Des Lauries et des vaches

Me revoilà exceptionnellement en début de semaine pour vous narrer nos péripéties montagnardes du week-end.
J’aurai bien entendu pu le faire dans la rétrospective mais comment vous dire ? Il y a eu tellement de rebondissements inattendus qu’à la fin de votre lecture, vous comprendrez pourquoi cet interlude méritait amplement une place de choix sur le blog.   

Donc! Comme vous le savez, je suis partie rejoindre mon homonyme Laurie aka Maman Rose et ses 2 enfants pour une escapade bucolique et reposante, le temps d’un week-end, vendredi, samedi, dimanche, à papoter, manger du fromage, boire du vin et profiter de la nature et de son pouvoir ressourçant.

Ca c’était sur le programme sur le papier … Entre temps, il y a eu les petites surprises qui font que, dans la vie, rien ne se passe JAMAIS vraiment comme prévu. 
Allez je vous raconte !

 

Jour J-1 : Jeudi

thumb_image1_1024

En fait, les péripéties ont commencées dès le jeudi après-midi quand il a fallu commencer à faire la valise. Une tâche ô combien atroce que je redoute plus que tout mais ça, vous le savez déjà puisque je vous en ai parlé dans la retrospective de dimanche.
Maligne, j’avais anticipé la chose en faisant toutes mes machines à l’avance de manière à n’avoir que du linge propre et toutes les possibilités vestimentaires sous la main.
Je pensais que ça rendrait les choses plus faciles.
Mais. Bien. Sur.

A 21h, les mecs tournant autour de moi comme des charognards (ils avaient faim), j’ai envoyé tout ce beau monde au Mac Do en hurlant comme une hystérique que je n’avais pas LA MOINDRE IDEE et surtout PAS LE TEMPS DE ME SOUCIER DE LEUR REPAS.

Gentiment et croyant me calmer, Chéri m’a rapporté quand même un Mac Flurry alors que je lui avais dit que je n’en voulais pas. Mais au lieu de prendre Daim et nappage caramel, comme il faut TOUJOURS prendre, il s’est trompé et il a pris Oreo et nappage caramel.

Putain mais Chéri : je DETESTE LES OREOS.

(A ce moment là, je crois avoir lu une once d’impatience dans son regard dans le genre « vivement que la folle dégage pour 3 jours »)

 

Jour 1 – Vendredi.

thumb_img_5848_1024

Tout avait à peu près bien commencé.
Enfin non, pas exactement.
Déjà il pleuvait : le truc bien lourd.
Ca me fait friser, ça me donne un teint cadavérique et ça me met de mauvaise humeur.
Petit bonus, aussitôt sortie de la maison, je m’aperçois que les bottes que j’avais aux pieds étaient littéralement explosées en mille morceaux et prenaient l’eau de toutes parts.

 

 

thumb_image1_1024-3

SUPER.
J’ai déjà les pieds trempés mais pas le temps de retourner les changer puis de toute façon, je n’en ai pas d’autres. Faudra faire avec ! (j’essaie de me convaincre que ce n’est pas grave mais en vérité, je m’imagine déjà avec une mycose dès le retour)

Ensuite … A cause des embouteillages du matin, j’étais grave à la bourre.
Mais quand je dis grave à la bourre, c’est en fait méga grave à la bourre.
Mon train était à 8h43 et, par je ne sais quel miracle, après avoir donné des coups de valises à tout le monde et gravi les escaliers de la gare chargée comme un baudet (ceux qui connaissent la gare de Marseille ne peuvent que compatir), je suis arrivée à bout de souffle sur le quai à 8h41.
Minute d’autosatisfaction dans le train. 

C’est partiiiiiiiiiiiii !!!!
Bonheur dans mon coeur !

Laurie me dit qu’elle ne sera pas à l’heure à la gare.
Pas grave, je lui dit que je patiente, j’ai des coups de fil à passer et puis de toute façon, je dois absolument me trouver des chewing-gums because j’ai oublié de me laver les dents et j’ai une haleine de chien-loup (glam).

Toute excitée par cette information, elle me répond qu’elle vient de réaliser à l’instant qu’elle avait oublié aussi ce détail« On est trop connectées, jusque dans la mauvaise haleine !! » me dit elle.

Nous voilà bien : 2 Laurie avec une haleine de poney, on va en faire tourner des têtes sur notre passage.

