Quand souffle le vent du Nord / La 7ème vague de Daniel Glattauer

ventAvant « Quand souffle le vent du Nord« , Daniel Glattauer était, on peut le dire, un illustre inconnu en France. Journaliste et écrivain autrichien, il ne connait le succès chez nous que depuis ce livre, le premier de ses romans traduit en français.

Devant le succès de ce roman, la suite « La 7ème vague » vient de paraître chez Grasset.

Daniel Glattauer nous raconte l’histoire d’Emmi Rothner et Leo Leike, deux personnages qui ne se connaissent pas. Pourtant, un jour, voulant annuler son abonnement à un magazine local, Emmi envoie par erreur un e-mail sur la boite mail de Leo. Il le lui signale et ils entamment alors une relation épistolaire. D’abord un mail par-ci, un mail par là : Emmi est mariée et Leo vient de se séparer. Mais de jour en jour, leur attachement grandi, ils s’ouvrent l’un à l’autre… des sentiments ambigus naissent. Mais peut-on parler d’amour quand on connait pas le visage de l’autre ? Peut on parler d’amour pour une histoire que l’on ne peut pas vivre ?

Bien que la forme soit différente, c’est un roman un peu dans la même veine que « Le mec de la tombe d’à côté » de Katarina Mazetti. Les émotions y sont parfaitement décrites, on sent la montée en puissance de l’attachement, l’addiction qui s’installe, la pudeur qui tombre, les frustrations qui arrivent. C’est un roman frais, très drôle, rythmé, accrocheur, très actuel… idéal pour un moment de détente, on a du mal à poser le livre avant la fin. Je ne peux que vous le recommander !

Quelques extraits pour finir :

Leo 
« Non, Emmi, vous n’êtes pas n’importe qui. Si quelqu’un n’est pas n’importe qui, c’est bien vous. Et surtout pas pour moi. Vous êtes comme une deuxième voix en moi, qui m’accompagne au quotidien. Vous avez fait de mon monologue intérieur un dialogue. Vous enrichissez ma vie spirituelle. Vous remettez en question, vous insistez, vous parodiez, vous vous opposez à moi. Je vous suis reconnaisant pour votre esprit, pour votre charme, pour votre vivacité et même pour votre « mauvais gout«  »

 Emmi : « Vous avez écrit hier « nous ne devons pas commencer à faire intrusion dans la sphère privée de l’autre ».
Je vais vous dire quelque chose : ce que nous faisons ici, ce dont nous parlons ici, concerne la sphère privée, la sphère privée et rien que la sphère privée. Depuis le premier mail jusqu’à aujourd’hui. Nous n’écrivons rien sur notre travail, ne dévoilons pas nos intérets, n’évoquons pas un seul hobby, nous faisons comme si la culture n’existait pas, nous n’abordons pas la politique, et nous ne discutons pas même de la météo.
la seule chose dont nous parlons, et qui nous fait oublier tout le reste : nous faisons intrusion dans la sphère privée, vous dans la mienne, moi dans la vôtre. Il ne s’agit même plus d’une intrusion. il faut que vous commenciez à vous avouer que nous partageons « l’intimité de notre sphère privée » et exceptionnellement cela prend un tout autre sens que mon soi-disant sujet préféré. je dirai même que cela va beaucoup plus loin. »vague
 
Emmi : « je vous avoue qu’il y a longtemps que je n’ai pas échangé avec quelqu’un des émotions aussi violentes. je suis d’ailleurs étonnée que cela soit possible de cette façon. Dans mes mails, je peux être comme jamais la véritable Emmi. Dans la « vraie vie », si on veux réussir, si on veux tenir le coup, il faut sans cesse faire des compromis avec sa propre émotivité : LA, je ne dois pas dramatiser ! CA, je dois l’accepter ! CA, je dois le laisser passer ! Nous adaptons en permanance nos sentiements à notre entourage, nous ménageons ceux que nous aimons, nous nous glissons dans les 100 petits rôles du quotidien, nous nous tenons en équilibre, nous pesons le pour et le contre pour ne pas mettre en danger la structure à laquelle nous appartenons.
Avec vous, cher Leo, je n’ai pas peur de laisser libre cours à ma spontanéité profonde. je ne réfléchis pas à ce que je peux ou ne peux pas vous imposer. j’écris allégrement ce qui me vient à l’esprit. Et cela me fait un bien fou !!! c’est grâce à vous cher Leo, et c’est pourquoi vous m’êtes devenu indispensable : vous m’acceptez comme je suis. »
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