Le jour où j’ai arrêté de fumer sans le savoir …

9782266131513Dimanche, j’ai fêté mes 2 ans sans cigarette. Unbelievable, isn’t it ?

Pour ceux qui ne me connaissait pas Addicted to nicotine, je vous dresse un peu le tableau :

Première cigarette le matin dès le pied posé en dehors de la maison. 
Avant d’arriver au travail, j’en fumais 3 : une en rentrant dans la voiture, une au milieu du trajet, et une autre avant d’arriver. Durée du trajet : 40 minutes. No comment.
Ensuite, pause clope rapide toutes les heures environ. A midi, clopage soutenu pour rattraper le manque terrible subi pendant la matinée. Re pauses l’après-midi et re clopage intensif dès la sortie du boulot. Inutile d’expliquer que la soirée faisait de la maison un aquarium et de moi un cendrier humain. 
En gros, dès que je mangeais quelque chose, j’avais besoin d’une clope. Et vu que je lésinais pas non plus sur la bouffe, je te laisse imaginer le truc.

Au total, il y a eu une période où je tombais un paquet par jour facile. Voire plus dans les moments de détresse intense.

Bonjour l’odeur de l’haleine du matin. (Merci de ne pas confirmer ces informations)

Dans un accès de folie passagère, je me disais de temps en temps : « Et si aujourd’hui, j’essayais de tenir toute une journée sans fumer?« 

On a de ces idées des fois, je te jure. 
Ces journées étaient un véritable calvaire, je profitais de ce prétexte pour être exécrable, voir tout en noir et en vouloir au monde entier. Anarchie vaincra. Puis, le soir, au moment de se coucher, je ne manquais pas de m’auto-congratuler pour tous les sacrifices que j’avais réussi à faire. (En fait, j’étais surtout rassurée, vu que dès le lendemain matin, je pourrai cloper sans remords)

Puis un jour, j’ai décrété un « non-smoking day » et va savoir pourquoi, c’était plus facile que d’habitude. Alors le lendemain matin, au moment d’allumer la cigarette dans la voiture, je me suis dit : « Essayons de le faire 2 jours de suite« . Yeaaah, « Yes we can », ma fille. Winner attitude.

Le surlendemain, j’étais quand même un peu très à cran puis j’avais plus de cigarette. Deux commerces étaient situés à coté, j’avais le choix : bureau de tabac ou pharmacie. Et au lieu d’entrer au bureau de tabac comme le hurlait ma tête, mes pieds ont choisi d’aller dans la pharmacie.

Je suis ressortie avec ma boite de patch. Avec bien sur l’idée que demain c’est bel et bien fini, terminé les conneries, je pourrai m’enfumer à volonté. D’ailleurs, j’ai quand même acheté 2 paquets de clopes, juste au cas où.

J’ai eu une légère faiblesse au bout d’une semaine, arrachant mon patch avec fureur et menaçant littéralement ma collègue de bureau pour qu’elle me donne une clope, que j’ai fumé avec dégoût et la tête qui tourne comme si j’avais 12 ans et que c’était ma première cigarette. Rechute anecdotique.

Les jours passant, les gens commençait à me dire « OoooohOooooh, mais t’as arrêté de fumer ?? » Et moi de réprimer leur insolence et de leur clouer le bec avec un NON franc et massif. Genre « ceci est un test, je reprends quand je veux« 

Et bien, finalement, ce petit test dure depuis 2 ans.

J’ai parfois terriblement envie d’une cigarette, encore et toujours. Je sais où elles sont, les 2 paquets achetés à l’époque n’ont pas bougés. Je me dis que je pourrai en prendre une mais la raison prend le dessus, bien consciente qu’une seule cigarette pourrait réduire à néant ces 2 années et me refaire passer dans le coté obscur de la force.

Je ne vais pas faire l’apologie de tous les bienfaits que l’arrêt de la cigarette procure : tout les fumeurs le savent et j’ai comme philosophie de ne pas être une ex-fumeuse chiante. Le seul truc vraiment marquant c’est que depuis, j’ai développé un radar à cigarette, capable de détecter toute personne qui vient de fumer à moins de 50 mètres. Ou peut être que je crève juste de jalousie parce quil vient de s’en griller une. 

Donc, ce week end, vu que ça faisait 2 ans, j’ai fêté ça. Ouais j’aime bien fêter ça, histoire de marquer le coup. Même si je n’ai pas un centime de plus sur mon compte depuis que j’ai arrêté, à croire que mes euros aussi partent mystérieusement en fumée. 

L’année dernière, ça a été un concert et cette année, un bon resto marocain. J’aurai tué pour qu’ils proposent unnarguilé après le couscous mais ils ne l’ont pas fait. L’honneur est sauve.

PS : en illustration, il s’agit du livre « La Méthode simple pour arrêter de fumer » d’Allen Carr qui est parait-il est un livre révolutionnaire. Impossible de reprendre une cigarette après avoir lu le livre et tout ça sans frustration aucune. Mon scepticisme quand à cet ouvrage est au plus haut : j’ai trouvé que l’auteur avait une légère tendance à radoter, et à expliquer 15 fois que quand on aurait fini la lecture, se prodirait une illumination divine et on aurait enfin compris pourquoi le tabac, c’est tabou, on en viendra tous à bout. Merci Allen mais tous les fumeurs le savent déjà. Finalement, j’ai laissé tombé au milieu du bouquin après 3 tentatives. Qui finalement n’a pas été indispensable, on peut très bien y arriver sans. 

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