Ma vie de Marâtre …

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Entre deux « Petits plaisirs et grands bonheurs« , histoire de vous rassurer sur le fait que ma vie c’est pas que manger du gâteau au chocolat et aussi de me décharger niveau « envies de meurtre« , je suis venue aujourd’hui vous raconter un truc.

Je suis déjà venue chouiner ici que ma vie de belle-mère d’ado, c’était parfois pas trop le top de la folie même si la plupart du temps, tout se passe bien.
Là par exemple, ça faisait même un moment qu’on était un peu tranquille niveau « crise d’ado ». Le volcan  « je vous déteste » avait craché tout ce qu’il pouvait et l’éruption était passé.

Entendons nous bien : je ne dis pas qu’il nous posait des questions pour savoir comment on allait ou si on avait passé une bonne journée mais on pouvait lui parler et lui faire la bise sans sentir une vague de dégoût monter en lui
Bref, ça allait et comble du surréalisme… C’était même agréable.

Parfois même on riait.

Ok, pas à s’en tenir les côtes mais il arrivait qu’on plaisante sans que ça tombe à plat.

LA FOLIE quoi.

Sauf que, comme tout volcan, il n’était pas éteint. Non non, loin de là. Il s’est même réveillé en force.

Tout a commencé lundi quand, après le travail, son père et moi sommes allés se lever le cul pendant 2h sous la pluie se renseigner pour des cours de soutien qu’il réclame depuis quelques temps, puis histoire de lui faire plaisir se renseigner aussi sur la conduite accompagnée pour son anniversaire qui est dans 1 mois.

Quand on est rentrés, j’ai fait à manger un truc qu’il aime spécialement pour lui car pour nous c’était soupe (= poison pour ados). Tout ça pour dire qu’une chose l’autre, il était tard et dans mon entière dévotion de belle-mère, je n’avais pas eu une minute à moi (t’as le cheveu gras et tu sens la transpiration parce que tu ne t’es pas posée depuis 8h du matin? Tant pis pour toi).

Quand on l’appelle pour manger, il arrive en soupirant et en tirant la même tronche que si on lui avait annoncé que Beyoncé, Jay Z et tous les participants de « secret story 8 » étaient morts d’une épidémie foudroyante.

Bon gré mal gré, alors qu’il a la tête dans son assiette, on lui explique qu’on est allés se renseigner pour tout ça (pour lui donc)

Aucune réaction.
Mais genre AUCUNE de chez aucune.

Toc toc toc, y’a quelqu’un ? On vient de te dire qu’on allait débourser 200€ par mois pour des cours mais aussi qu’on allait raquer plus de 1000€ pour ta conduite accompagnée mais ça te fait rien ?

Ben non, rien.
Et pourquoi ?

Parce que son anniversaire n’est que dans un mois et qu’il voulait commencer tout de suite. Donc c’est nul.

Ok. Je me sens bouillir de l’intérieur mais je ne dis rien.

Deux cuillères de soupe plus tard, dans un silence des plus tendu, je ne peux pas. Je m’arme de ma plus grande patience et je dis « tu sais, je sais pas si tu te rends bien compte de ce que ça représente… et puis c’est quand même une grande chance … la plupart attendent leurs 18 ans pour aller travailler et se payer le permis« 

Soupir. « Pffffff, je sais mais si c’est dans un mois ça sert a rien« 

Ok, tenez moi la main, ça me démange….

Je lui explique qu’on parle de 4 misérables semaines qu’il ne va même pas voir passer, ce à quoi son père approuve et me soutient, sentant l’agacement me gagner.

Sur ce, il se lève de table, on ne le reverra pas de la soirée. Ok-merci-au-revoir-bonne-nuit.

J’ai bu une tisane « joie de vivre«  pour me détendre puis j’ai mangé du Nutella alors que je m’étais juré de faire un petit régime.
Si je suis grosse, ce sera sa faute de toute façon.

Le lendemain, à table, je suis calmée bien que j’ai encore un peu les boules de la séance de la veille. Il nous raconte, outré, qu’un copain de classe s’est fait virer du cours car il a baillé. « Comme si on avait pas le droit d’être fatigués » (fatigués de quoi? De regarder la télé? Sont cons ces profs aussi.)

Et là … Grave erreur, j’en conviens, je dis : « ça dépend de comment il a baillé. S’il baille avec la bouche grande ouverte en faisant du bruit, c’est peut être normal que le prof pète un câble« 

Il m’a fusillé du regard (prendre la défense du prof, c’est terrible, ça te fait perdre direct tous les points de sympathie accumulé depuis 3 ans) et il me dit « tu veux bailler comment? » 

Lol.

« Ben je sais pas, discrètement avec la main devant la bouche, en baissant la tête par exemple« 

Pfffff. Resoupir de sa part.

Ok donc en ce moment le concept a la maison, c’est : « je soupire des que tu ouvres la bouche pour te montrer à quel point je te déteste » 

Cool.

Je vous passe le jour ou on a passé 1h dans les embouteillages sous la pluie battante pour venir le chercher pour éviter qu’il ne se trempe (sans un merci bien entendu) (« ça va, c’est normal » qu’il a dit) ou encore la fois où il a plongé la tête dans son téléphone portable quand il m’a aperçue dans le bus un soir et qu’il était avec ses copains.

Quelle charmante semaine. Il n’y a pas eu un soir, un repas, une minute en sa présence qui n’a pas été tendue.

Parfois, je lui en veux de ne pas voir tous les sacrifices qu’on fait pour lui et de nous en vouloir pour une raison que lui même ignore. Cette mentalité adolescente qui fait que tout lui est dû. Parfois, je m’en veux à moi de ne pas avoir la patience de supporter ça ou ne pas réussir à prendre ça à la rigolade. 

Puis je me dis que ce n’est qu’un ado. Les pauvres sont pas tout à fait fini, il faut que ça se passe. Je lis sur le sujet, je vois qu’ils sont tous comme ça, mais passer une semaine dans cette ambiance électrique et cette agressivité permanente me fait légèrement péter les plombs. J’ai l’impression de ne vivre qu’une semaine sur deux.

Bonjour la vie schizophrénique.

Ce soir, il s’en va pour une semaine chez sa mère. Comment dire ? C’est moche mais dans 2h, ça va être une putain de fiesta à la maison, c’est moi qui te le dit.

(et un grand merci à Mélanie de A Little Piece of pour m’avoir envoyé ce livre plein de soutien!)

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