Le temps de l’amour

sms

Il flotte en ce moment à la maison une douce ambiance d’adolescent amoureux.
Le fils de Chéri vient de fêter ses 15 ans et il semblerait qu’il commence depuis quelques temps à connaître les joies amoureuses.
Évidemment, nous sommes rarement au courant de qui met sa langue dans la bouche de qui dans son collège et quand on lui pose la question, il nous regarde avec dépit comme si on necomprenait vraiment rien à la vie et qu’on était deux vieux cons.

Ce qui nous a mis la puce à l’oreille ?
Oh 3 fois rien.
Peut être le « tululu« , sonnerie bien connue des propriétaires d’iphone, qui prévient d’un nouveau SMS et qui sonne en permanence chez nous.
Ou le « zzzzzz zzzzz » du vibreur quand on est à table.
Ou le fait qu’il ait en permanence la tête baissée et une lumière bleue qui reflète sur son visage.

Au début, j’ai cru que c’était le téléphone de Chéri et j’ai commencé à péter des câbles intérieurement parce que mon esprit malade prévoyant imaginait qu’il se faisait harceler de sms larmoyants de ses ex. Non parce que … Les ex, on a beau s’en débarrasser, ça revient toujours. TOUJOURS. C’est comme la mauvaise herbe. Ou la poussière. Ou les morpions aussi.
Bref. Passons.

Très vite, j’ai compris que son téléphone était aussi silencieux que le mien et que l’objet de toutes les convoitises, ce n’était pas lui.
J’ai été contente, j’avoue. 

Des SMS par milliers donc, mais aussi des conversations téléphoniques qui durent des heures enfermé dans sa chambre.

Très vite, il y a eu ce moment où j’ai pensé : « Mais que peuvent-ils bien se raconter au téléphone pendant des heures à leur âge???!« .
Là j’ai compris que, sans m’en rendre compte, j’étais effectivement devenue une vieille conne.

Mes 15 ans ne sont pourtant pas si loin et quand je m’y replonge, je n’ai effectivement pas souvenir de ce qu’on pouvait bien se raconter pendant des heures au téléphone mais il est certain qu’on restait tout aussi longtemps.

Je me suis souvenue des premières lettres enflammées que j’ai reçue. Mon petit ami, tout aussi boutonneux et appareillé que moi, avait fait la liste des trucs qu’il aimait bien chez moi. Ça allait de trucs normaux (mes yeux, ma bouche) à des trucs plus spaces (exemple : mes bras, « ni trop maigres ni trop dodus » avait-il écrit) (really? quel mec de 15 ans aime des bras?)(je ne sais pas ce qu’est devenu ce mec aujourd’hui mais il est à peu près sur qu’il a mal tourné, sexuellement parlant).
Bref, tout ça pour dire que recevoir cette lettre, qui lue aujourd’hui serait ridicule, avait été pour moi une source de joie rarement éprouvée.

Et puis, il y a eu ce garçon, à 13 ans, qui parce qu’on avait échangé quelques centilitres de salive (ça bave un max, un ado qui embrasse) croyait que ça lui donnait le droit de mettre sa main dans ma culotte. (Heu, t’es gentil chéri mais tu vas enlever ça TOUT DE SUITE)

Et puis, il y a eu tous ces regards dans la cour du collège, les confidences entre copines, les pages noircies de noms de garçons dans mon journal intime (j’étais très coeur d’artichaut et tombais amoureuse à peu près toutes les 3 heures), les râteaux qui font mal pris en pleine face, les moqueries, cette volonté d’être comme tout le monde, ces heures devant la glace à essayer d’apprivoiser ce corps disgracieux qui grandit trop vite, ces poils qui apparaissent et ces boutons horribles.

Et puis, il y a eu « le premier ». Le vrai premier. A 16 ans.
La force des sentiments. La certitude de ne jamais pouvoir aimer à nouveau après lui. Être certaine que le premier sera le dernier. 
16 ans, c’est si jeune. Est-on vraiment prêt à cet âge là ?

Quelle étrange période que l’adolescence.
Un moment où tout est une découverte, à la fois beau et terrifiant.
Il y a de la magie dans les amours adolescentes.
Elles sont pures et pleines d’espoir. On les vit pleinement, comme si on allait mourir demain.

C’est seulement après, quand la vie a apporté son lot de désillusion, que l’on porte un autre regard sur les relations amoureuses. La pureté laisse place à la méfiance. Peut être n’aime-t-on jamais aussi intensément qu’à cette période là. 

Jamais personne ne devrait pouvoir dire que les amours adolescentes, ce n’est pas sérieux.
Bien au contraire.  

Et toi, tes premiers amours ? 

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