Estime de soi et maillot de bain

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Ce n’est un secret pour aucun des lecteurs fidèles de ce blog : mon physique et moi, on n’est pas trop copains.

Pour résumer, je ne suis qu’un gros complexe ambulant.

Pour ne pas résumer, je n’aime pas ma peau (pleine d’imperfections), les quelques tâches d’hyperpigmentation sur mon visage, mes rides qui commencent à s’incruster sérieusement et qui ne partiront plus jamais, mes cernes permanentes et indélébiles autour de mes yeux, mon sourire, mes dents (malgré le rein lâché pour mon implant l’année dernière), mes cheveux (toujours rêches et hirsutes), mon double menton, ma poitrine (qui a 34 ans n’est plus aussi ferme qu’à 20)(et encore, je me dis que ça pourrait être pire si j’avais connu des grossesses), mon ventre mou et boudiné, mes fesses flasques, mes cuisses pleines de cellulite, mes genoux cagneux, mes mollets poilus et mes pieds tordus (là c’est pas moi, c’est mon ex qui aimait bien dire que mes pieds étaient immondes)(l’amour toussa toussa).

Et là dedans, je ne vous ai pas parlé de mon poids, qui pendant des années (et aujourd’hui encore un peu j’avoue) a été le baromètre de mon humeur. Un poids qui pourtant depuis 5 ans, est plutôt stable à 2 ou 3 kilos près et donc serait gentil d’arrêter de me prendre la tête tous les matins.

(Ceux qui suivent le blog depuis un moment se rappellent peut être de l’article où je vous raconte mon histoire avec mes kilos, les autres peuvent se rattraper en le lisant ici.)

Ce qui est drôle, c’est que quand je regarde les photos d’il y a quelques années (quand j’étais encore jeune et fraîche), je me trouve plutôt jolie, alors qu’à l’époque où elles ont été prises, je pouvais à peine les regarder sans dégoût.

Je me dis aujourd’hui que j’étais nulle car à l’époque, j’étais pas mal et que c’est maintenant que je suis moche, vieille et ridée. 
Peut-être donc que dans quelques années, je regarderai les photos de maintenant avec bienveillance tout en m’auto-flagellant sur l’apparence qui sera la mienne à ce moment là.

De l’acceptation à retardement en quelque sorte et surtout comment ne jamais être bienveillante envers soi à l’instant T.

Bon, c’est bien gentil mais je sens que vous êtes en train de penser :
« Ouais ok, la meuf elle nous dit tout ça et elle poste une photo d’elle en train de faire sa belle en maillot de bain, genre trop décomplexée de la vie : plus gros foutage de gueule EVER »

Ouais mais non.
Mettre cette photo me coûte à un point que vous n’imaginez pas mais en même temps, ça me fait du bien  : je ne m’aime pas forcément mais je crois que je tends à m’accepter, très lentement mais sûrement.

Je suis la première à fustiger les régimes avant la plage, les régimes en général d’ailleurs, à crier au scandale quand une amie se trouve grosse ou se plaint d’un complexe alors que moi, je la trouve magnifique. Je crache sur les magazines qui nous poussent insidieusement à perdre du poids et qui nous collent des mannequins photoshopés toute la journée sous les yeux (sans pour autant cesser de les acheter), et j’adore critiquer les publicités qui nous vantent les mérites du dernier produit miracle.

Et pourtant, je suis là à me réjouir pour un kilo perdu et à pleurer pour un kilo pris.

A me tartiner les cuisses d’une putain de crème anti-cellulite parce que là, non vraiment, c’est pas possible et qu’il faut faire quelque chose.

Si je pense donc avoir fait du chemin, beaucoup de chemin sur mon rapport avec tout ça et la bienveillance envers soi, je suis encore pleine de paradoxes et dans le genre « faites ce que je dis mais pas ce que je fais », je me pose là.

Je trouve les autres filles toujours mieux, mes copines toujours plus belles et talentueuses que moi. Dans la rue, je suis toujours la plus empotée; au restaurant, je suis la moins bien fringuée; chez le coiffeur, je suis celle qui a les cheveux les plus moches; parmi les blogueuses, celle qui a le site le plus modeste, qui écrit le moins bien ou qui fait les moins jolies photos; en soirée, celle qui, bien souvent, se tait car elle a le moins de trucs intéressants à raconter.

Et puis, l’autre jour, une copine est venue se baigner à la maison (et la meuf, elle est bonnasse) : on a passé quelques heures à rigoler, à papoter, à se baigner, à prendre le soleil, à manger des glaces, boire du thé glacé et à plonger dans l’eau comme si on avait 8 ans : et tant pis pour le brushing, on saute dans l’eau à pieds joints comme des gamines en faisant des (gros) ploufs !

Vous n’avez pas idée à quel point c’était bon de faire comme si on avait 8 ans.

Le soir, j’ai regardé les photos débiles qu’on avait prises pendant cet après midi là et après une forte envie de vouloir tout effacer, j’ai essayé pour changer d’y poser un regard bienveillant.
Un peu comme si ça n’était pas moi mais une bonne copine qu’on aime bien.

Dire que je m’aime sur les photos serait mentir. Je ne m’aime sur aucune photo.
Mais j’ai vu une fille qui s’amuse, qui ne pense pas à sa cellulite ou si ses nichons vont sortir de son maillot si elle saute à pieds joints dans la piscine. J’ai vu une fille qui lâche prise et qui arrête de se torturer l’esprit.

Je ne serai jamais jolie, c’est certain, ni la plus mince ou celle qui a le plus de styleje ne serai jamais la plus intelligente, la plus drôle, la plus talentueuse, celle qui écrit le mieux ou qui fait le plus de trucs de fous dans sa vie.

C’est comme ça, je suis et serai toujours imparfaite. 
Mais finalement, le plus important, ce n’est pas d’être parfaite, c’est d’être parfaitement soi. 

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