Et l’odeur du lilas

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Les jours s’égrènent et les mois passent.
Les années s’écoulent et les souvenirs s’accumulent.
Ils s’amoncellent, comme une pile de vieux papiers au coin d’un bureau.
Certains prennent la poussière et certains s’effacent.

D’autres ressurgissent, au détour d’une rue, réminiscence d’une vie antérieure que l’on pensait avoir laissée derrière soi et qui vient se rappeler à nous sans prévenir, devant la façade d’un immeuble, devant une porte-cochère poussée tellement de fois et devant laquelle aujourd’hui, on presse le pas de peur de voir en surgir les fantômes du passé.

Les yeux fermés, les doigts pourraient pourtant composer le code d’accès et les jambes monter les 3 étages à peine guidées par les notes de musique qui s’échappent de l’appartement. Pousser la porte laissée entrouverte et voir son sourire et ses pieds-nus sur le carrelage froid.
Entendre encore sa voix, sentir encore son souffle rauque et sa main tremblante.
N’en repartir qu’à la nuit tombée, quitter la lumière et regagner les ténèbres, les pas claquant sur le pavé, après avoir passé des heures à refaire un monde qui n’existe plus, à rêver d’un ailleurs qui n’existera jamais.

A partir de quand le possible est-il devenu l’impossible ?

Au détour d’une rue, tout ressurgit :
Un paysage qui défile par la fenêtre d’une voiture qui roule vite, beaucoup trop vite.
Une brise légère qui fait voler une mèche de cheveux.
Une musique festive et insouciante.
Et juste avant l’impact, un rire aux éclats et l’odeur du lilas.

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