Rien ne s’oppose à la nuit – Delphine de Vigan

riennesopposealanuitAvant de lire « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan, j’avais prévu de vous parler de plein d’autres bouquins qui me sont tombés entre les mains depuis quelques semaines (je suis en pleine crise d’hyperphagie romanesque).

Pourtant, depuis samedi soir que j’ai refermé ce livre, il ne m’a pas quitté et j’ai depuis du mal à l’idée d’en commencer un autre. Comme si je voulais le garder encore un peu, que d’autres lectures s’interfèrent pas avec celle-ci.

Résumé :

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » 
Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Avant de m’y attaquer, j’avais 2 peurs : 
– Que les critiques unanimes entendues ça et là aient placé la barre trop haut et qu’au final, je sois déçue (il faudra que je retravaille ma concordances des temps, un jour)
– Que, vu le thème, le livre soit trop triste, trop dans le pathos, trop difficile à ingurgiter. 

Mais, d’une part pour le plaisir de retrouver Delphine de Vigan que j’adore, et de l’autre pour celui de la découvrir sur un autre registre, je ne pouvais pas passer à côté. 
L’auteur quitte donc pour la première fois la fiction pour se consacrer à un thème personnel (même si Jours Sans Faim comporte aussi une part autobiographique, mais ce n’est pas comparable).

Au final, « Rien ne s’oppose à la nuit » est pour moi LE roman de l’année, en tout cas celui que j’ai préféré jusqu’à présent entre toutes mes lectures 2011. 
Ce livre m’a énormément touché. Je suis persuadée qu’il y a des blessures, si profondément ancrées en soi qu’il n’est possible d’en guérir, en tout cas de tenter d’en guérir, que par l’écriture. Une sorte de psychothérapie par l’écriture, comme s’il n’était pas possible de continuer sans avoir déposer son histoire, l’avoir mise à plat pour essayer de l’analyser, trouver la faille et la comprendre.

Le livre alterne à la fois des chapitres sur l’histoire familiale où elle retrace l’histoire de Lucile, sa mère, et des chapitres sur ses doutes en tant qu’auteur, sur la montagne qui semble être devant elle pour mener à bien ce travail, aussi titanesque que nécéssaire, qui s’est imposé à elle comme une évidence.  

J’admire la force de Delphine de Vigan pour avoir réussi son pari et le courage qu’il a du lui falloir pour mettre toutes ses tripes dans cet ouvrage. 

Le résultat est tout simplement beau. Je ne saurais pas quoi vous dire d’autre, parfois il est inutile d’enchainer les qualificatifs, un seul suffit. 
Il est le seul livre depuis des années, qui, une fois refermé m’a laissé un vide si grand que je n’ai pu m’empecher de verser quelques larmes. J’ose à peine imaginer ce qu’il en a été pour l’auteur.

En conclusion, même si je la préfère sur le registre de la fiction et que ce n’est pas l’oeuvre que je préfère chez elle (l’indétrônable reste encore les Heures Souterraines) vous l’aurez compris, je ne peux que vous le conseiller.

Et toi, elle ressemble à quoi ta rentrée littéraire ?

PS : Juste avant de publier cet article, je suis allée faire un tour sur le blog de « My Little Discoveries » et elle propose aujourd’hui un bon plan, que je voulais vous faire partager alors filez vite par là !

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