Se recentrer sur l’essentiel

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A la fin du mois, je n’aurai plus de travail.

La dernière fois que cela c’est produit, je l’ai choisi volontairement. Le travail, le trajet, l’ambiance, tout était devenu une telle souffrance que j’ai choisi d’y mettre fin. Quand on pleure tous les soirs en rentrant à la maison, je pense qu’il faut prendre les choses en main et faire quelque chose.

Les 9 mois qui ont suivi ont été une libération, une douce succession de moments agréables (comme moins agréables d’ailleurs) mais un sentiment absolu et inestimable de liberté chaque matin.
Pas une seconde je ne me suis ennuyée à la maison, repoussant même le moment où il faudrait retourner bosser, à la grande surprise de mon entourage qui ne cessait de me répéter : « mais tu ne t’ennuies pas? moi je ne pourrais pas« .

Ben moi, je peux. Je ne m’ennuie jamais à vrai dire.

Cette fois, c’est différent. Début octobre, j’ai signé un CDD de 6 mois qui tombait à pic puisque niveau financier, ça commençait à être difficile. Un remplacement maternité que j’ai accepté en freinant des deux pieds, juste parce qu’il fallait renflouer un peu mon compte en banque.

J’ai eu un mal fou à me replonger dans le bain, intellectuellement, physiquement, rentrer dans le moule du métro-boulot-dodo comme je l’écrivais dans cet article.

Et puis petit à petit, je m’y suis faite, et pire encore, j’y ai même trouvé du plaisir. Aujourd’hui, même si je râle que je voudrais bien rester dans mon lit quand le réveil sonne à 7H30, je suis contente d’aller au travail.

Je suis contente de ce que je fais, et surtout, chose qui je pense y joue beaucoup, j’aime être dans cette ambiance au top, avec des filles en or, où de nombreux fous rires ponctuent ces heures laborieuses.

Cette fois donc, quand mon dernier jour dans cette entreprise arrivera, ce sera pour laisser ma place à celle que j’ai remplacé. J’aurais aimé qu’elle prolonge. Qu’elle prenne un congé parental. Qu’elle fasse trainer un peu pour s’occuper de son enfant mais ce ne sera pas le cas.

Je sais par expérience qu’on a beau s’entendre à merveille, être 7h par jour non-stop ensemble, s’entraider, se raconter nos malheurs et nos bonheurs, quand l’autre personne reviendra, elle prendra ma place comme j’ai pris la sienne. On va s’écrire un peu au début, se revoir peut être une fois ou deux. Et puis, on se perdra de vue, c’est ainsi, c’est la vie, la dure loi de la vie professionnelle.

Mais ce n’est pas ça qui me dérange le plus. Ce qui m’angoisse par dessus tout, ce n’est pas non plus l’inactivité, bien au contraire, mais le côté bassement matérialiste de la chose : l’argent.

Ma situation administrative étant la même, même avoir retravaillé pendant 6 mois, je n’aurai droit à rien. Ni RSA, ni chômage, nada. Revenus : 0.

Si la dernière fois, j’étais assez sereine, cette fois ce n’est plus le cas.
Je n’ai pas envie de consulter mon compte avec la boule au ventre, d’ouvrir les factures en tremblant, pas envie d’être cette fille qui demande 100€ à son mec pour aller faire les courses ou demander l’autorisation de faire telle ou telle dépense. Je n’ai pas envie d’être « dépendante ».
Mon homme ne cesse de me rassurer sur ce point, « c’est comme ça dans les couples » dit il, « parfois c’est l’un qui ne travaille pas, parfois c’est l’autre. On a un toit au dessus de notre tête, on aura toujours de quoi manger, on est debout, en bonne santé, y’a pas à s’inquiéter, on a tout ce qu’il faut… » Puis il rajoute : « et même plus… on est ensemble » 

Comme je l’envie de raisonner comme ça, lui qui vit depuis toujours de sa passion avec tous les bons et mauvais côtés que cela suppose, les hauts et les bas, les mois avec beaucoup, les mois sans rien … Comme j’aimerais être aussi confiante.

Comme j’aimerais réussir à me recentrer sur les vraies valeurs, me dépouiller du superflu, et vivre de l’essentiel.

C’est dans les moments comme ça que je sens que j’ai encore du chemin à faire dans la sérénité.
Ce sera mon défi pour les mois à venir.

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