Deux grands moments de solitude

clmL’autre jour, j’ai eu un déjeuner de boulot.

Un exercice que je déteste particulièrement.

Et ce pour plusieurs raisons :

– déjà parce que du coup, tu n’as pas ta pause déjeuner habituelle pour souffler (oui, je sais, je suis une grosse faignasse)
– ensuite parce que je déteste par dessus tout que quelqu’un choisisse pour moi ce que je vais devoir manger : comme on est souvent nombreux, pour aller plus vite, quelqu’un réserve les menus en même temps que le resto, ce qui donne droit à des surprises niveau gustatif : généralement un gros morceau de viande bien sanguinolent dans mon assiette voire pire : du foie … 
– ensuite parce qu’il faut forcement parler boulot pendant 2h: je trouve ça déjà suffisant d’en parler 8h par jour, pas la peine de remettre le couvert (façon de parler)

Comme si tout cela ne suffisait pas, quelque part entre le fromage et le dessert, j’ai eu droit cette fois à une sensation extrêmement désagréable.

J’étais au milieu de la tablée (enfin pas au vrai milieu de la table mais tu me comprends, disons que j’avais des gens en face, à ma droite et à ma gauche).

Mon voisin de droite s’est tourné vers sa voisine de droite.
Mon voisin de gauche s’est tourné vers son voisin de gauche.
Les gens en face de moi parlaient entre eux mais étaient trop loin pour que je puisse participer.

Grand moment de solitude.

J’ai envisagé plusieurs solutions pour essayer de le combler : 
1. Boulotter du pain (mais je n’avais déjà plus faim depuis longtemps à cause de cette pièce de viande honteusement bourrative)
2. Écrire un texto à mon ami imaginaire pour me donner une contenance 
3. Vider mon verre de rouge pour oublier (mais être ivre n’est pas très bien vu lors d’un déjeuner de boulot)
4. Faire semblant d’entendre ce que les gens d’en face disaient en priant pour que ceux-ci ne demandent pas mon avis sur la question dont ils débattaient.
5. Partir pleurer de désespoir aux toilettes.

J’ai opté pour la quatrième solution, bien consciente qu’elle soit un peu risquée mais elle a semblé plutôt bien fonctionner. Je me contentais de sourire bêtement et de hocher la tête quand ils me regardaient.

Horrible.

Le lendemain soir, pour me changer les idées, je teste mon premier cours de danse. Même si ma coordination cerveau / jambes n’est pas encore très au point, au début tout allait bien… chacun faisait ses pas de danse pour lui en essayant non sans mal de suivre les instructions. Tout à coup, la prof dit : 

« bon allez on passe aux danses en couple« … 

Chacun s’est agrippé avec force à son (sa) voisin(e) comme si sa vie en dépendait et comme on était un nombre impair, devinez qui est restée seule ?

J’ai la vague impression de sentir le gaz.

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