Je peux pas, j’ai piscine …

DSC_2799Parfois, pour changer de la salle de sport, je vais à la piscine. 

J’avoue ne pas avoir de supers souvenirs de la piscine… notamment certains particulièrement douloureux émanant de cette délicieuse période de l’adolescence. L’adolescente étant rarement super à l’aise avec son corps, elle a généralement envie de se terrer plutôt que de se montrer en maillot de bain devant des pré-adolescents stupides qui, telles des hyènes, n’attendent que ça pour se foutre d’elle.

Cela dit, maintenant qu’on est adultes, l’expérience de la piscine peut éventuellement être plus agréable, même si personnellement, je ne suis toujours pas super à l’aise en maillot de bain et bonnet immonde devant des inconnus. Bizarrement, je n’ai aucun problème à la plage mais à la piscine, j’ai toujours la vague impression d’être un cachalot échoué… 

E puis, entre nous, la piscine municipale, c’est pas le royaume du glam’. 
A peu près à l’exact opposé de ce havre de paix thaïlandais représenté sur la photo …

Au début, je comptais les longueurs : mon objectif était d’en faire 40. Par mimétisme maternel, je me disais que 40, soit 1km, c’était pas mal. Sauf que, je me suis rendue compte que, contrairement à ma génitrice, j’ai du mal à suivre le compte… Tout va bien jusqu’à 10/15 longueurs puis après, je perds de ma concentration.  
Je pense au boulot, au chéri, au film vu la veille, à ce que je pourrai te raconter dans ce blog, à ce qu’il va falloir faire à manger, au ménage qui ne se fait pas pendant que je barbote, au repassage des chemises … Bref, à tout un tas de considérations matérielles inutiles et quand j’arrive au bord… je me souviens plus si j’en étais à 16 ou 17 longueurs …

Bon. Rien de grave me diras-tu. Certes… sauf que ce genre de chose arrive plusieurs fois de suite. 
Consciencieuse, j’envisage toujours le chiffre à la baisse: « non j’étais à 16, c’est sûr…. » 
Je repars en me disant : »là tu fais la 17ème…« 

Je repars dans mes pensées avec le chiffre 17 en tête et arrivée au bout du bassin, je réalise : « zut, mais j’en étais à 17 et j’ai fait la 18ème ou j’en étais à 16 et c’était la 17ème ? » « Euh, du coup, je commence la 17 ou la 18 ? Peut être la 19 ou 20ème remarque !« 

Hiiiiiinnnnnn…

Pour ne pas avoir mauvaise conscience, je me retrouve toujours à en faire beaucoup plus que 40. 
Tout ça pour dire que, résultat, une heure de piscine … ça crève. 
Physiquement ET intellectuellement. Beaucoup plus qu’une heure de cardio où je regarde des stupidités à la télé. 

Donc, depuis que j’ai réalisé que je n’avais pas la capacité intellectuelle de compter mes longueurs, j’ai décidé d’économiser mon capital de neurones. Je nage non-stop pendant 1h… Pas de problème de compte et je peux divaguer sans risque de perdre le fil.

Je peux ainsi à loisir contempler les nageurs devant moi, leurs superbes maillots sans élastique dévoilant des parties de leur anatomie que j’aurai préféré ne jamais voir, être le témoin de chose plutôt dégoûtantes qui se baladent dans l’eau, me prendre des coups de pied parce que « non, y’en a marre, cette fois, je ne bougerai pas de ma ligne, c’est pas toujours à moi de faire le détour« , me dire que « non non, mes enfants ne seront pas aussi stupides, ils ne sauteront pas juste sous le nez des gens qui nagent« … 

C’est que du bonheur.

Seule récompense de cette affreuse expérience : j’ai toujours le sentiment d’être incroyablement mince après la piscine et peux ainsi à loisir m’offrir un muffin au nutella pour me féliciter de tous ces efforts.

Voire même 2 ou 3…

mais ils étaient vraiment tous petits.

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