Irina, Tatiana, Svetlana … et moi

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Depuis que le démon de la jalousie s’est immiscé en moi à cause de cette connasse de Nadine, il semble ne plus vouloir me quitter.
Cette dernière s’étant évaporée dans la nature depuis plusieurs mois (et ceci pour mon plus grand bonheur), il aurait été de bon ton que j’enterre mes vils sentiments. Mais hélas, ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé.

Car ayant perdu l’objet de tous mes griefs, j’ai eu tout le loisir de m’en trouver un autre.
Et cela a été tellement facile que je n’en ai pas trouvé un mais plusieurs : l’Ex (bien entendu, quoi de mieux que l’Ex qui envoie des SMS pour péter un plomb), les lointaines connaissances, les meufs qui promènent leur chien en même temps que nous, mais aussi la boulangère et la caissière d’Intermarché.

(Moi, névrosée ? N’importe quoi)

Le summum de l’horreur a été atteint quand cette semaine, Chéri a passé l’après-midi avec un groupe de russes pour son boulot.

Le matin, au petit déjeuner, il prend connaissance de la liste des participants et dans sa grande bonté, il me fait partager son excitation :
– « C’est dingue, Y’a que des filles! »
– « Pardon ? Il est hors de question que tu y ailles » « Ah oui? »
– « Oui regarde : Anastacia, Irina, Tatiana, Svetlana, Adriana … »
– « C’est une blague?! » « Ah oui, c’est amusant (aussi amusant que la fois où j’ai eu la turista au Maroc) Elles ont quel âge ?  »
– « Dans les 25 ans en moyenne… Plus l’interprète qui doit avoir la trentaine »
– (quelqu’un a une corde?) Ben c’est génial Chéri, tu vas te régaler.

Inutile de vous dire que j’ai passé l’après-midi dans une angoisse existentielle, à scruter l’heure qui ne passait pas, l’oeil sur mon téléphone portable imaginant qu’un autobus de l’agence Elite était en train de séquestrer mon bien-aimé. Et de lui faire des choses pas très catholiques. Contre son gré bien entendu.

Comme dans toute situation où je suis émotionnellement instablej’ai mangé au moins 3 kg de figues séchées pour me calmer. Comme ça ne marchait pas, j’ai tenté une bonne vieille valeur : le Milka au Daim. Rien n’y a fait.

Je les voyais toutes grandes, toutes blondes, toutes minces. 1m80. 90-60-90.
Toutes drôles aussi (l’humour russe, ça n’a pas de prix). Je les entendais rire tout l’après-midi tout en agitant leur chevelure platine sous son nez. Une horreur.
En plus, j’avais mal au ventre avec toutes ces fucking figues ingurgitées.

Quand le coup de fil du soir est arrivé, j’ai réussi à attendre 2 sonneries avant de décrocher et surtout j’ai essayé de tenir le plus longtemps possible sans poser LA question qui, je le savais parfaitement, me rendrait ridicule :
– Ca va Chéri ? Ca s’est bien passé ? Elles étaient jolies ? ai-je réussi à articuler calmement.
– Très bien, on a fait ci, après on a fait ça (blablabla blablabla) j’ai expliqué ceci, on a fait cela …

Il m’a raconté tout un tas de trucs que je n’ai pas très bien écouté tant j’attendais le moment propice pour glisser the question.
– Très bien, très bien … Elles étaient jolies nombreuses ?
– Une quinzaine
– Elles etaient jolies contentes ?
– Oui, très. Elles m’ont remercié je ne sais combien de fois, on a pris plein de photos tu verras …
– Super ! ELLES ETAIENT JOLIES BORDEL DE MERDE ?!

C’est Chéri qui a mis fin à mes souffrances :
– Par contre, on est loin du fantasme du mannequin russe 
– Ah ah ! tu croyais quand même pas qu’un car de bombasses allait débarquer comme ça juste pour toi ! Tu me fais rire ! (oui, je sais c’est moche de retourner la situation de cette manière )
– Qu’est ce que je m’en fous des mannequins russes! j’en ai une à la maison.

OK STOP.
On est d’accord, il y a compliment et compliment.
Ca aurait pu me rassurer. Ca aurait dû même.
Mais là c’est trop gentil pour être crédible.
Il doit avoir quelque chose à se reprocher.
C’est sûr.
Bon, je retourne à mes figues.
Sur le paquet, y’a marqué « source d’énergie ».
Je vais en avoir besoin pour combattre Irina, Tatiana et tous les autres meufs en -a.

Et toi, une petite névrose à partager ?

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