Bonheur, angoisses et sérénité

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J’aimerais être une des ces femmes que je croise parfois, furtivement dans le métro ou quelques unes de mon entourage. Ces femmes qui rayonnent dès qu’elles entrent quelque part, qui transmettent une énergie positive, qui semblent croquer la vie à pleines dents. Ces femmes qui semblent toujours de bonne humeur, souriantes, partantes pour tout. Ces femmes qui voient toujours le bon côté de chaque chose, même difficile, qui ne se laissent pas atteindre par des petites contrariétés, qui acceptent la vie comme elle vient et qui tournent les aléas en un événement positif.

Mais je ne suis pas une de ces femmes. Je suis souvent ailleurs, pas toujours souriante, je suis celle qu’on ne remarque pas vraiment et qui ne laisse pas un souvenir impérissable, celle qui regarde sa montre, qui court partout, qui n’a pas le temps, qui fait la tête dans les transports en commun, qui s’agace quand il y a du monde ou des embouteillages, celle qui refuse de sortir par peur de la fatigue et qui au final, est fatiguée quand même.

Les gens qui me connaissent disent tous de moi que je suis une personne zen et calme. C’est souvent vrai, du moins extérieurement, et je sais que c’est l’image que je renvoie.

Par contre, intérieurement, c’est autre chose…  Je suis une grande angoissée. Je ne suis jamais calme intérieurement, j’angoisse toujours, une angoisse difficile à cerner, à décrire, mais qui est là, toujours présente.

J’angoisse pour tout, pour des questions existentielles comme le sens de ma vie, de la vie en général, sur le pourquoi du comment, sur le lien de cause à effet des choses, sur l’avant, le pendant, l’après… J’angoisse aussi souvent pour rien, de ne pas avoir réussi à faire ce que je m’étais fixé comme objectif pour la journée, d’avoir raté mon bus et d’arriver plus tard que d’habitude, de ne pas avoir réussi à tenir mon budget comme il l’aurait fallu… Je complexe de ne pas être assez organisée, de ne pas être parfaite, de ne pas réussir à tout gérer. Je complexe d’être juste moi.

C’est épuisant.

Ces angoisses m’empêchent souvent d’éprouver un réel sentiment de bonheur. Je me sens en permanence lourde, stressée, négative, grave, noire … Je vois toujours le côté négatif d’une chose avant de me rendre compte, souvent, que c’était pas une si mauvaise nouvelle que ça, finalement.

Pour toutes ces raisons, même si objectivement, tout va bien dans ma vie, j’ai du mal à me considérer comme heureuse.

Cet « exercice » hebdomadaire de la rétrospective auquel je me soumets bien volontiers m’aide souvent à me recentrer sur les choses agréables et le positif mais ce n’est pas ma véritable nature. Plutôt que « Petits Plaisirs et Grands bonheurs« , je serais plutôt dans la catégorie « Petites névroses et grandes angoisses« .

Pourtant, samedi soir, juste après avoir pris ma douche, elle m’a pris aux tripes.

J’ai vu mon homme qui travaillait à sa dernière toile, mon chien qui ronflait sur le canapé, une musique que j’aime qui tournait en fond sonore, la douce odeur de notre repas du soir qui se dégageait du four…

Et je l’ai senti.
Il a serré mon ventre.
Il était là. En moi.

Le bonheur.

Je me suis sentie pleine et sereine.
Je voulais être nulle part ailleurs qu’ici dans cet instant présent.

Je ne pensais plus à ce qu’il aurait fallu que je sois ou ce qu’il aurait fallu que je fasse mais simplement au moment.

J’ai lâché prise. 

Mes yeux m’ont piqués un petit peu… Il faut dire qu’il m’a surpris, ce sacré bonheur, de pointer son nez comme ça, sans prévenir.

Je ne sais plus vraiment à quand remontait sa dernière visite, mais c’était il y a tellement longtemps que je  doute même de l’avoir déjà ressenti si fort. Ca a été une impression fugace, vite repartie mais qui m’a laissé dans une quiétude toute la soirée. Un sourire aux lèvres, une impression de flottement.

Il n’est pas présent tout le temps ce sentiment, loin de là, surtout quand on est pris dans le quotidien, mais sa visite inopinée m’a fait du bien.

J’espère qu’il reviendra très vite. J’en veux encore, de ce bonheur là.

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