Valentine’s day @Gaucho Grill

gauchogrill

A Londres, on trouve un chaîne de restos argentins qui s’appelle : Gaucho Grill. Il doit en avoir 6 ou 7 sur toute la ville, ce qui m’a somme toute un peu surprise. Mais apparemment, si on en croit le nombre de restos de grillades croisés sur notre chemin : l’Anglais aime la viande.

Le Gaucho Grill est un restaurant très hype, où la hypitude est telle que tu te sens has-been dès que tu y mets un orteil. 
Avant de partir, tu savais pas trop quoi te mettre (comme d’hab) donc tu as opté, pour une marinière qui est paraît-il LE vêtement indémodable. C’est pas moi, c’est Jean Paul Gaultier qui l’a dit.

Bref, c’est raté, tu l’es quand même, et tu tuerais pour retourner à l’hôtel te changer. 
Du moment où tu rentres dans le resto jusqu’au moment où tu vas t’assoir, tu vas être assailli par 6 personnes :

1. La femme qui te guette derrière la porte et t’accueille avec de grands “Helloooooooooo” tout mielleux.
2. La femme qui vérifie si tu as bien réservé.
3. Une autre femme te demande si tu veux boire un verre au bar en attendant d’aller manger
4. La femme du vestiaire qui te demande si tu veux lui donner ta veste.
5. Tu traverses tout le resto (très grand) avec un mec fashion qui te conduit jusqu’à ta table.
6. Une personne vient te voir en t’expliquant que ta serveuse sera unetelle et c’est elle qui va s’occuper de toi ce soir (pourquoi c’est pas unetelle qui vient directement, j’en sais rien)

Dans un resto normal, toutes ces étapes sont faites par une seule et même personne. 
Pas ici. 
Donc, autant te dire qu’avant d’avoir vu ta serveuse (la 7ème personne), t’es déjà épuisée. 
Garde bien en tête que toutes les conversations se déroulent en anglais, sur fond de musique tendance lounge, à la limite du fort.

Donc, quand tu t’assois, ton cœur bat à 200 à l’heure et tu n’as qu’une seule envie : qu’on te laisse 5 minutes pour souffler. Ça n’arrivera pas. Unetelle te saute dessus aussitôt tes fesses posées. Le moment du choix du menu t’offre un peu de repos, mais relatif car tu n’y comprends pas grand chose. Comme Unetelle doit avoir l’habitude, elle vient te donner des explications. Ça n’aide pas le moins du monde et, tu te contentes de sortir des “yeah, yeah, ok”, toutes les 2/3 phrases histoire d’avoir l’air dans le coup.

Mais comme elle a bien remarqué ton désarroi, elle se ramène avec une planche où sont représentés en 3D les morceaux de viande que tu peux choisir. Genre un puzzle sanguinaire un peu glauque. Bref, l’intention est bonne, mais dès qu’elle part avec tu as déjà oublié le nom de la pièce.

Une fois tout ça commandé (au hasard), tu peux enfin souffler et apprécier le cadre. Enfin pas trop car on est dans le noir, juste éclairés par quelques bougies chauffe-plats. La lumière c’est pas “in” apparemment. Bref, tu peux surtout regarder les gens et ça j’aime bien.

D’autant qu’a coté de nous, y’a un spectacle : Monsieur a demandé Mademoiselle en mariage. Et ça a l’air sacré chez les English. La fille, moulée dans sa petite robe noire (l’autre indémodable) avec échancrure XXL dans le dos, maquillée d’une façon que même pour Halloween tu hésiterais à sortir, n’arrête pas de pleurnicher dans son téléphone : 
” OOooohhh my God, he proposed to me… hiiiiiiiiiii, I can’t believe it, I can’t stop crying… Yes yes, I’m engaged, hiiiiiiii”.

Bitch.

Là tu fais genre “Dans un an, ils se séparent, ça sert à rien de faire tout ce foin”, “tout ça pour une vulgaire bague en plus”.

Ah oui, c’est vrai que c’est la Saint Valentin ce soir, j’y pensais plus.”
En fait, tu le sais depuis l’instant où tu as ouvert les yeux ce matin mais jamais tu l’avoueras. 

Cette biatch commence à devenir vraiment exaspérante. En plus, sa robe la boudine. La pauvre. Puis connaître les affres du divorce à son âge, c’est moche.

Toi Jalouse ? Pfff, n’importe quoi ! En même temps, si t’avais voulu être demandée en mariage, t’aurai pas mis une marinière. Parce que sans rire, qui est capable d’être demandée en mariage en marinière ? No one. Et ouais. Toi aussi, t’aurais pas mettre ta robe fashion qui te fait un cul de bombasse. Et même le mec de la biatch aurait voulu t’épouser toi. Mais tu es bien au-dessus de tout ça. D’ailleurs, l’essentiel vient d’arriver : les plats.

Enfin, la partie la moins marrante de cette soirée placée sous le signe de l’Amour (après le paiement de la note à 10 000 €) a été de regagner l’hôtel en ayant ingurgité une bouteille de vin rouge à 14%. Entière la bouteille. Plus les 2 bières et le cocktail en attendant le repas à 22h30, mais ça compte pas, c’était l’apéro…

Le trajet du retour, de nuit, ivre, dans une ville inconnue s’apparente au parcours du combattant : savoir quel bus on doit prendre, où se trouve l’arrêt, l’attendre 15 minutes dans le froid, aller à un autre arrêt parce qu’on s’est trompé, et une fois dans le bon bus, essayer de reconnaître l’arrêt dans la nuit noire… en luttant pour ne pas s’endormir : ça fait beaucoup.

J’ai échoué lamentablement à la dernière étape. Mais j’assume aussi : la faute au vin argentin.
Puis, bon j’ai dormi dans un double deck’ : je suis sûre que tu peux pas en dire autant.
Ne sois pas jaloux, c’est ça, la classe internationale.

Ou pas.

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