Oh oui vas y !

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Tous les jours, un peu après midi, Chéri et moi nous nous envoyons le même texto.
« On se tel à la pause? »
Et le destinataire du-dit SMS répond automatiquement : « Of course« .

Pas un jour ne passe sans ce petit rituel (y’en a qui disent que la routine tue)
Le coup de fil qui suit est généralement sans surprise puisqu’il reprend oralement toutes les informations trépidantes que l’on s’est déjà donné dans les 312 SMS échangés dans la matinée.

Sans surprise donc jusqu’à ce jour où Chéri, qui venait de manger avec son fils, me dit : « il nous a entendu faire l’amour hier soir« 
(Pour du vrai, il n’a pas dit « faire l’amour » mais comme ma mère lit ce blog, je suis obligée d’y apporter un peu de finesse)

J’étais en train de manger.
Un morceau de quiche (chèvre/épinard)(jusqu’à présent délicieuse) s’est logé en travers de mon oesophage et j’ai commencé à manquer d’air.

Ok, on se calme… Inspiration. Expiration. Inspi…

« Il dit qu’il a entendu des bruits et t’a entendue gémir« .

*Allez tout de suite me chercher un défibrillateur, on est en train de la perdre*

Avec une voix suraiguë (qui pourrait s’aparenter à celle d’un petit chaton sous acide et atteint de tachycardie) j’ai dit :  « QUOOOOIII ? MAIS C’EST N’IMPORTE QUOI !!! »

Le truc le plus dingue, c’est que, bien que mortifiée, que dis-je, terrassée par la hontej’étais plutôt bien placée pour savoir que ça n’était PAS POSSIBLE.

En effet cette nuit là, le seul bruit qu’il ait éventuellement pu entendre était celui de mes ronflements. (seriously ? à 2h du mat? il croit qu’on est des bêtes ou quoi ?!).
Mais comme je suis une princesse et que je ne ronfle jamais, c’était tout bonnement impossible qu’il ait entendu du bruit.

Il a donc fallu expliquer à un ado de 14 ans débordant de testostérone de tous les côtés que la seule et unique vie sexuelle que nous avons eue la nuit précédente, c’était dans sa tête.

Dieu merci, son père s’en est chargé et je n’étais pas là.
(C’est dans des cas comme ça que je me dis que c’est chouette, un travail)

Il a été plutôt rassuré puisqu’en vérité, le fait d’avoir cru nous entendre l’avait, je cite, « un peu dégoûté« .

Je pensais que cette histoire était enterrée et qu’on en parlerait plus jamais de la vie quand, coucou! surprise!, elle est ressortie du chapeau au moment du dîner.
Chéri trouvait ça apparemment très drôle (« Hu hu hu, ça te travaille dis donc ») et moi me trouvant obligée de justifier mes gémissements inexistants « Peut être que je rêvais« .  (je me serais filé des baffes, je te jure).

Voilà, sinon la vie de famille, c’est cool.
Bisous.

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