1h plus tard, j’arrive à la gare.
Je patiente.
Je patiente.
Je patiente.
J’achète des chewing-gums.
Je paie un sachet de thé et un peu d’eau chaude 150€.
Des gens jouent une musique sur le piano.
C’est beau.
Mais j’ai froid.
J’ai les pieds trempés à cause de mes fuckings bottes.
Bon, elle fout quoi ?
Tiens, et si j’allais faire pipi pour passer le temps ? (la tristesse de ma vie a cet instant m’a brisé le coeur)

Je me fais pote avec la dame qui s’occupe des toilettes parce que je lui ai donné raison suite à une altercation avec un client « Vous avez raison de ne pas vous laisser faire » je lui dis  « les gens sont fous » « Ma pauvre, si vous saviez ce que je vois parfois » qu’elle me répond.
JE.NE.VEUX.PAS.SAVOIR.CE. QUE.VOUS.VOYEZ.PARFOIS.
Je laisse ma nouvelle amie.
Je patiente.
Je patiente.
‘Tant Laurie ne vient JAMAIS me chercher, ce week-end n’était une blague et je vais rester pour toujours dans cette gare jusqu’à mourir de froid.
Je patiente.
Je patiente.

Enfin, elle arrive.
Ma valise et moi roulons comme des folles pour la retrouver, je trépigne de joie de la voir enfin !

Ah ben ça pour la voir, je la vois : entre deux voitures en string en train de remonter son pantalon.
WHAT.
THE.
FUCK.

« Je me suis changée, j’avais froid en short »
Ben tu m’étonnes meuf, il pleut des cordes et il fait – 10 000 degrés dans ce pays.

Bref, GNIIIIII quand même quoi ! Viens on se bisoute un peu bordel !
Et puis ces deux beautés là derrière dans leurs sièges auto, laisse moi les bisouter aussi ! Comme ils sont grands !!! Et beaux !!! Je vais en bouffer un des deux avant la fin du week-end, ça c’est sur !

Allez zou !
On prend la route.
Avant d’arriver dans la-maison-dans-la-montagne, on s’arrête faire des courses.
(Laurie & Laurie font des courses <– tu sens arriver le comique de la situation ?)
On remplit le caddie : 3 tablettes de chocolat, du fromage, du vin, et pour finir des gâteaux.
Coucou la diététique quoi.

Pour faire healthy, on prend aussi du raisin.

 

Satisfaites, on repart jusqu’à la maison-de-la-montagne, on mange, on papote, on boit du café et ô miracle une éclaircie ! Chic alors, ça permet de prendre quelques jolies photos et de papoter dehors.

 

thumb_img_5884_1024

thumb_img_5867_1024

thumb_img_5862_1024

thumb_img_5877_1024

Laurie décide de me faire faire un petit tour du jardin et de me montrer la piscine. Elle a espoir de se baigner pendant le week end (je crois qu’elle se drogue). 

 

 

animaux

Alors qu’on arrive à proximité de l’eau, on repère un petit mulot agonisant, recroquevillé sur la bâche. Notre sang ne fait qu’un tour et aussitôt, sans concertation préalable, on décide d’unir nos forces pour tenter de le sauver.
La blague.
Ce con a si peur de nous (comment lui en vouloir) qu’il s’enfuie sous la bâche de la piscine. Une scène atroce s’en est suivie : le petit mulot bloqué sous la bâche cherchant désespérément à reprendre son souffle et trouver une solution de survie; Laurie déroulant la bâche le plus vite possible, et moi en train d’essayer de chopper le truc qui nage à 2000km/h avec une épuisette de 6m de long.
C’était insoutenable.

Une fois le mulot sauvé, c’est une grenouille noyée que nous repêchons également.
Laurie, pas vraiment décidée à lui offrir une sépulture décente, choisit de l’envoyer le plus loin possible avec l’épuisette, et, dans un geste d’une grande grâce accompagné d’un petit cri aigu, se cogne au grillage et la grenouille retombe à 10 cm d’elle.
Un peu plus et elle serait tombée sur sa tête et j’aurai pissé de rire dans ma culotte. 

 

 

 

thumb_img_5906_1024

thumb_img_5913_1024

thumb_img_5916_1024

Après toutes ces émotions animalières, quand les 2 loulous sont réveillés, on part faire une petite promenade pour voir les moutons.
C’est beau ! Je veux ça tous les jours de ma vie sous mes yeux !

