Pace e Salute

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L’autre jour, une copine m’a dit qu’elle m’enviait et que j’avais de la chance parce que « tout allait bien » pour moiet que je vivais toujours plein de trucs chouettes.

Euh allo ?

J’ai demandé pourquoi elle disait ça et elle m’a répondu : « eh bien je lis ton blog« 

Ah.

Ça m’a fait réfléchir, beaucoup. Parce que s’il est évident pour moi que ce blog n’est pas un journal intime et queje choisis volontairement ce que je veux y raconter ou non, ça ne l’est apparemment pas pour tout le monde. Bien entendu, je raconte en général les belles choses ou bien des choses que je tourne en dérision voire quej’embellie via le prisme du virtuel. A tout casser, ça doit représenter peut être 1% de ma vie réelle.

Et puis, il y a eu les bloggeuses qui se sont mises à lever le voile et à expliquer qu’elles ne « pétaient pas des papillons toute la journée » (dixit la fabuleuse Caro entre autres …)
Comme elles, ma vie n’est pas plus belle que celle de quelqu’un d’autre. Je ne suis pas une princesse. Je ne suis pas mieux ou plus heureuse qu’une autre.

Comme tout le monde, j’ai mes tares.
Je suis torturée. 
Angoissée. 
Certains jours, effectivement tout va bien. Le ciel est bleu, les oiseaux chantent, mon amoureux est à mes côtés, je n’ai pas de contraintes dans le sens où je n’ai pas à me lever à 6h pour aller me noyer dans le flot des embouteillages…
Et pourtant…
Et pourtant certains jours, l’angoisse arrive. Sans raison et sans que je sache expliquer pourquoi. Je la sens. Je la connais tellement bien depuis toutes ces années où elle m’accompagne. C’est comme quelque chose qui naît au fin fond de mon ventre et qui peu à peu le serre. Doucement d’abord, puis de plus en plus violemment. A ces moments là, je me ferme, je suis dans mon monde, je parle le moins possible, je m’isole, je ne me sens pas bien, je me pose mille question sur ma vie, sur la vie, sur le sens de tout ça et j’en viens toujours à la même conclusion : Quelle farce. Quelle épreuve.

Dans ces moments, tout m’agaceLes gens. Moi même. Et je ne suis pas tendre. Je me trouve nulle, moche, je m’octroie tous les défauts de la terre, je ne suis jamais assez intelligente, belle ou cultivée, je ne fais rien de bien, j’aimerai être une autre, quelqu’un qui accepte la vie telle qu’elle est, sans se poser sans cesse des questions sur le comment, le pourquoi, le pourquoi faire …

Dans ces moments, j’ai 11 ans à nouveau, je suis en 6ème au collège, je suis un vilain petit canard plein d’acné et avec un appareil dentaire, pas à l’aise dans ce corps qui grandit trop vite, le bouc-émissaire de la classe et la risée de cette fille qui, pendant les récréations chantait « Laurie, t’es laide » avec un air dont je me souviens encore 20 ans après.

Puis, j’ai 18 ans, et je vois ce garçon que j’aime et avec qui j’étais la veille, qui tient cette autre fille par la main, dans la rue. Je suis persuadée que je vais mourir. Là. Maintenant. Tout de suite.
Puis, j’ai 5 ans, je suis toujours malade et je grandis dans l’ombre d’une soeur à qui tout réussi, qui enchaîne les succès et dont tout le monde admire la beauté.
Puis, j’ai 31 ans et parce que j’ai tellement peur de le perdre, je suis jalouse à mourir pour 2 SMS de l’Ex de Chéri.

J’ai 31 ans et je me trouve ridicule de ne pas avoir réussi à « oublier«  tout ça. A passer outre. A digérer. 

Chéri qui me connaît par coeur sait que dans ces cas là, il faut me laisser dans mon coin car pour peu qu’une contrariété s’y rajoute, c’est l’incendie. Pas l’incendie genre je casse des trucs ou je beugle comme un âne sous LSD, non … l’incendie intérieur. Le mal-être. Les larmes parfois. Ça peut durer. 1h, 2h, la journée ou plus…

Je ne sais pas si c’est de la mélancolie, de la dépression ou de la névrose. (de la folie?) Peut être rien de tout ça ou un savant mélange des trois. Peu importe. L’essentiel est que j’ai appris à reconnaître et apprivoiser ce trait de caractère qui fait partie de moi. Vouloir le renier et l’éliminer serait peine perdue, tout comme le fait de vouloir être heureuse en permanence : ce n’est tout simplement pas possible.

Alors oui, je suis en relative bonne santé, j’ai un toit au dessus de ma tête, des choses à manger dans mon assiette à chaque repas, j’ai un homme qui m’aime et que j’aime, et je vis, c’est vrai, des belles choses et je raconte des bêtises dans mon blog… Mais tout ne va pas bien non.

Tiens, l’autre jour, par exemple …
J’avais carrément bloqué sur un TRÈS LÉGER DUVET BLOND que j’avais sur le menton et j’avais l’impression d’être aussi sexy que Conchita Wurtz … Du coup, je me suis épilée à la cire.

Quelle bonne idée.

C’est pas venu du premier coup (très léger duvet, je répète), du coup, j’ai réitéré la chose.
Résultat, je me suis brûlée.

Donc, d’une part je me retrouve avec une croûte sur le menton, mais ce n’est pas le pire : c’est une croûte en forme de Corse.

Ouais Ouais.
L’ile de Beauté.
Depuis 3 jours, je me trimballe avec une putain de croûte Corse sur le menton. (Donc si ça c’est pas une preuve que la vie n’est rien qu’une fucking bitch)

Trêves de plaisanteries, tout ça pour dire que j’aimerais bien être la Laurie de CET, celle qui occupe ses journées à faire du shopping ou à se laquer les ongles des pieds en OPI, celle qui mange du chocolat sans prendre un gramme, qui a toujours le sourire et qui fait du poney sur des arcs en ciels. 

Malheureusement, ce n’est pas le cas.
La vraie Laurie est torturée, elle a de la cellulite sur les fesses, elle s’engueule avec Chéri à propos de la vaisselle ou des enfants qui laissent traîner leurs chaussettes, son compte en banque est au bord de l’agonie, et surtout … elle a putain de croûte en forme de Corse sur le menton.

Et encore, je ne vous dis pas tout

« L’apparence n’est rien. C’est au fond du coeur qu’est la plaie »
Euripide

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