Nouvelle lune

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A chaque vacances scolaires, c’est la même histoire. Je m’en suis rendue compte en regardant les anciens articles publiés l’été dernier et l’été encore d’avant.

La cohabitation avec un adolescent, souvent 2, 24h/24 et plusieurs semaines d’affilées, c’est difficile.
On n’a pas le même rythme, on vit en décalage, on ne se comprend pas, on n’a rien en commun et il faut sans cesse faire des efforts surhumains pour maintenir un lien, un contact, une discussion, arracher un regard ou même un sourire.

Même si parsemé de beaux moments et de tranches de vie inoubliables, le mois d’août a été  éprouvant. Beaucoup de soucis, dont je n’ai pas parlé ici car ils sortent de ce que je m’autorise à raconter sur la place publique, ont mis nos nerfs à vif.

J’ai crié, j’ai fait la tronche, j’ai dit des trucs moches à mon homme dans le genre « C’est pas mes enfants, c’est pas mon problème », je m’en suis pris à lui, j’ai cherché à le culpabiliser et insinuer que beaucoup de choses dans leur comportement d’aujourd’hui étaient de sa faute, j’ai dit qu’ils m’empêchait de vivre et de faire ce que moi j’avais envie de faire, que j’avais l’impression d’être leur esclave et que je me sacrifiais en permanence pour eux.

Tout ce genre d’horreurs qu’on dit sous la colère et qu’on ne pense pas vraiment mais qui restent suspendues dans l’air et qui font mal.
Des horreurs que j’ai honte aujourd’hui d’avoir prononcé parce qu’elles ne sont pas vraies et que j’aimerais tant effacer.
Je ne sais même pas comment il arrive à passer outre mon comportement puéril; à sa place, je me serais fait la tronche pendant des semaines tellement c’était consternant.

Je ne suis pas parfaite, je ne vis pas en permanence dans « Les Petits Bonheurs » du dimanche matin où tout est rose et où on a la patate toute la semaine. Je dis des choses que je regrette, je fais des trucs qui ne sont pas terribles, j’ai des sautes d’humeur débiles, je peux bouder comme une gamine de 4 ans et ensuite fondre en larmes comme une hystérique.

Et puis viens la culpabilité.
Celle de ne pas être à la hauteur.
D’être névrosée à la puissance 5000.
D’être en dessous de tout.
D’être la pire belle-mère du monde.
D’être la pire compagne du monde.
Dans le genre boulet qui n’est d’aucun soutien dans les situations difficiles et qui, au contraire, enfonce le clou et appuie la où ça fait mal.

Les soucis sont toujours là mais le mois d’août est fini.
J’ai l’impression, ou du moins je veux croire, qu’une page se tourne, que le mois de septembre, ce mois qui d’habitude me déprime tant car il sonne la fin de mon été adoré, sera un mois de changement.

Et comme par hasard, ce premier jour du 9ème mois de l’année commencera par une nouvelle lune : un nouveau chapitre à écrire.

Contrairement aux autres années, je l’aborde avec beaucoup d’impatience et de positivisme.
Dans quelques jours, chacun va reprendre ses activités : l’Ado reprendra le chemin du lycée, Chéri reprendra le chemin du boulot.
Mon chemin à moi, celui de l’épanouissement professionnel, se dessine petit à petit, des jalons se posent doucement mais il reste encore à défricher.

J’ai bien conscience que j’ai envie de faire des choses sans avoir le courage de les faire alors j’accuse les autres de m’en empêcher et d’être la cause de mon immobilisme.
Alors que finalement, la seule « coupable », c’est moi : Moi seule décide de ce que je fais ou non, le reste n’est que prétexte.

J’ai envie de croire que la nouvelle lune me donnera la force de FAIRE ces choses et d’arrêter de les repousser sans cesse au lendemain pour des prétextes fallacieux.

Je fourmille d’envies et d’idées, ce n’est pas ça qui manque, et pourtant, l’inconnu me fait si peur que je préfère l’éviter même si je suis persuadée que c’est lui qui m’apportera l’équilibre.

Il y a quelques années, quand je me retrouvais dans une situation inconnue que je ne pouvais pas anticiper, dans un lieu où je n’étais jamais allée ou bien face à des gens que je ne connaissais pas, je faisais des crises d’angoisses.
Elles pouvaient me prendre n’importe où, n’importe quand : dans les transports en commun, en classe, en voiture, au restaurant, au cinéma. Les plus difficiles à contrôler étaient celles qui se produisaient dans un environnement duquel je ne pouvais pas m’échapper : au milieu d’un repas avec des inconnus par exemple.
Je me disais : « Pourvu que ça n’arrive pas maintenant » et bim, tu peux être sure que 5 minutes après, mon ventre commençait à se tordre et j’avais du mal à respirer.

Dans ces cas là, il fallait que je m’éloigne, que j’aille prendre l’air, que le flux de sang circulant dans mon corps retrouve un semblant de normalité et arrête de battre à mes tempes comme un forcené. Il fallait que ma respiration se calme, que mes intestins se dénouent. Il me fallait de l’air.

Ces crises d’angoisse ont disparues du jour au lendemain, je n’en ai pas fait depuis des années.
Mais l’inconnu me fait toujours peur, beaucoup moins mais encore un peu.

Il parait qu’il faut affronter ses démons pour les apprivoiser et ne plus les craindre.
La nouvelle lune me semble être le moment parfait pour semer des graines, commencer de nouvelles choses et initier de nouveaux projets.

Alors dès demain, c’est décidé, je vais l’affronter, cet inconnu.
Lui et moi, on a beaucoup de choses à se dire.

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