 

Ensuite, arrive le drame.
Laurie me parle de pizzas ravioles (la spécialité du coin) et gorgonzola depuis DES MOIS.
Limite si je suis là, ce n’est que pour gouter ce truc qu’elle m’a vendu et survendu.
Mais quand arrive l’heure de les commander, on apprend que le camion de pizza est fermé jusqu’à la fin du mois.
NON. NON. NON !!
Il nous FAUT des pizzas ravioles gorgonzola !!
Nous voilà toutes les 2 agrippées à nos téléphones pour trouver une solution de remplacement. Mais quand tu es au trou du cul du monde, sans trop de réseau Internet, 3G et téléphone, et avec 2 enfants qu’il faut surveiller et qui t’apportent 2000 jouets par seconde pour jouer avec toi, ça devient le parcours du combattant.
On est passées par toutes les émotions possibles et imaginables : peur, espoir, joie, désespoir, tristesse, angoisse.

Tout à coup, c’est bon, on trouve une pizzeria qui accepte de nous faire une pizza spécialement pour nous (j’étais prête à dire que Laurie pouvait monter son cul – après tout, elle le montre bien à toute la gare – mais ça n’a finalement pas été nécessaire).

On va chercher les pizzas, on retourne à la maison, putain cette odeur de pizza sur mes genoux, j’ai envie de mourir, on fait manger les gosses et zou on expédie tout ça au lit ! Bonne nuit les petits, dormez bien et surtout LONGTEMPS !!

 

thumb_img_5946_1024

YOUHOU : On peut commencer à picoler !!!
Pompélup ! Soirée meuf !! C’est la joiiiiiiiiie dans nos vies !!

Laurie fait une drôle de tête.
Elle a la migraine.
Mais genre une putain de migraine de sa race.

Oh ben non copine, pas maintenant ! Tiens, bois un coup, ça ira mieux !

Ca va pas mieux. 

Mange un bout,  tu verras la pizza ravioles ça fait dégager toutes les migraines de la terre !

Toujours pas.
Bois un 2eme coup ?
Non ?

Bah viens on va se vautrer sur le canapé et papoter jusqu’à mourir de fatigue alors … le week end ne fait que commencer après tout ! 

Jour 2 : Samedi

thumb_img_5951_1024

Réveil à je-ne-sais-plus-trop-quelle-heure, coup d’oeil à la fenêtre : il pleut grave.
Nan mais c’est quoi ce pays ? Ah ça c’est sur, ça peut être verdoyant, il pleut sans discontinuer depuis des heures.

Samedi, c’est jour de marché dans la petite ville pas trop loin de la-maison-de-la-montagne.
Laurie veut m’y emmener pour acheter officiellement des légumes mais officieusement du fromage.

OH CON.

Franchement les filles, les mamans je veux dire, enfin les papas aussi bien sur, les parents quoi, vous avez tout mon respect parce qu’avec 2 loulous, un petit truc tout simple genre aller acheter du fromage au marché devient l’expédition de l’année : mets les vestes, enlève les vestes, mets les chaussures, enlève les chaussures, les sièges autos à boucler (j’ai bien mis 1 jour à comprendre comment ça marchait), la poussette, le porte bébé, les parapluies, les sacs de courses, les « j’ai envie de faire pipi », les « j’ai pas envie de marcher » : OH. MY. GOD.
Franchement, vous qui vivez ça au quotidien, laissez moi vous dire que vous êtes des SUPERS HEROINES.

 

 

thumb_img_5959_1024

Laurie se fout de ma gueule (la garce) parce que je suis nulle en poussage de poussette et que je m’accroche à chaque mini-obstacle (son fils n’est pas loin de se mettre à parler juste pour m’insulter). Non mais c’est quoi ces trottoirs tous tordus et semés d’embuches aussi ?! Putain, on est pas aidées je vous jure.

 

 

 

 

balade

Lestées en fromage, on peut remonter à la maison-de-la-montagne.
Les enfants mangent, ils partent faire la sieste, on mange à notre tour, on profite de ce temps calme pour discuter, Laurie mange un éclair au café qui était resté dehors un long moment (une précision qui aura toute son importance dans quelques heures) et quand les loulous sont réveillés, on décide malgré tout d’aller faire une petite promenade sous la pluie.

 

🎶 I’m singing the rain 🎶

 

Quand on rentre à la maison, il est encore tôt et pendant que Laurie cuisine sa fameuse tarte au camembert (#teamfromage), je surveille les enfants.
(Vous serez d’ailleurs ravis de savoir qu’aucune blessure n’est à déplorer au cours de ce séjour, je m’améliore)
Me voilà donc en train de jouer aux playmobils et d’inventer une histoire abracadabrantesque où Bernard, un scaphandrier, se rend chez ses amis Pincemi et Pincemoi.
Leur maison est un peu conceptuelle, il n’y a pas de murs et la porte d’entrée est au milieu du bâtiment. Mais, il y a des toilettes, une baignoire et un lavabo. C’est déjà ça.

