Lectures de décembre

IMG_1997Alors que je viens tout juste de regagner un lecteur masculin qui avait fui à une époque de surabondance littéraire, je poste un message sur mes dernières lectures.

Non pas que je cherche à le faire fuir mais j’aime jouer avec le feu. 
(Tu peux revenir après Yemmip, promis).

L’heure est donc venue de faire un petit bilan lecture du mois de décembre. Un mois peu dense en lectures rapport que j’ai pas mal traîné avec le Murakami et que j’étais bien trop occupée à procrastiner.

  1Q84 – Tome 1 (Avril à juin ) d’Haruki Murakami

Un livre reçu gracieusement dans le cadre du match littéraire organisé par Price Minister en septembre, et qui pour la petite histoire ne m’est parvenu que début décembre (par ma faute d’abord, puis par celle de la Poste – On critique un peu la Poste ? non ? bon ok.)

1Q84 donc… La quatrième de couverture commence comme ça : « Le passé – tel qu’il était peut être – fait surgir sur le miroir l’ombre d’un présent – différent de ce qu’il fut ? » Un évènement éditorial sans précédent. Une oeuvre hypnotique et troublante. Un roman d’aventures. Une histoire d’amour. Deux être unis par un pacte secret. Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d’Aomamé …

1Q84Ce roman alterne à chaque chapitre, l’histoire d’Aomamé et Tengo qui n’ont à première vue, rien à voir l’un avec l’autre, si ce n’est le même âge (29 ans). La première est une tueuse à gages qui trucide sans état d’âme les responsables de violences conjugales. Professeur de mathématiques, le second est un apprenti romancier appelé à réécrire un récit imparfait. Pendant de nombreuses pages, on se demande où Murakami veut nous emmener. Le roman traite des thèmes variés : la religion, des liens familiaux, de la violence, du meurtre, du sexe, de l’Histoire et de l’écriture, il sonde les méandres de la société japonaise, dénonce notre souci de raison et la prétention des récits traditionnels à imposer un ordre logique au réel. Le deuxième tome est sorti en même temps que le premier et le dernier opus est prévu pour 2012.

N’étant ni fan des romans en plusieurs tomes, ni du côté fantastique, j’étais à première vue peu receptive à ce roman. C’est pourtant une bonne surprise. Malgré quelques longeurs, détails inutiles et une intrigue qui peine à démarrer, j’ai pris plaisir à suivre cette histoire, qui en effet bouleverse la logique de pensée traditionnelle. 
Une découverte intéressante donc mais qui me laisse un avis mitigé. Sans être déçue, ce roman ne me laisse pas une envie furieuse de lire la suite. Je le ferai sans doute, pour ne pas laisser cette histoire intrigante le bec dans l’eau mais sans impatience fiévreuse. 

En tout cas, un grand merci à Remi de PriceMinister, pour sa patience, son humour, et sa persévérance qui m’ont permis de découvrir ce roman !  (résultats du match littéraire ici)

hygiene de l'assassin
Hygiène de l’assassin d’Amélie Nothomb

Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n’a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l’écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c’est qu’aucune forme ne s’apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l’interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres

Contrairement à 1Q84, j’ai dévoré ce roman en 24h. Ne connaissant Amelie Nothomb qu’avec Stupeur et Tremblements et Tuer le Père que j’avais peu apprécié, j’étais un peu septique sur ce roman. La surprise n’en fut que meilleure. Ce roman (qui est le tout premier de l’auteur) est une petite pépite que je vous conseille. Les dialogues (quasi totalité de l’oeuvre) y sont excellents, la joute verbale de haut niveau, cruelle, cynique et acharnée. 
Un petit coup de coeur de fin d’année donc.

chameau_sauvageLe Chameau Sauvage de Philippe Jaenada

 » Un jour, ce n’est rien mais je le raconte tout de même, un jour d’hiver, je me suis mis en tête de réparer le radiateur de ma salle de bains (…). Je ne sais pas ce qui m’est passé sous le crâne ce jour-là, je me suis cru l’un de ces magiciens de la vie pour qui tout est facile. Il faut dire que jamais encore je n’avais été confronté à de réels obstacles, (…) alors naturellement, j’étais naïf. « 
Halvard Sanz est un gentil garçon. Signe particulier : doué pour les catastrophes en série. Il y a des gens qui n’ont pas de chance mais qui, genoux à terre, toujours se relèvent. Halvard est de ceux-là. Quête initiatique, roman picaresque, amour allégorique, loufoques aventures servies par une verve intarissable… Mais le chameau sauvage, dans tout ça ? Quand vous en connaîtrez le principe, comme Halvard, vous verrez la vie différemment. 

Je n’ai pas encore entièrement terminé ce roman, qui l’air de rien est très dense, mais je suis d’ores et déjà fan absolue de Philippe Jaenada. Un auteur au style inimitable, qui manie l’humour et l’art de la parenthèse comme personne. Quel style, mais quel style. J’ai rarement autant ri en lisant. J’ai d’ailleurs mis au point une sorte de gloussement intérieur pour que les gens me prennent pas pour une pour une totale demeurée mais la technique s’avère souvent peu efficace. Je me retrouve donc souvent à rire aux éclats ce qui est très rare pour un roman. J’aurai voulu vous faire partager des passages entiers, mais ça risque d’être lourdo, donc je vous renvoie là où vous pouvez lire des extraits. Le paragraphe n°3 sur les photos des amoureux et le numéro 4 sur les conseils pour paraître à l’aise dans un ascenseur sont à tomber. 
Bref, j’adore, j’adhère, je conseille!

Voilà, sinon, j’ai aussi lu Fragments et Aphorismes de Nietzsche, qui réunit de courts extraits de ses principales oeuvres. Une sorte d’introduction à la philosophie que j’ai adoré aussi, mais j’ai pas encore le culot de venir faire une critique de Nietzsche. J’ai été blonde autrefois et cela laisse des traces indélébiles, ne l’oubliez pas. 

La prochaine fois, je vous parlerai entre autres de : « Un jour » de David Nichols (que Papa noel avait dans sa hotte) et de « La vie à deux » de Dorothy Parker.

A toi maintenant : tu les as lu ? 
Tu lis quoi en ce moment ?

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