Petite histoire de racisme ordinaire

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Hier matin, je suis partie à la boulangerie acheter de la pâte à pain parce qu’on avait prévu de se faire une soirée pizza devant The Voice.
(Excuse-moi d’avoir des projets de vie)

Il était 9h30 et, comme souvent, la boulangerie était noire de monde.
J’entre, je dis « bonjuuuuuuur » aux gens (même si j’aime pas trop les gens) et, bien sagement, je fais la queue comme tout le monde.
Tout en bavant devant les viennoiseries (j’ai carrément un problème avec les croissants)(ils m’appellent, je te jure, c’est dingue)

Bref, tout à coup, absolument tous les regards sans exception se tournent vers la porte qui vient de s’ouvrir.

Un jeune couplemain dans la main, vient d’entrer et tout le monde les regarde.
Ils sont détaillés comme des bêtes de foire, des pieds à la tête par des regards soit choqués soit effarés. De toute évidence, leur présence n’est pas la bienvenue. 

Le problème ? Le jeune homme était en djellaba, chapeau et portait une barbe longue. 
Quant à sa femme, elle était entièrement cachée sous un niqab.

Ils auraient eu une pancarte avec écrit « Bonjour, nous avons 5 kg d’explosifs sur nous et nous allons tout faire péter«  que les gens n’auraient pas eu l’air plus terrifiés.

AMBIANCE DANS LA BOULANGERIE.

Ils se mettent derrière moi dans la queue.

Une fois la surprise passée, tout le monde a repris ses activités trépidantes en attendant d’être servi, tout en lançant des petits regards discrets. On sait jamais, des fois qu’ils dégainent une kalachnikov pour pas payer leur baguette.

Seul un homme, 70-75 ans, continuait à les fixer outrageusement. Il ne les quittait pas des yeux, tout en soufflant et en faisant « non » de la tête.

Son insistance était totalement abusive et irrespectueuse.
Même en n’étant pas visée par son regard, il m’a dérangé, alors j’imagine la situation du couple.

Forcément, au bout d’une minute, l’homme en djellaba lui demande « Vous avez un problème Monsieur?« 
Et l’autre de lui répondre : « Oui ! C’est pas Carnaval!! »

Nous y voilà.
Forcément, ça a dégénéré.
L’homme en djellaba s’est énervé en disant au vieux  » je ne manque pas de respect pour votre femme alors ne manquez pas de respect pour la mienne! »
Le vieux regardait ses chaussures sans plus rien dire, visiblement apeuré de la réaction que lui-même avait provoqué. Le courage incarné.
La femme au niqab suppliait son mari de « revenir près d’elle et de laisser tomber« .
Comme ils étaient derrière moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’ouvrir ma gueule de lui conseiller aussi de laisser tomber.
Personne d’autre n’a bronché.

J’ai toujours refusé de parler sur ce blog de politique ou de religion parce que ça n’a pas sa place ici.
Je ne dis pas que je suis pour la burqua, le niqab, l’extrémisme ou autre.

Mais je suis pour la tolérance.
Et la scène à laquelle j’ai assisté hier, c’était tout sauf de la tolérance et du respect. 

Parce que concrètement, à part parce qu’ils étaient différents de nous, en quoi ce couple dérangeait les gens ?

Peut être qu’ils tiennent des propos haineux sur les Français ou la France (comment leur en vouloir après ça ?).
Peut être qu’ils n’arriveront jamais à s’intégrer.
Peut être qu’ils transmettront tout ça à leurs enfants.

PEUT ÊTRE.

Ou peut être que c’était juste un couple qui venait acheter son pain et qui ne demandait rien à personne.

Je vous raconte ça parce que cette scène m’a choquée et qu’elle m’a habitée toute la journée.

Et aussi, parce que tout à l’heure, on va mettre des bulletins dans des urnes pour choisir des maires et que, en réaction à tout ça, j’ai un peu peur de ce que va faire ma ville.
Je crois qu’on devrait tous réfléchir à deux fois avant de mettre n’importe quoi dans ces putains d’urnes et se rappeler que l’histoire nous a montré que quand l’extrémisme est au pouvoir, ça ne donne jamais rien de bon.

Bon dimanche !

PS : Sinon, les pizzas, c’était de la bombe.
(n’y voyez là aucun jeu de mot)

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