Le jugement

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J’écris rarement ici sous le coup de l’émotion et pourtant, je sens aujourd’hui que j’en ai besoin.
Ecrire c’est se confronter au jugement des autres et je ne sais pas si je suis assez forte pour ça.

En fait, je SAIS que je ne suis pas assez forte pour ça.
Je ne suis pas forte, non, mais lourde, lourde comme mon écriture. Et maladroite aussi.
A retravailler.

J’étais dans une bonne énergie, j’étais lancée, contente de ma dynamique. Il était peut être trop tôt pour m’ouvrir au jugement extérieur.

Les premiers retours, même s’ils sont intéressants et constructifs font parfois mal parce qu’ils me renvoient à la chose que je crains le plus : être nulle.

Alors ok, c’est quoi être nulle ? Ca ne veut rien dire on est d’accord. On est toujours nul pour quelqu’un et moins nul pour quelqu’un d’autre. Et puis l’important c’est de sortir ce qu’on a envie de sortir, pas ce que les autres vont en penser.

OUAIS C’EST SUR.

Et puis franchement j’imaginais quoi ? Que le monde entier allait s’extasier pour 3 phrases toutes pourries ?

N’importe quoi.

J’ai l’impression de peser 2 tonnes. Quand Chéri est rentré du boulot hier soir, j’avais les yeux et le nez un peu rougis.

Il m’a demandé si ça allait et j’ai eu honte d’avouer qu’une petite remarque fait que je n’ai pas le courage de continuer pour l’instant. Que je suis trop sensible pour ça. Que j’ai envie de tout brûler et ne plus y penser. Que c’est du grand délire et que je n’y arriverai jamais. Que mon truc c’est le blog, voilà le blog c’est bien, un article de temps en temps, quelque chose de bref où je raconte des conneries et où on rigole bien mais pas un roman, n’importe quoi. Que je vois les autres écrire, arriver à mettre un point final et être publiés mais ce sont les autres, ce sont des battants, ils défendent leur bifteck bec et ongles, ils sont forts et courageux. Je ne suis pas de ceux là.

J’ai répondu : « oui oui, ça va, je suis un peu fatiguée, c’est tout »

Et puis dans la soirée nous avons parlé, beaucoup.

Il m’a dit  : « Est ce que tu sais le nombre de fois où l’on m’a dit que c’était de la merde ce que je faisais ? »
« Est ce que tu crois que ça me fait plaisir qu’on dise à longueur de temps que ma peinture est noire et torturée? »
« Qu’on me refuse des expos pour ça ? »
« Bien sûr que non, mais depuis le temps, j’ai appris à me blinder »
« Il faut accueillir la critique, parce qu’elle est toujours intéressante à entendre mais il ne faut pas oublier qu’elle est subjective. Quelqu’un critiquera telle chose alors qu’un autre va l’adorer »
« Tu écris pour quoi ? pour qui? Si c’est pour te faire aimer, arrête tout de suite »

« Tant que tu ne te mettras pas dans le crâne que tu écris pour toi et pas pour faire plaisir aux autres, tu vas te rendre malade »
« Il faut que  tu sois bien consciente que lorsque tu produis un travail artistique quel qu’il soit, tu le jettes en pâture au jugement des autres et c’est de la charpie. Il y aura toujours des gens qui vont dire que c’est minable. Des gens qui par jalousie ou par méchanceté vont tout faire pour te faire du mal. Il faut t’y 
préparer sinon tu vas devenir dingue »

Il a raison, évidemment (ne lui dites pas mais il a souvent raison)
Ses paroles m’ont fait du bien, je me suis endormie apaisée, avec ses mots et sa sagesse dans les oreilles.

Ce matin est un nouveau jour, j’ai espéré que ce petit coup me donne de la force pour rebondir de plus belle mais mon humeur est toujours grise comme le ciel et mon esprit plein de doutes.

Je ne sais plus et pourtant ce matin j’ai ouvert mon fichier … et j’ai continué.
Oh pas beaucoup … une phrase ou deux.
Mais des phrases que j’ai aimé écrire.
Ca suffit.

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