 

thumb_image3_1024

Bernard arrive après un long voyage, il est fatigué et veut prendre une douche, manger et surtout … faire caca (note pour plus tard : peut être que je tiens un truc pour un futur roman … A creuser).
Les amis de Bernard, Pincemi et Pincemoi, lui préparent un plat de pâtes au beurre, tout le monde se régale parce que les pâtes au beurre c’est mégabon (on est tous d’accord sur ce point), puis ils commandent des pizzas, mais ils ont encore faim, alors ils commandent encore des sushis puis des hamburgers. Enfin repus, les amis sont heureux, c’est le plus beau jour de leur vie, les oiseaux chantent et la vie est belle, je finis par manger Bernard et allez zou on va se coucher maintenant hein !

Ouf, ça dort.
J’ai envie de mourir tellement je suis fatiguée. 
Laurie a la migraine. 
Je crois qu’on est toutes les deux au bout de notre vie. 

Et sinon les gens, c’est quoi votre secret pour survivre à ça tous les jours de votre vie, 24h/24 et 7j/7 ? Non parce que là personnellement, j’ai réellement envie de mourir tellement mon corps est vidé de sa substance.

 

thumb_img_5993_1024

On dine léger (huhu) de la fameuse tarte au camembert qui hante encore mon esprit tellement elle était bonne et on va se vautrer comme des merdes sur le canapé.

 

cartes

On boulotte du chocolat et Laurie me tire  les cartes pour savoir si la loose complète de ma vie va continuer ou si de jolies choses vont arriver, les réponses des cartes sont surprenantes mais pas vraiment le temps de s’attarder : Laurie est prise de maux de ventre incontrôlables (on identifie assez vite l’éclair au café de l’après-midi comme étant la source du problème), se tord de douleur et passe l’heure suivante à faire des allers-retours aux toilettes.

Notre amitié est en train de prendre un tour inattendu.
Je veux dire que bon, on savait qu’on allait partager la vie quotidienne toussa toussa mais là, on est carrément en train de parler de comment il était ton caca.

Cerise sur le gateau, les enfants ayant un sens du timing absolument déroutant, c’est pile poil le moment où son fils a décidé de commencer à s’agiter dans le lit.

Effroi dans les yeux de Laurie.
« Comment je vais faire pour m’en occuper si je dois retourner aux toilettes ? »
Certes.
Nous avons un problème.
Et un problème de taille. 

Je lui propose de me réveiller pour que je m’occupe de son fils et tente de le calmer si jamais elle est occupée ailleurs (clin d’oeil complice, nous savons tous ce que ça veut dire).
Lueur d’espoir dans ses yeux, il m’a même semblé qu’elle a failli m’embrasser sur la bouche tellement elle était heureuse.

Allez, on va se coucher tout en sachant que la nuit risque d’être agitée, on s’assoupit tout en restant sur le qui-vive. 

 

 

Jour 3 : Dimanche

thumb_img_6002_1024

Je me réveille en sursaut, j’ai du faire un blackout complet, je n’ai entendu ni Laurie, ni les enfants, ils sont peut être morts (ou alors c’est moi?).
En fait non, tout le monde est vivant.
Et plutôt en forme, enfin, tout est relatif quoi. 
Niveau météo, devinez quoi ?
Il pleut. Ca change.

Matinée de rangement, ménage, etc etc … Et puis plouf, il est déjà l’heure de partir. Laurie me laisse a la gare sur un suspens insoutenable : va-t-elle réussir à rentrer chez elle d’un seul trait ou va-t-il falloir s’arrêter à chaque aire de repos?.

J’ai le coeur un peu gros, comme à chaque fois que l’on se quitte, mais on sait qu’on va se revoir très bientôt, cette fois avec nos amoureux respectifs. 

Le train arrive, je suis normalement à l’étage mais franchement, je n’ai même pas la force de monter les escaliers avec ma valise, je m’effondre de fatigue sur le premier siège que je trouve, la tête contre l’accoudoir et je bave toute l’heure qui suit en ne pensant qu’à une chose : Respect infini à tous les parents du monde. 

Quand j’aperçois mon grand barbu et mon petit poilu, c’est le signe que cette fois ça y est, le week end est bel et bien terminé.

Un week-end passé trop vite encore une fois, mais qui fut riche, en émotions, en temps forts, en jolis moments, en complicité qui se renforce, en trucs qui font que l’amitié peu à peu se noue encore un peu plus fort.
Du temps précieux, juste toutes les deux, des souvenirs gravés, du quotidien et de l’adversité, des discussions sans fin et des instants volés.
Que c’est bon, l’amitié. 

💕

 

thumb_img_5854_1024

Publicités