C’est bizarre, le bonheur

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Ca fait déjà quelques semaines que je vous le dis dans les rétrospectives du dimanche mais en ce moment, je suis dans une phase de bien-être assez remarquable pour une fêlée du ciboulot comme moi.

Quand j’y réfléchis et que j’essaie de comprendre pourquoi (oui, je suis cette nana qui ne peut pas se contenter de profiter de la douceur que la vie lui offre mais qui a besoin de tout analyser … c’est épuisant mais on s’y fait), je me dis que c’est à la fois très simple et très compliqué.

Si je suis heureuse en ce moment, c’est tout simplement parce que la vie que je mène aujourd’hui me correspond parfaitement. Je suis là où j’ai envie d’être, avec les personnes avec qui j’ai envie d’être, à faire ce que j’ai envie de faire.

On a 1001 projets en tête avec Chéri qui nous motivent, qui nous tirent vers l’avant et qui alimentent nos conversations sans fin, des projets longs et difficiles à mettre en place mais qui avancent petit à petit, à pas de fourmi …
Des projets pour lui, des projets pour moi, des projets ensemble.
Et puis, il y a d’autres projets inattendus qui tombent du ciel, qui ne verront peut être pas le jour au final mais qui motivent aussi, qui boostent, qui donnent envie …

En attendant, même si je me plains de ne pas y arriver et que je ne sais pas si je vais y arriver, je prends un plaisir monstrueux à faire ce que j’aime, je sais que l’homme que j’aime est heureux de faire ce qu’il aime, j’ai une grande confiance en mon couple (confiance : coucou le mot nouveau dans mon existence) et je ne suis pas, comme d’habitude, assaillie de doutes à ce propos, et hormis les quelques petits bobos inévitables, mes proches sont en bonne santé …

Objectivement, tout va bien.

Mais c’est bizarre le bonheur …
Je n’étais pas habituée à cette sensation, moi la grande angoissée, névrosée, anxieuse, pleine de doutes …
Il m’a fallu un temps pour l’identifier et le nommer.

Et puis, comment ça nait exactement le bonheur ? Est ce qu’il vous saisi du jour au lendemain ou est-ce un long processus, quelque chose qui s’immisce en vous petit à petit et dont on ne prend conscience qu’à partir d’un certain seuil ?

A partir de quel seuil commence-t-on à le ressentir ?

Est ce qu’il dépend d’événements extérieurs ou est-ce à nous de le faire grandir ?

Parce que s’il ne dépend que des événements extérieurs, pourquoi parfois quand tout a beau aller objectivement bien, il ne vient quand même pas, ce satané bonheur ?

Pourquoi lorsque tout va bien, on ne peut pas être seulement dans l’ici et maintenant et on ne peut pas s’empêcher de se projeter plus loin, d’avoir peur et d’imaginer le pire, d’être persuadé que le ciel va se noircir tout à coup ?

Je n’ai pas la réponse à toutes ces questions.
Si j’avais la recette du bonheur, croyez bien que je la partagerai bien volontiers.

Aux yeux de beaucoup, je sais que la vie que je mène parait inutile et improductive et ils ne manquent pas de me le faire savoir …

Je ne travaille pas donc je ne gagne pas d’argent ou si peu (d’ailleurs pour ceux qui pourraient croire que c’est facile à dire parce que je profite des allocations chômage (je sais qu’il y en a) sachez que la société m’entretient à hauteur de 0€ par mois)

Je n’ai pas d’enfant donc je ne sers même pas au renouvellement des générations ou à faire monter la moyenne du taux de fécondité…

Mais où est donc ma place dans la société ?

Euh … DTC? (pardon)

Et bien malgré tout, cette vie me rend heureuse.

Oui.
Sans compte en banque qui se remplit chaque mois à la même date.
Sans poste à responsabilité qui rapporte.
Sans carrière de dingue avec laquelle je pourrais frimer en soirée.
Sans voiture toute neuve et qui roule bien.
Sans vacances au ski l’hiver et à la mer l’été.
Sans voyage une fois par an à l’autre bout du monde.
Sans restaurant ou brunch du dimanche dans un 4 étoiles.
Sans pouvoir m’acheter le dernier vêtement à la mode ou la dernière crème anti-cellulite qui dégommerait tous mes capitons (oui, c’est une obsession)
Sans réunion de bon matin devant l’école des enfants pour dire que la maitresse est quand même pas top-top.

Et ça, pour une nana qui vit en permanence dans la culpabilité et le doute, c’est quand même une chose incroyable que de se dire : « c’est ça que je veux » et de le vivre sereinement. 

Cela ne veut pas dire que tout est merveilleux, loin de là.

N’oubliez pas que ce que vous lisez sur ce blog est uniquement ce que j’ai bien envie d’y raconter et qu’il ne correspond pas à 100% de la réalité. Ce n’est la partie visible de l’iceberg si j’ose dire.

Il faut souvent gérer les frustrations, faire des choix et des sacrifices parce qu’on est pas que 2 à la maison et qu’on ne peut pas faire tout à fait ce que l’on voudrait, accepter qu’on ne pourra pas tout faire et que certains projets vont devoir être mis de côté, voire remisés dans les oubliettes même s’ils nous tiennent à coeur…

Financièrement, parce qu’il ne faut pas se leurrer, c’est quand même le nerf de la guerre de notre société, tout n’est pas rose.
On est bien loin d’être à plaindre : on a un toit au dessus de notre tête et à manger dans le frigo, c’est l’essentiel.
Le reste, ça va, ça vient, c’est en dents de scie. Il faut compter, faire attention, renoncer, accepter de trembler quand un imprévu nous tombe dessus ou quand une facture arrive, vivre avec des trucs cassés, qui fuient, moches, vieux et s’en accommoder tant que ça marche… et d’autres choses aussi que je ne dirai pas ici car cela sort des limites de ce que j’ai envie de raconter sur ce blog mais non : ce n’est pas la vie de château. 

Dans ce choix de vie aléatoire, il faut penser toujours au lendemain et préférer la sobriété, même dans les périodes un peu plus fastes que d’autres.

Car je sais aussi que rien n’est immuable et que la roue tourne, dans le bon comme dans le mauvais sens, que mon humeur est joueuse et capricieuse… Tout peut s’arrêter d’un coup, tout peut repartir très vite …

En attendant je profite …
Je profite pleinement de ce petit pincement au ventre qui me saisit dès le matin.

Cette joie, jusqu’alors inconnue, de me lever avec le sourire et impatiente de voir ce que la journée nous a réservé.

Est ce que j’ai tout ce que j’aime ? Non.
Est ce que j’aime tout ce que j’ai ? Oui.
Et cela me suffit.

Il est là, peut être là le bonheur.

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