Tout ça pour 4 morceaux de papier …

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J’avais prévu éventuellement de vous parler de cette dispute qui a eu lieu samedi soir à la maison, histoire d’évacuer un peu la tension, mais à vrai dire, je ne vois pas quoi dire de plus que ce que je n’ai déjà dit dans cet article ou encore celui là.

Etre mère n’est pas facile loin de là, mais rassurez-vous, être belle-mère non plus. La chose qui diffère peut être un peu, c’est  qu’ayant pris son éducation en cours de route si j’ose dire, je ne peux que constater ce qui a été fait en me gargarisant que « moi jamais je n’aurais fait comme ça ». N’ayant jamais eu à élever un enfant et à faire des compromis entre mes beaux discours et la réalité, c’est facile à dire, forcément.

Il n’empêche que samedi soir donc, épuisée après avoir passé la journée entière à faire toutes les corvées dans la maison tout en gardant un oeil sur les travaux, après avoir fait le ménage 10 fois pour évacuer toute cette poussière, après avoir passé une heure dans les embouteillages pour aller acheter des hamburgers de folie dont tout le monde parle en ce moment, pour leur faire plaisir, après avoir raqué 50€, après l’avoir vu manger son hamburger sans aucune joie ni aucun plaisir, sans aucun commentaire ni aucun mot, comme s’il n’avait dans son assiette qu’une merde infâme, après lui avoir demandé 4 fois de débarrasser (débarrasser = ramasser les 4 papiers des hamburgers et les 4 barquettes de frites pour les mettre dans le sac en papier. Temps d’exécution : 3 minutes), et après qu’il ait refusé en disant que ce n’était pas à lui de faire ça, j’avais beau savoir que les ados testent les limites et cherchent la provocation, qu’il faut toujours garder son calme et préférer la discussion à l’énervement, que les hormones ça les travaillent blablablabla, j’avais juste envie de lui coller une bonne grosse gifle dans la figure.

Très énervée, j’ai dit « bon ok, on sait comment ça va finir » et j’ai voulu me lever pour le faire. Chéri m’a bloqué en m’interdisant de bouger. J’ai forcé le passage, il m’a bloquée plus fort, je me suis fait mal après avoir finalement réussi à me dégager. J’ai pris ces maudits papiers comme une furie, je les ai fourré dans le sac que j’ai balancé dans un coin (je me suis trompée sur le temps d’exécution : 20 secondes) et dans un magistral : « C’EST VRAI QUE C’ETAIT DIFFICILE », je suis allée me coucher en les plantant là.

Saturday night fever.

J’ai entendu l’Ado et son père se disputer, puis l’Ado s’enfermer dans sa chambre en claquant la porte, et quand Chéri m’a rejoint, j’ai pleuré. J’ai dit des trucs super maladroits lui faisant porter toute la culpabilité, comme si c’était lui qui était responsable et pas son fils. J’ai dit que demain, je partirai toute la journée, que j’en avais rien à foutre, qu’ils se démerdent, que j’allais faire ce que MOI j’avais envie de faire, que j’en avais ras-le-bol de donner, donner, donner et de me sacrifier, que j’avais l’impression de ne vivre qu’une semaine sur deux, qu’ils me volaient la moitié de ma vie, que je n’étais pas prête à ça quand je l’avais rencontré, que c’était trop dur et trop cher payé, que si son fils n’avait pas à débarrasser, moi je n’avais pas à le supporter.

Bref, des horreurs.

Après une bonne heure de discussion, je me suis endormie épuisée dans mes larmes. Le lendemain, même si la boule dans ma gorge était toujours bien présente, la nuit m’avait un peu apaisée. Inutile de vous dire que j’étais loin d’être une  femme Barbara Gould (s’endormir en pleurant étant toujours le gage d’un visage frais et reposé). Le repas du midi a été le lieu de règlements de compte, re-disputes, explications stériles et inutiles, l’Ado s’enfonçant dans sa stupidité d’Ado et son père se cognant à un mur… La journée entière a finalement été tendue … pour une histoire ridicule de papiers pour hamburgers.

Cela semble sans doute stupide et exagéré de ma part raconté comme ça, mais ajouté à une agressivité et une tension permanente, il y a parfois de quoi péter les plombs.

J’ai fini par m’excuser auprès de Chéri, m’excuser pour ne pas avoir fait la part des choses et avoir été super maladroite en l’accusant du comportement de son fils, alors que de toute évidence, il n’est pas responsable.

Il m’a confié son impuissance, son désarroi quant à la manière de gérer, son ras-le-bol lui aussi, et ses peurs que tout ça nous déchire. Et il a conclu en disant que forcément, cela abîme notre couple mais qu’à ses yeux notre amour, au fil des ans et des épreuves, était de plus en plus précieux.

Un peu comme un objet ancien a-t-il dit, un objet qui prend des coups, qu’on fait tomber, qui rouille un peu, qui se patine mais qui au final, est encore plus beau et qui a bien plus de valeur qu’un objet neuf. 

Et alors, après avoir voulu prendre mes jambes à mon cou et m’enfuir très très loin, j’ai mis ma tête contre son épaule, il m’a serré très fort et j’ai compris qu’il avait raison. 

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