Rester fidèle à ses rêves

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L’homme que j’aime a depuis toujours a choisi de vivre de sa passion. Parce que c’était une évidence, parce qu’il ne pouvait rien faire d’autre, parce que c’était inscrit au fond de son ventre. Ce fut un choix difficile, souvent incompris, souvent dangereux… Il y a eu des hauts et des bas. Des mois avec beaucoup d’argent, des mois sans aucun revenu … Une instabilité au quotidien, une incertitude du lendemain. Mais pourtant, il n’a jamais renoncé.

Aujourd’hui, on peut dire qu’il a réussi : il se lève tous les matins pour aller faire ce qui le passionne. La liberté totale.
Dimanche, alors que je ne l’avais jamais fait auparavant, je l’ai regardé travailler. Je l’ai regardé jouer avec les couleurs, poser le pinceau sur la toile, donner vie à une oeuvre et se laisser porter dans un autre monde. Dans son monde.

J’ai été fière de lui et j’ai envié son courage, ses choix de vie, sa passion qui ne l’a jamais quitté. 

En ce qui me concerne, j’aurais aimé être gymnaste. Parce qu’enfant, pendant plus d’une dizaine d’années, j’étais passionnée de gymnastique. Du matin au soir je vivais gymnastique, je respirais gymnastique, je mangeais gymnastique,  je « m’entraînais » en permanence sur un matelas miteux dans le jardin, je regardais toutes les compétitions à la télé. A l’entrée au collège, j’ai même voulu faire sport-étude. Puis, ça ne s’est pas fait. Puis, ça m’a passé.

J’aurais aimé être astronaute. Parce que petite, j’étais fascinée par l’infinité de l’espace, les galaxies et les planètes. Peut être un désir inconscient de justifier le fait d’avoir toujours la tête dans les étoiles en y allant carrément. Puis, ça ne s’est pas fait. Forcément. Puis, ça m’a passé.

J’aurais aimé être ingénieur du son. Parce que depuis toujours, j’aime et je vibre par la musique. Et comme je ne sais ni chanter ni jouer d’un instrument, je trouvais ça cool de participer à la naissance et l’enregistrement d’un album de cette façon. Puis, ça ne s’est pas fait et ça m’a passé.

J’aurais aimé être mannequin. Parce que j’avais une dizaine d’années dans les années 90 et j’ai assisté à l’âge d’or des mannequins-vedettes Cindy Crawford, Kate Moss ou ma préférée Claudia Schiffer. J’avoue, elles m’ont fait rêvé et, du haut de mes 10 ans, j’aurai voulu être comme elles. Puis, bon, voilà quoi. Dame Nature ne m’a pas vraiment donné toutes les chances pour y arriver.

J’aurais aimé être vétérinaire. Parce que j’ai toujours eu un amour profond pour les animaux. Et parce que mes parents n’ont jamais voulu prendre de chien, je passais des heures avec ceux de la voisine. J’aurais voulu savoir les soigner. Ma nullité extrême en sciences et en maths ayant rendu toute carrière scientifique impossible, ça ne s’est pas fait et ça m’a passé.

J’aurais aimé être psychologue. Parce que c’est un domaine qui me passionne. Parce que, en toute modestie, je pense que j’aurais été une bonne psy et que j’aurais pu faire du bien aux gens. Mais quand il a fallu choisir une orientation après le lycée, tout le monde était d’accord sur le fait qu’il ne fallait SURTOUT PAS choisir psycho … « Tout est bouché, il n’y a pas de travail à clé » ne cessait-on de me repéter.  Alors j’ai choisi une autre voix et ça ne s’est pas fait.

J’aurais aimé être infirmière ou médecin. Parce qu’aider les autres m’a toujours fasciné, parce que j’ai un profond respect et admiration pour ces professions qui ont choisi de sauver des vies, ou en tout cas de les accompagner du mieux possible, j’aurais aimé être de ces gens qui se lèvent le matin pour aider les autres. Puis, ça ne s’est pas fait.

J’aurais aimé être journaliste. Parce que je trouve ce métier fascinant. Parce qu’aller chercher des infos, les creuser, rencontrer des gens et des univers différents me passionne. Il y a 3 ans, j’ai voulu reprendre les études et faire l’école de journalisme. Repartir à zéro mais l’expérience en plus. Et puis, j’ai trouvé un tout autre boulot et ça ne s’est pas fait.

J’aurais aimé être auteur. Parce que c’est là, c’est en moi et ça ne s’explique pas. Et puis, ça ne se fait pas.

Finalement, je fais quoi ? Rien de tout ça.
Je suis employée en CDD dans une entreprise et j’organise des activités pour les salariés.
WOW LA FOLIE.
On me demande souvent si mon nouveau travail me plaît … Oui, ça me plait : l’équipe est sympa, le boulot pas trop degeu, on rigole bien, y’a pire que de se lever le matin pour aller bosser dans cette ambiance.
Ca me plait et je passe des bons moments mais je n’aime pas passionnément, non. Je ne vibre pas pour ce que je fais.

Au lieu d’avoir 50 idées qui n’ont jamais abouties à rien, j’aurais aimé moi aussi avoir qu’une. Une seule et même passion, une seule envie depuis toujours et m’y tenir.

On devrait toujours rester fidèle à ses rêves et se donner les moyens de les atteindre.  

Et toi, tu voulais faire quoi avant ? 

PS : Sur le même thème et dans le même genre (mais mieux écrit) je vous invite vivement à aller lire le très bel article de ma blonde préférée qui m’a fortement inspirée : « On est tous des ratés« .

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