Toutou iou tou

9782754010597Je me rends compte que je ne t’ai pas encore parlé de sport… Pourtant j’y passe quand même un sacré nombre d’heures par semaine pour entretenir mon corps de rêve.

Ouais bon ok, c’est pas crédible.

J’y passe, c’est vrai un bon nombre d’heures mais pourtant, mieux vaut être franche avec toi : tous ces efforts ne sont malheureusement pas visibles sur moi.

Je vais dans une petite salle de sport où dans chaque appareil de cardio, y’a la télé. 
Quand je me suis inscrite, j’ai trouvé marrant qu’on puisse développer ses muscles tout en atrophiant son cerveau. 
C’est ainsi que, selon les jours et les heures, je me retrouve à regarder des trucs improbables du style : les amis de oui-oui (France 5), l’épopée de Gengis Khan en dessin animé (Arte junior), , les clips de David Guetta (M6 Music), Fan 2 star (W9), Slam (France2), Un dîner presque parfait(M6)… Les jours de chance, il m’arrive de tomber sur « Echappées Belles »ou « C’est dans l’air« … mais cela reste sporadique face à l’avalanche de débilités.

Tu te dis que je pourrai prendre ce temps pour lire… certes, mais je n’y arrive pas. Trop d’agitation, de bruit, de mouvement, j’ai besoin d’être concentrée sur mes lectures. 
Alors, j’ai trouvé 2 autres solutions pour passer le temps: 1. je regarde les gens et 2. je fais semblant d’écouter de la musique avec mes écouteurs sur les oreilles alors qu’en fait j’ai éteint le son et écoute les conversations à coté de moi. 

Oui, je sais, c’est fourbe. 

Dans cette salle, il y a plusieurs personnages récurrents et assez amusants. On trouve dans le désordre :  

– une femme, la trentaine, enceinte de 5 ou 6 mois qui fait du cardio pendant 1h minimum. Elle me fascine car j’ai l’intime conviction que c’est une masochiste. Je ne comprends pas pourquoi elle continue à venir. Je vous le dis très franchement : le jour où je serai enceinte, je me servirai de cette excuse sans aucun état d’âme pour ne faire aucun effort physique (et aussi geindre le plus souvent possible).
– une femme d’une cinquantaine d’année, maigre comme un clou, qui fait du wave non stop pendant 1H45 !Cette femme a visiblement subi une ablation des glandes sudoripares car elle fait cet exercice chaque jour sans transpirer une goutte. Quand je fais la même chose, je deviens rouge écarlate en environ 12 secondes et sue à grosses gouttes pendant tout l’exercice (pas plus de 15 minutes)
– un homme, 35-40 ans, qui fait du steppe. Lui par contre transpire énormément jusqu’à faire de grosses flaques à terre, ce qui est assez répugnant. Il fait toujours des grimaces pas possible comme s’il souffrait atrocement. Ça a l’air tellement pénible pour lui que j’ai toujours envie de lui demander qui est le bourreau qui le force à faire ça.
– un jeune homme d’une trentaine d’année qui ne fait que de la muscu. Le beau gosse de la salle (il en faut toujours un). Quand il travaille les trapèzes, ça fait ressortir son dos musclé … mais musclé… Hin hin hin (rire pervers) 
– un homme d’une cinquantaine d’années, qui prépare visiblement la Saintélyon, puisqu’il passe son temps à courir sur le tapis de course, inlassablement. Quand j’arrive, il court déjà; quand je pars, il court encore (et contrairement à ce que tu es en train de penser, je reste plus de 10 minutes) 
– les 2 copines ados qui aiment le vélo élliptique et qui se parlent à distance à travers des codes qu’elles seules comprennent. Il m’est d’avis qu’elles se foutent un peu de la gueule de tout le monde mais bon … c’est de bonne guerre.  
– le collègue de travail, qu’il est toujours gênant de croiser avec les cheveux collés au front et une odeur corporelle peu recommandable.
– le vieux Monsieur à moustache en short très très très court qui me saute dessus dès son arrivée et me dit invariablement la même phrase : « Bonsoooooir, oh y’a du monde aujourd’hui! » et qui ensuite tente de me coller le plus possible. J’ai mis en place plusieurs tentatives d’évitement qui à ce jour restent vaines : regard ailleurs, plongeon immédiat dans un livre, simulation d’un appel téléphonique ou rédaction d’un texto imaginaire… Sans succès.

Selon les machines, les chaînes télé ne fonctionnent pas toutes, alors pour suivre une émission, il vaut mieux rester agripper à sa machine comme une vulgaire sangsue. 
Ceux là l’ont visiblement compris et une lutte tacite et féroce a lieu entre tous ces personnages : à savoir obtenir la machine qu’ils veulent au moment où ils la veulent. Et ne pas la lâcher jusqu’à ce que mort s’en suive. 
Parfois, des petits nouveaux, non initiés à ce rituel, osent monter sur leur machine de prédilection avant qu’ils n’aient pu l’approcher et ils ne se gênent pas pour lancer des regards furieux à leur attention. 

Je t’avoue que, moi même, je déteste attendre qu’une machine se libère. Quand je veux faire du vélo elliptique, j’aime bien qu’il y en ait un de libre tout de suite et pas être obligée de me rabattre sur le tapis de course. Mais de là, à me ruer sur la machine libre dès mon arrivée, poser toutes mes affaires dessus, puis aller me changer, boire un thé, passer aux toilettes, papoter 10 minutes avec la responsable, avant de commencer à bouger mes fesses… je trouve ça légèrement too much. 

Et quand tu as terminé ton exercice, tu peux être sure qu’à la seconde ou tu mettras un pied par terre, quelqu’un bondira de nulle part pour prendre instantanément ta place.

Bref, c’est amusant, mais un peu casse-pieds, alors j’ai hâte de lire le témoignage de Papilotte pour qu’elle nous explique, comme elle nous l’a promis, ses tentatives de découragement à la salle de sport…

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