trucs à faire, notamment préparer la sauterie du lendemain (c’est l’anniversaire de Chéri) et m’épiler le maillot (aucun rapport entre les 2 événements).

 

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Vendredi soir.
C’est l’anniversaire de Chéri.
Le Bouledogue semble plutôt bien, aucune crise à l’horizon depuis presque 3 jours, je lui fait même faire une photo stupide, on se détend un peu, une bonne soirée se profile, j’ai hâte de dire à Chéri que j’ai prévu deux jours rien que tous les 2 en amoureux à Paris la semaine prochaine, juste avant de reprendre le boulot. On va se détendre, on en a bien besoin, ça va nous faire du bien de se retrouver … Et puis Paris quoi !

 

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Et puis bim, le Bouledogue refait une crise : Bonne soirée d’anniversaire Chéri !

 

Je gère mieux la crise, je ne panique pas (ok, je panique moins), ça passe et ça a l’air d’aller mieux mais en fait non.
Il y aura une crise à minuit, à 4h, à 7h du matin … et enfin une autre à 9h dans le cabinet du vétérinaire que nous sommes allés voir dès l’ouverture.

On décide de pousser les examens, je laisse mon chien à la clinique pour qu’il passe un scanner et une ponction. La journée semble interminable, le vide dans la maison est terrible.

 

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C’est en fin de journée, après des heures d’attente, que l’on apprendra la terrible nouvelle : C’est une grosse tumeur au cerveau. 
On l’a vue sur l’écran, elle est énorme, bel et bien là, juste sous sa tâche noire, et rien que l’écrire me glace.

Il n’y a rien d’autre à faire que gérer les crises et entamer un traitement de fond pour tenter de les espacer.
Mais il ne pourra pas guérir.
Mon chien est condamné.

Que dire de plus sinon que nous sommes évidemment dévastés, le coeur en miettes – hier soir, j’ai d’ailleurs vu Chéri pleurer pour la première fois de ma vie et ça m’a encore plus retourné le coeur que ce qu’il ne l’était déjà –  mais bien décidés à l’accompagner jusqu’au bout dans son épreuve, en lui donnant tout l’amour infini qu’il mérite. 

Parce que bien sur, ce n’est qu’un animal. 
Ce n’est qu’un chien.

Mais c’est avant tout un être vivant rempli d’amour pour les autres, un être qu’on aime, qui nous aime et qui aime tout le monde.
Un membre de la famille à part entière, un meilleur ami, un compagnon fidèle. 

Et rien que pour ça, on lui doit d’être là jusqu’au bout. 

 

Cette nuit, il a convulsé 4 fois, réveil en trombe toutes les 2 heures et je suis un peu perdue. 
Epuisée, perdue et désemparée.

Je ne sais pas comment tout cela va évoluer ni à quelle rapidité, j’espère avoir de meilleurs nouvelles à vous annoncer dimanche prochain (mais bien sur) et vous faire une retrospective où je vous raconterai des bêtises et où on rigolera parce que je me serais pris la honte, je serais tombée dans les escaliers pour mon premier jour de travail ou je ne sais quoi. 

Mais cette semaine, excusez moi par avance mais c’est tout ce que je peux vous donner.

Prenez soin de vous.

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